FES PARIS En finir avec l’indignation et réformer Ce que doit aujourd’hui faire la gauche pour éviter une nouvelle crise financière WOLFGANG SCHROEDER Décembre 2018 Alors que les conséquences dramatiques de la crise financière et économique de 2008 semblaient devoir marquer la fin de l’époque néolibérale, c’est le contraire qui s’est produit : appliquée pour compenser les failles du système financier, l’augmentation des dépenses publiques fut suivie de mesures de restrictions qui, dans certains pays, provoquèrent des crises sociales sévères. Par ailleurs, les réformes visant une régulation préventive des marchés financiers ont été amoindries ou enterrées. La stabilité financière pourrait même s’être dégradée par rapport à 2008 et il est à nouveau question de déréguler. Ainsi, la fenêtre qui semblait s’être ouverte pour réformer le monde de la finance s’est déjà refermée. Or la gauche s’est avérée incapable d’affirmer le rôle régulateur de l’État et a capitulé face à la financiarisation des processus économiques et sociaux. Une social-démocratie purement défensive est impuissante : l’indignation seule ne suffit pas à réformer. Une social-démocratie offensive doit penser et appliquer des réformes structurelles préventives pour changer les rapports entre l’État et les marchés et transformer l’architecture financière des pouvoirs économiques. Afin de contrer les manipulations des partis populistes de droite et de gauche, elle doit par exemple mettre à l’ordre du jour la régulation de la concurrence, contraindre durablement les multinationales à payer des impôts proportionnels à leurs résultats ou encore décider un investissement massif de l’État dans les infrastructures écologiques.
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En finir avec l'indignation et réformer : ce que doit aujourd'hui faire la gauche pour éviter une nouvelle crise financière
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