L’Afrique Centrale, le paradoxe de la richesse l’exportation des produits pétroliers. Dans cet ordre d’idées, la plupart des documents(rapports relevés, plans, données statistiques et financières, etc.) produits par l’opérateur pétrolier sont frappés du sceau de la confidentialité, en vertu du code, de ses décrets d’application et du contrat pétrolier. Dans le code pétrolier camerounais, il est dit que les informations relatives au secteur ne peuvent être divulguées qu’à condition que les destinataires s’engagent à les traiter comme confidentielles(article 108). Au demeurant, la confidentialité de ces informations persiste pendant un délai de 2 ans après l’expiration de l’autorisation de prospection concernée, et est coextensif avec la durée du contrat pétrolier. I.2.1.2. Spécificités et singularités Après 1997, le Congo entreprend de mettre sur pied une politique de transparence dans la gestion de ses recettes pétrolières dans le cadre d’un programme avec le FMI. Il s’agit notamment de divulguer les montants versés par les opérateurs de la filière à l’Etat. Mais, à l’observation, plusieurs pratiques occultes sont venues jeter le doute sur ces(bonnes) intentions du gouvernement congolais. Ainsi, en décembre 2005, la révélation de l’énigme du Sphinx par l’ONG Global Witness a suffi à discréditer ce programme de transparence des revenus pétroliers, même si l’argumentaire de dissimulation des recettes pour échapper aux« créanciers vautours», avancé par les autorités congolaises pouvait paraître vraisemblable. Global Witness décrit dans son rapport consacré à ce scandale comment les entreprises appartenant à un proche du Président Sassou ont depuis 2002, acquis pour 472 millions de dollars le pétrole à la Société Nationale de Pétrole du Congo(SNPC) à des prix défiant toute concurrence, pour ensuite le revendre à des négociants et réaliser subséquemment d’importantes plus-values. Depuis 1996 au Cameroun, la Société nationale d’hydrocarbures(SNH) a dû se résoudre, sous la pression des IBW, à entamer un processus de publication de ses comptes, après l’expérience du Compte hors budget dont les mouvements n’étaient connus que de quelques personnes. Le scandale de la corruption par la compagnie Elf en novembre 2003 a révélé que des montants importants étaient attribués aux dirigeants camerounais, congolais et gabonais pour garantir d’une part l’exploitation des puits pétrolifères par Elf, et d’autre part leur fidélité à l’égard de la France(cf. Central African Business, 2006). - 64-
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L 'Afrique Centrale, le paradoxe de la richesse : industries extractives, gouvernance et développement social dans les pays de la CEMAC
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