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Les travailleurs informels, majorité de l'ombre : enquête d'opinion dans six pays sur le travail informel en Afrique subsaharaienne
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FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG LES TRAVAILLEURS INFORMELS, MAJORITÉ DE LOMBRE de leur capacité à contribuer à leffort fiscal. Concrètement, 69 pour cent des répondants ne sont pas daccord ou pas du tout daccord avec laffirmation :« Le gouvernement ne devrait fournir des services quaux personnes et aux ménages qui payent les impôts et les taxes ». Dans les différents pays, la valeur se situe systématiquement autour des 75 pour cent, mais le Sénégal fait figure dexception, car la majorité des personnes interrogées(55 pour cent) dans le pays se disent daccord ou tout à fait daccord avec laffirmation. Il est toutefois possible de considérer que les personnes travaillant dans le secteur informel manifestent en général un soutien ferme et constant en faveur de la solidarité et de la redistri­bution aux membres les plus faibles de la population, et que la nécessité daider les personnes dans le besoin, quelle que soit leur capacité contributive, est reconnue. Lenquête nous apporte également des indications sur le niveau de soutien que les personnes occupant un emploi informel témoignent pour les mesures visant à mobiliser cer­taines sources de revenus, et sur la manière dont le fardeau fiscal supplémentaire actuel et potentiel devrait être réparti. Un pourcentage étonnamment élevé des répondants (72 pour cent) est daccord ou tout à fait daccord avec laf­firmation selon laquelle toute personne percevant un revenu devrait payer des impôts, ce qui laisse penser que la charge fiscale devrait être supportée par autant de monde que possible et que lassiette de limpôt devrait inclure toutes les personnes en mesure de contribuer. Quelque 35 pour cent appuient largument selon lequel seuls les citoyens aisés devraient payer des impôts et des taxes. Nous obtenons des résultats intéressants en recoupant ces deux questions (Tableau 6.4). Les données les plus éloquentes sont sans doute celles figurant en bas à gauche et en haut à droite. Les données à droite témoignent de lappui en faveur dun accroissement de la pression fiscale sur les riches qui ne ferait pas nécessairement participer toutes les personnes ayant un revenu. Cela suppose de disposer dun système dimpôt très progressif axé sur une base dimposition étroite constituée par des personnes à revenu élevé. Les données en bas à gauche, en revanche, traduisent une réticence à placer toute la pression fiscale sur les riches et un soutien à lidée de faire contribuer toutes les personnes touchant un revenu à leffort fiscal. Cela pourrait être interprété comme un soutien en faveur dune imposition progressive et modérée et une large base dimposition. La différence entre les pourcentages indiqués dans les cel­lules du tableau est étonnamment importante. Pas moins de 51 pour cent des répondants semblent favorables à une base dimposition large. En revanche, seules 15 pour cent des personnes interrogées se disent en faveur dun système fiscal très progressif centré sur les riches. Les données peuvent être interprétées comme suggérant que les travailleurs informels soutiennent largement lidée de taxer les personnes disposant des moyens économiques pour contribuer et percevant un revenu régulier. Cependant, les données ne font pas particulièrement apparaître une de­mande pour des mesures fiscales très ciblées sur les riches. Il est vrai que 36 pour cent des personnes interrogées sont daccord avec laffirmation selon laquelle seuls les riches devraient payer, mais la majorité indique que tous les gens qui perçoivent un revenu devraient payer. Visiblement, les personnes occupant un emploi informel sont plus favorables que ce qui est généralement supposé ou affirmé à une base dimposition plus large. En tout cas, cela ne remet pas en question le soutien éventuel en faveur dune imposition progressive et dune redistribution, car dautres données donnent à croire que celui-ci est solide. Dans lensemble, il semble que la redistribution soit largement comprise comme visant à répondre aux besoins des pauvres et quil existe des possibilités de faire contribuer des segments importants de la société. Cette réticence à mettre davantage de pression sur les riches est mise en évidence par le fait que, partout sauf au Kenya, le nombre de répondants estimant que les riches payent suffisamment est plutôt élevé(Figure 6.5). Cette idée bénéficie dun appui majoritaire dans trois pays(Côte dIvoire : 59 pour cent ; Éthiopie : 60 pour cent ; et Bénin : 51 pour cent), tandis quen Zambie, ce chiffre est de 47 pour cent(avec un taux élevé de 16 pour cent de répondants indécis). Le Kenya se distingue nettement des autres pays, avec 75 pour cent des personnes interrogées qui estiment que les riches devraient payer plus  7 . De plus, les personnes qui qualifient le système dinjuste semblent attribuer bien davantage cette injustice aux contributions des riches. Ces résultats semblent signifier que beaucoup saccordent à penser que les pauvres doivent être aidés, indépendamment de leur incapacité à contribuer. Les données indiquent éga­lement quil est communément attendu de toute personne en mesure de contribuer quelle participe au moins modéré­ment à leffort fiscal, si possible. De plus, elles ne font pas apparaître de demande spécifique consistant à exercer plus de pression sur les riches. Les personnes sont bien plus dispo­sées à contribuer davantage lorsque cela concerne les soins de santé, ce qui pourrait traduire une nécessité de trouver un mécanisme permettant en droit ou en fait de réserver des impôts pour financer les dépenses de santé. Comme le montre la Figure 6.6, lorsque largent est utilisé pour la santé et au bénéfice des pauvres, la disposition à payer davantage est particulièrement élevée. 6.4 CONCLUSION Les contraintes budgétaires sont appelées à demeurer im­portantes, à tout le moins à court terme, limitant la capacité des pays à revenu faible et intermédiaire pour ce qui est de développer leurs systèmes de protection sociale et de santé. Pour y parvenir, ces pays devront augmenter leurs recettes intérieures. Quen sera-t-il alors des personnes évoluant dans lemploi informel ? Une partie de la réforme doit viser à améliorer linteraction entre les personnes qui occupent un emploi in­7 Globalement, 49 pour cent dentre elles sont daccord avec lidée selon laquelle les riches payent suffisamment alors que 44 pour cent pensent quils devraient payer plus. 60