Mali- Mètre Enquête d’opinion « Que pensent les Maliens?» N° 4 16- 25 septembre 2013 FRIEDRICH EBERT STIFTUNG, BAMAKO Mali- Mètre Enquête d’opinion « Que pensent les Maliens?» N° 4 16- 25 septembre 2013 FRIEDRICH EBERT STIFTUNG, BAMAKO Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Sommaire Avant-Propos 8 Résumé exécutif 9 Résultats nationaux 7 Résultats comparatifs des régions 11 Première partie: Objectifs et Cadre méthodologique 15 1.1 Contexte et Justification 16 1.2. Objectifs du Sondage 17 1-3. Approche méthodologique 18 1.3.1 Populations cibles et techniques de sondage 18 1.3.2. Organisation de l’étude 18 1.3.2.1 Concertation préliminaire avec le commanditaire 18 1.3.2.2 Elaboration du questionnaire et du manuel de l’enquêteur 18 1.3.2.3. Recrutement, Formation des enquêteurs et Pré-test 18 1.3.2.4. Collecte des données sur le terrain 18 1.3.2.5. Traitement et Analyse 18 1.3.2.6. Livrables 19 Deuxième partie: les Résultats 20 2.1 Appréciation des négociations 21 2.1.1. Appréciation de l’Accord préliminaire de Ouagadougou 21 2.1.2. Points de négociations entre le Gouvernement et les mouvements armés 22 2.1.3. Les points non négociables 27 2.2 Elections 31 2.2.1 Déroulement de l’élection présidentielle 31 2.2.1.1. Appréciation de l’organisation de l’élection présidentielle 31 2.2.1.2. Appréciation de l’élection d’IBK 34 2.2.1.3. Appréciation de l’implication des religieux dans le processus électoral 36 2.2.1.4. Appréciation de l’utilisation de la carte NINA 39 2.2.2. Attentes des citoyens du nouveau Président 42 4 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.2.2.1 Appréciation de ce que doivent être les actions prioritaires du Président 42 2.2.2.2 Appréciation du nouveau gouvernement 46 2.2.3. Perspectives pour les élections législatives: Date des élections législatives 47 2.3 Dialogue et Réconciliation 49 2.3.1 Appréciation d’un Ministère chargé de la réconciliation nationale et du Développement des régions Nord 49 2.3.2 Les actions prioritaires du Ministère chargé de la réconciliation nationale et du Développement des régions Nord 51 2.3.3 Les actions prioritaires de la Commission de Dialogue et Réconciliation 58 2.3.4 Rôle des rebelles dans le processus de dialogue et réconciliation nationale 62 2.3.5 Rôle des anciens putschistes dans le processus de dialogue et réconciliation nationale 66 2.3.6 Rôle des religieux dans le processus de dialogue et réconciliation nationale 69 2.3.7. Rôle des médias dans le processus de dialogue et réconciliation nationale 71 2.4. Sécurisation des régions du Nord 73 2.4.1 Dispositif militaire actuel suffisant pour la sécurité du Nord 73 2.4.2 Durée de présence des forces de la MINUSMA et de Serval au Mali 76 2.4.3 Rôle des populations et les collectivités locales dans la prise en charge de la sécurité 79 2.5. Situation économique 81 2.5.1 Appréciation de la situation du pays actuellement 81 2.5.2 Propositions pour la relance des activités économiques 83 ANNEXE: Caractéristiques sociodémographiques de la population enquêtée 86 1. Sexe et classe d’âge 87 2. Répartition par sexe et niveau d'instruction 89 5 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Liste des tableaux Tableau 1: Pensez-vous que l’Accord de Ouagadougou pourrait garantir la paix et la sécurité dans les régions du nord et au Mali en général? 21 Tableau 2: les points de négociations à venir entre le Gouvernement et les mouvements armés 23 Tableau 3: Les points non négociables 27 Tableau 4: Appréciation Globale de l'organisation des élections 32 Tableau 5: Appréciation de l’élection d’IBK 34 Tableau 6: Appréciation de l'implication des religieux 37 Tableau 7: Carte NINA et Fraude Electorale 40 Tableau 8: Préoccupations du nouveau président 42 Tableau 9: Appréciation du nouveau gouvernement 46 Tableau 10: proposition de la date des élections législatives 48 Tableau 11: Appréciation d’un Ministère chargé de la réconciliation nationale et du Développement des régions Nord 50 Tableau 12: Actions prioritaires du ministère chargé de la réconciliation 52 Tableau 13: Actions prioritaires de la Commission de Dialogue et Réconciliation 58 Tableau 14: Rôle des rebelles dans le processus de dialogue et réconciliation nationale 63 Tableau 15: Rôle des anciens putschistes dans le processus de dialogue et réconciliation nationale 67 Tableau 16: Rôle des religieux dans le processus de dialogue et réconciliation nationale 69 Tableau 17: Rôle des medias dans le processus de dialogue et réconciliation nationale 72 Tableau 18: Dispositif militaire actuel suffisant pour la sécurité du Nord 75 Tableau 19: Durée de présence des forces de la MINUSMA et de Serval au Mali 76 Tableau 20: Rôle des populations et les collectivités locales dans la prise en charge de la sécurité 79 Tableau 21: Appréciation faites-vous de la situation du pays actuellement 81 Tableau 22: Propositions pour la relance des activités économiques au nord comme au sud 83 6 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Liste des figures Figure 1: Appréciation globale de l’organisation des élections dans l’ensemble des zones enquêtées 27 Figure 2: Appréciation de l’implication des religieux dans l’ensemble des zones enquêtées 32 Figure 1: Appréciation de l’utilisation de la carte NINA dans l’ensemble des zones enquêtées 35 Figure 4: Opinion de l’ensemble des zones enquêtées sur la suffisance du dispositif militaire pour la sécurité du Nord 69 7 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Avant-Propos L a Friedrich Ebert Stiftung, institution allemande présente au Mali depuis plus de 40 ans, est un think tank pour toutes les questions sociopolitiques majeures du Mali, de la sous-région et du continent voire du monde en vue de permettre aux acteurs sociopolitiques de jouer pleinement leur rôle dans la promotion de la démocratie. Fidèle à ses objectifs de formation politique et civique des citoyens et de la promotion des valeurs de la démocratie sociale, la FES a initié depuis la fin de l’année dernière un nouvel instrument de sondage du paysage politique malien: enquête d’opinion intitulée« Mali-mètre». Comme son nom l’indique, il s’agit de« mesurer» l’opinion des Maliens sur des thématiques sociopolitiques importantes dans une période donnée. Ainsi, contrairement aux précédents sondages, Mali-Mètre IV a concerné l’ensemble des capitales régionales, excepté Kidal pour des raisons de sécurité. Le présent numéro s’inscrit dans la dynamique des précédents dont le premier a été réalisé en novembre 2012. Mali-Mètre est un instrument à la disposition de tous les acteurs, étatiques et non étatiques. Mali-Mètre se comprend comme un réel instrument d’information, d’orientation mais surtout d’appréciation de la vie sociopolitique telle qu’elle est partagée par les populations. Il donne aussi à chacun les résultats de ses actions. A cet effet, Mali-Mètre sera sûrement davantage intégré dans les analyses politiques des experts maliens et étrangers de manière à permettre de contribuer à la sortie durable de la présente crise multidimensionnelle. La Représentante Résidente de la FES Annette LOHMANN 8 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Résumé exécutif Résultats nationaux Les Sondages de Mali-Mètre depuis 2012 ont permis d’informer de la perception des citoyens sur les institutions de la transition, la gestion de la crise politico-sécuritaire, les députés et l’Assemblée nationale, les partis politiques, les médias ainsi que la société civile. Ils traitent de différents sujets, surtout ceux dominant l’actualité. L’actualité récente au Mali a surtout été dominée par l’élection présidentielle marquée par le nombre élevé de candidats et de nouveaux candidats jeunes, le taux de participation élevé au vote et le plébiscite du candidat Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA au second tour. Le présent Sondage réalisé du 16 au 25 septembre 2013 dans l’ensemble des capitales régionales, exceptée Kidal(pour des raisons de sécurité), met l’accent sur l’accord préliminaire de Ouagadougou, les négociations à venir, l’élection Présidentielle, les élections législatives qui sont en vue, l’implication des acteurs religieux dans le processus électoral et de dialogue et réconciliation, l’utilisation de la carte NINA, les actions prioritaires du Président de la République, le dialogue et la réconciliation nationale, la présence des forces de la MINUSMA et de Serval au Mali. Les résultats du Sondage indiquent que les avis des citoyens sont partagés sur l’Accord préliminaire de Ouagadougou: autant 40% des citoyens enquêtés sont favorables car il pourrait conduire au retour de la paix, quasiment la même proportion de la population est défavorable car il ne pourrait pas garantir la paix. Pour la majorité des citoyens(62%), les négociations à venir entre le Gouvernement et les mouvements armés devraient essentiellement porter sur le désarmement des rebelles, et puis les conditions de jugement des responsables de violations des droits de l'homme et autres exactions sur les populations(31%). L’autonomie de la région de Kidal ou bien des régions Nord n’est pas négociable pour plus de 70% des enquêté(e)s dans toutes les régions. Le taux est aussi plus élevé dans les régions du Nord, à savoir Mopti, Gao et Tombouctou. L’organisation de l’élection présidentielle est jugée très positive par la majorité des citoyens (59%). Quant à l’élection d’IBK, ils sont 58% à la trouver« très positive». Pour trois quart de citoyens, les actions prioritaires du Président de la république devraient porter sur la restauration de la paix et de la sécurité d’abord(75%), ensuite la lutte contre la corruption et les injustices(59%), et la création d’emploi en particulier pour les jeunes(54%). L’implication des religieux dans le processus électoral est appréciée par la majorité des enquêté (e)s dans toutes les capitales régionales, excepté à Gao où elle est jugée négative par 59% des citoyens interrogés. Aussi, seulement un tiers des citoyens de Bamako la juge-t-elle positive. Cependant, c’est à Koulikoro où l’implication des religieux est très bien appréciée(77%)Elle est particulièrement appréciée par les« sans niveau d’instruction» et jugée plutôt négative par les citoyens de niveau d’éducation secondaire ou supérieur. 9 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Concernant la carte NINA, son utilisation est jugée positive par 60% des enquêté(e)s qui estiment qu’elle a contribué à lutter efficacement contre la fraude électorale. Pour la moitié des citoyens enquêtés, la période entre octobre et novembre semble la mieux indiquée pour l’organisation des élections législatives. Le Gouvernement bénéficie de la confiance de la majorité(52%) des enquêté(e)s et la création d’un Ministère chargé de la réconciliation nationale et du Développement des régions Nord est bien appréciée par 76% des citoyens. De l’avis des trois quarts de la population enquêtée, les actions prioritaires de ce Ministère devraient porter d’abord sur l’organisation du dialogue et de la réconciliation entre les populations des régions Nord, puis d’une conférence nationale sur les questions du Nord(52%). Quant à la Commission Dialogue et Réconciliation, ces actions doivent prioritairement consister à faire des propositions de mesures adéquates au Gouvernement pour la réconciliation nationale(75%) et des cadres de dialogue entre les populations des régions Nord(55%). Enfin pour le tiers, la commission doit aider à proposer des solutions de compensation pour toutes les victimes. Dans le processus de dialogue et réconciliation nationale, la majorité des enquêté(e)s pensent que les rebelles devraient jouer un rôle de facilitateur au désarmement et pour plus du tiers, ils n’ont aucun rôle à jouer dans ce processus. Par contre, les avis sont plutôt partagés en ce qui concerne les anciens putschistes: presque la même proportion des enquêté(e)s pense qu’ils devraient aider à la réconciliation entre militaires(41%) ou qu’ils n’ont aucun rôle à jouer dans le processus de dialogue et de réconciliation(38%). Par contre, les trois quarts des enquêté (e)s pensent que les religieux doivent contribuer à faciliter le déroulement des activités de la commission dans sa mission de dialogue et réconciliation. Ils pourraient également en être des personne-ressources(50%). Enfin, pour 71% des enquêté(e)s, les médias doivent informer et sensibiliser les citoyens sur les missions et les activités de la commission. Dans l’ensemble, moins du tiers(31%) des citoyens enquêtés pensent que la MINUSMA et Serval peuvent rester au Mali tant que les forces armées et de sécurité ne seront pas en mesure de défendre l’intégrité territoriale nationale. Concernant la situation économique actuelle du pays, les avis sont mitigés: 25,6% des citoyens enquêtés sont d’appréciation très positive à positive; 26,3% pensent que la situation est un peu positive contre 46,1% pour lesquels la situation économique est très négative à négative. Ils proposent, pour la relance des activités, la reprise de la coopération économique avec les Partenaires techniques et financiers, la mobilisation de l’aide internationale promise pour la reconstruction et le financement des projets de développement au Nord. 10 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Résultats comparatifs des régions Les citoyens du District de Bamako et des régions du Mali, excepté la région de Kidal, ont été interrogés et sollicités pour leur appréciation sur les thèmes relatifs aux négociations entre le Gouvernement et les mouvements armés, aux élections(déroulement des élections, attentes des citoyens du nouveau président et appréciation du nouveau gouvernement), à la période des élections législatives, au dialogue et à la réconciliation, à la sécurisation des régions du nord et à la situation économique du pays. Sur l’accord préliminaire de Ouagadougou, les avis diffèrent selon les zones d’enquête. Plus de la moitié(52,3%) des habitants de Gao ne sont pas favorables à l’Accord, à l’opposé de ceux de la région de Ségou(avec plus de 54%) qui pensent que l’Accord pourrait aboutir à une paix. Dans les autres régions et le District de Bamako, les citoyens sont soit défavorables à l’Accord ou bien sont sans opinion. Ces derniers sont plus nombreux à Sikasso et Mopti que dans les autres régions et le District de Bamako. Le désarmement des rebelles doit être le principal point des négociations à venir. Il est suggéré par les habitants des régions de Gao(83,7%), de Koulikoro(79,7%) et de Mopti(72,2%). Plus du tiers des habitants de la région de Sikasso et du District de Bamako n’approuvent pas les négociations. Le jugement des responsables de violation des droits de l’homme et autres exactions sur les populations est fortement requis dans les régions de Ségou(51,2%), Tombouctou(44,8%) et Gao(36%). Quant aux points non négociables, les citoyens des régions de Kayes, Mopti, Tombouctou et Gao sont plus nombreux à considérer l’autonomie de la région de Kidal ou l’autonomie des régions du Nord comme non négociable: plus de 90% des citoyens de ces régions. Les populations de Bamako sont moins nombreuses à considérer cette option d’autonomie d’une partie du Mali comme point non négociable. L’amnistie des prisonniers politiques est un point non négociable pour les populations de Sikasso(67,5%) et Mopti(52,8%) pendant qu’elle pourrait figurer dans les points à négocier pour les citoyens enquêtés de Gao (31,5%), suivis de ceux de Kayes(26,9%) et de Tombouctou(26,4%). A l’exception du District de Bamako, les attentes des citoyens du Président de la République sont par ordre de priorité la restauration de la paix et de la sécurité(75%), la lutte contre la corruption et les injustices(59%), l’emploi pour les jeunes(54%). Dans le District de Bamako, les citoyens privilégient d’abord la lutte contre la corruption et les injustices(56%), puis la restauration de la paix et de la sécurité(55,2%, enfin l’emploi pour les jeunes(43,2%). L’opinion des enquêté(e)s concernant l’implication des religieux dans le processus électoral est fortement positive dans toutes les régions, exceptée Gao où elle est négative pour 59% des citoyens enquêtés. A noter aussi qu’à Bamako 44, 4% des enquêtés la juge négative à très négative. Cependant, c’est à Koulikoro où cette implication des religieux est la mieux appréciée(77%). L’appréciation positive de la carte NINA est moins prononcée dans le District de Bamako: 43,7% des citoyens pensent que l’utilisation de la carte NINA a été efficace contre 60% pour la moyenne nationale. Les citoyens de la région de Koulikoro sont les plus nombreux(84%) à apprécier efficacement la carte NINA. Plus de 70% des citoyens des régions de Kayes, Sikasso et Ségou lui sont aussi favorables. Seulement 52% des citoyens de Mopti et 60% de ceux de Tombouctou pensent que l’utilisation de la carte NINA a été efficace. La région de Gao se dé11 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» marque de la tendance générale: moins de 30% des enquêtés ont apprécié l’efficacité de l’utilisation de la carte NINA pour l’organisation des élections. La quasi-totalité des enquêté(e)s dans toutes les régions et le District de Bamako ont apprécié presque à l’unanimité l’organisation des élections et le choix d’IBK à la magistrature suprême du pays, cela, indépendamment du sexe. Les proportions les plus élevées ont été celle de Koulikoro, Kayes et Segou. Les citoyens des régions de Mopti et du Nord sont moins nombreux à positiver son élection. Les appréciations que les citoyens font du nouveau gouvernement varient selon les zones d’enquête. Plus de 77% des citoyens de la région de Gao ont confiance, suivis par les citoyens de Koulikoro(65,8%) et ceux de Mopti(52,3%). Les citoyens de Kayes(40,3%), de Bamako (46,7%) et de Ségou(47,4%) sont les moins favorables au Gouvernement. La proportion des sans opinion est parfois élevée comme à Kayes(44%) et à Sikasso(40%). La période d’octobre/novembre semble être la période la mieux indiquée pour les législatives comme l’attestent les avis des citoyens des régions de Tombouctou(59,3%) et de Koulikoro (57,1%). Dans les autres régions et le District de Bamako, moins de la moitié des citoyens enquêtés s’est prononcé pour ladite période. La création d’un Ministère chargé de la réconciliation nationale et du Développement des régions Nord est bien appréciée par 76% des citoyens. La création de cette institution est particulièrement positivée dans les régions de Mopti(91,5%), Koulikoro(88,3%), Tombouctou (83,7%) et Ségou(75,45%), contre 68,3% à Gao, 68% à Sikasso et 63,4% à Bamako. La réconciliation entre les populations du Nord demeure la première action prioritaire de ce Ministère, selon les citoyens, indépendamment de la zone d’enquête. Mais elle est plus prônée par les citoyens des régions de Koulikoro(86,7%), Kayes(86,1%), et de Mopti(83,5%). L’initiation et la coordination de la mise en œuvre des projets de développement pour les régions du Nord du Mali apparaissent de loin comme des actions prioritaires dans les régions de Tombouctou et de Gao. Dans les régions de Mopti, Koulikoro, Sikasso et Tombouctou, les citoyens enquêtés sont à plus de 60% à estimer l’organisation d’une conférence nationale sur les questions du Nord comme une priorité. Seulement 23% des citoyens de Bamako partagent cet avis. Dans les régions et le District de Bamako, les citoyens interrogés suggèrent que les actions prioritaires soient axées sur des propositions au Gouvernement des mesures pour la réconciliation nationale et la création de cadres de dialogue entre les populations des régions Nord. Les citoyens des régions du nord et la région de Sikasso privilégient également l’identification des victimes de toutes les exactions de la part des rebelles, des Jihadistes, des forces armées et de sécurité ainsi que la compensation de toutes ces victimes. La grande majorité des citoyens de Gao(72%) et de Sikasso(61%) prônent la compensation de toutes les victimes contre 39% à Tombouctou et 32,5% à Mopti. Mais seulement 5% des populations de Koulikoro approuvent une compensation des victimes. Plus de 60% des citoyens de Sikasso et de Gao estiment que la commission Dialogue et Réconciliation doit procéder à l’identification des victimes de toutes les exactions. Les citoyens de Mopti à 41% et ceux de Tombouctou à environ 34% pensent également qu’il faudrait identifier les victimes des exactions. Les propositions de création de cadres de réconciliation entre militaires sont citées comme actions prioritaires de la commission Dialogue et Réconciliation par 12 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» les enquêté(e)s des régions de Sikasso(64,5%), Gao(48,3%) et Tombouctou(42,9%). Les propositions de révision des accords passés sont signalées par 45,5% des citoyens de la région de Sikasso comme actions prioritaires. Le rôle des rebelles dans le processus de dialogue et de réconciliation est différemment défini selon les régions. Pour plus des deux tiers(66,4%) des citoyens de la région de Tombouctou et plus de la moitié(53,3%) de ceux de la région de Sikasso, les rebelles n’ont aucun rôle à jouer. Près de la moitié(48,8%) des habitants de Bamako déclarent aussi que les rebelles n’ont pas de rôle à jouer dans le processus de dialogue et de réconciliation nationale. Les citoyens de Gao(76,3%), de Ségou(64,8%), de Mopti(65,1%) et de Kayes(58,1%) estiment que les rebelles doivent faciliter leur propre désarmement. Pour plus de la moitié des citoyens de Tombouctou(53,6%) et de Gao(51,2%), les anciens putschistes n’ont pas de rôle à jouer dans le processus de dialogue et de réconciliation nationale. Les citoyens du District de Bamako(45,6%), de Sikasso(38,9%) et de Mopti(36,8%) sont également de cet avis. Les putschistes pourraient néanmoins faciliter les activités de la Commission dans sa mission Dialogue et de réconciliation entre militaires selon plus de la moitié (52,5%) des citoyens de la région de Sikasso, 47% de ceux de Kayes, 49% pour Koulikoro et 34% pour Ségou. En ce qui concerne le rôle que devraient jouer les religieux varie peu d’une région à une autre. Il consiste principalement en la facilitation des activités de la commission: Gao(89,1%), Tombouctou(85,3%) et Mopti et Sikasso(81,1%). Les religieux pourraient aussi servir de personne-ressource pour la Commission, tel est l’avis des citoyens des régions de Gao(77,1%), Sikasso(74,7%), Mopti(57,1%), Ségou(51,2%), Koulikoro(51,2%) et Tombouctou(42,1%). Quant aux médias, les citoyens des régions et du District de Bamako leur assignent comme priorités les activités d’informations et de sensibilisation sur les activités de la commission (93,9% à Sikasso) et des enjeux du dialogue et de la réconciliation nationale(91,5% à Mopti). La grande majorité des citoyens(79%), indépendamment du sexe, affirment que le dispositif actuel en matière de défense marqué par la présence des armées maliennes, de la MINUSMA et de la force Serval est suffisant pour sécuriser les régions Nord. Les citoyens de la région de Mopti sont les plus nombreux à exprimer leur confiance dans le dispositif actuel et ceux du District de Bamako sont les moins nombreux(67,2%). L’appréciation de la durée de la présence des forces étrangères dans le pays varie selon les régions. Seulement 31% des citoyens enquêtés pensent que la MINUSMA et Serval peuvent rester au Mali tant que les forces armées et de sécurité ne seront pas en mesure de défendre l’intégrité territoriale nationale, et cela même dans les régions du Nord: 41% pour Gao contre 32% à Tombouctou et Mopti. Par ailleurs, les citoyens enquêtés ne sont que 27% à approuver la présence de la MINUSMA et de Serval en relation avec la menace des jihadistes. Pour ce qui concerne le rôle que devraient jouer les populations et les collectivités locales dans la prise en charge de la sécurité, tous les citoyens des régions et du District de Bamako assignent aux populations les deux rôles suivants: informer les forces armées et de sécurité de toute présence de personne ou de toute activité suspecte, s’organiser pour leur propre défense en attendant l’intervention des forces de sécurité. Les citoyens sont plus nombreux à Sikasso et à Gao à se prononcer en faveur du second rôle avec respectivement 56,3% et 42,9%. 13 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Les citoyens ont une appréciation différente d’une région à une autre sur la situation économique du pays. Les habitants de Kayes pensent dans leur majorité(57,3%) qu’elle est bonne contre une majorité à Bamako, Koulikoro, Sikasso, Ségou et Gao qui la trouvent négative. L’opinion des citoyens de Mopti et de Tombouctou est plutôt mitigée. Pour la relance des activités, les propositions faites par les citoyens varient selon les zones d’enquête. La reprise de la coopération économique avec les PTF demeure la proposition la plus fréquemment énoncée dans toutes les zones du sondage, à l’exception des régions de de Gao (92,5%) et Tombouctou(84,3%) où l’accent est mis sur le financement des projets de développement au Nord. Aussi, l’annulation des dettes du Mali est-elle très exprimée par les populations de Sikasso(61,7%), Gao(53,2%) et Tombouctou(52%). 14 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Première partie: Objectifs et Cadre méthodologique 15 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 1.1 Contexte et Justification La Friedrich Ebert Stiftung a introduit, depuis la fin 2012, un nouvel instrument d’analyse du contexte sociopolitique, mais surtout d’orientation de ses actions et de celles de ses partenaires à travers Mali-Mètre dont la présente est la quatrième édition. Cet instrument traite différents sujets, surtout ceux dominant l’actualité. Les différents sondages jusque-là menés ont permis d’informer de la perception des citoyens sur les institutions de la transition, les priorités des Maliens en termes de reconstruction du pays après la crise. Il a également été question du rôle des députés et de l’Assemblée nationale, des partis politiques et des médias ainsi que de la société civile dans la gestion de la crise politicosécuritaire. Tous ces sondages ont été réalisés avant l’élection présidentielle qui s’est soldée par l’éclatante victoire d’Ibrahim Boubacar KEITA(77,62%) sur son opposant Soumaïla CISSE(22,38%). L’une des caractéristiques du scrutin de 2013 est la participation de plusieurs jeunes et nouveaux candidats, l’introduction de la carte biométrique NINA, l’implication de leaders religieux dans le processus électoral tout comme les alliances politiques dont certaines d’entre elles ont même été qualifiées d’« alimentaires» ou de« contre-nature». A cet égard, il apparaît important et opportun d’interroger les Maliennes et les Maliens sur le processus électoral, les attentes des citoyennes et citoyens des nouvelles autorités, le rôle de la communauté internationale à travers la MINUSMA, la coopération technique et financière, la reconstruction de l’unité nationale et évidemment le sort réservé à l’Accord préliminaire à l’élection présidentielle et aux pourparlers de paix au Mali signé par les autorités de la transition et les groupes armés du MNLA et du HCUA. En plus, le rôle de la France et la durée de la présence de la communauté internationale devront aussi être au centre des interrogations. Egalement, les élections législatives sont-elles un nouveau challenge auquel il va falloir s’attaquer car le mandat de l’actuelle Assemblée nationale a pris fin depuis plus d’un an maintenant. La période de la tenue des élections fait débat dans la cité. La finalité du présent Mali-Mètre s’inscrit dans la poursuite des objectifs du précédent numéro qu’il complète avec un accent particulier sur l’Accord préliminaire à l’élection présidentielle et aux pourparlers de paix au Mali, les élections présidentielles et législatives, le rôle des religieux dans le processus électoral, la sécurisation des régions du nord après le retrait des troupes françaises et de la MINUSMA, la durée de la présence de ces dernières au Mali et les premières priorités des nouvelles autorités, etc. Dans ce sens, les interrogations ont prioritairement porté sur les domaines suivants: les négociations, les élections, le dialogue et réconciliation, la sécurisation des régions du nord et la relance des activités économiques. 16 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 1.2. Objectifs du Sondage Ce quatrième Sondage vise à évaluer l’opinion des Citoyens résidant dans le District de Bamako et toutes les régions du Mali, excepté Kidal où le sondage avait été initialement programmé, mais où les récents mouvements de troupes dans la zone ont exigé plus de prudence afin de ne pas mettre en danger la vie des enquêteurs. L’enquête a particulièrement porté sur les négociations, les élections, le dialogue et la réconciliation, la sécurisation des régions du Nord et la situation économique du pays. Les thèmes clés de ce Sondage, à travers des questions spécifiques, portent sur: Les Négociations • L’appréciation des citoyens, de l’Accord préliminaire en termes de garantie de paix et de la sécurité dans les régions du nord et au Mali en général; • Les aspects qui devraient faire l’objet ou non de négociation. Les Elections • Appréciation de l’organisation de l’élection présidentielle sur toute l’étendue du territoire, y compris dans la région de Kidal; • Attentes des populations du nouveau président relativement au Nord, au développement économique du pays; • Appréciation du rôle des religieux dans le processus électoral; • Appréciation de la Carte NINA et de la lutte contre la fraude électorale; • Perspectives pour les élections législatives(période des législatives) Le Dialogue et réconciliation • Appréciation de la création d’un Ministère chargé de la réconciliation nationale et du développement des régions du nord et les actions prioritaires que ce ministère doit mener; • Définition des actions prioritaires de la Commission Dialogue et Réconciliation; • Appréciation du rôle des différents acteurs(rebelles, anciens putschistes, religieux et médias) dans le processus de dialogue et de réconciliation. La Sécurisation des régions du nord • Opinion des citoyens sur les capacités de sécurisation des régions du Nord par les forces de défense et de sécurité du Mali, de la MINUSMA et de l’Opération Serval; • Appréciation de la durée de présence de la MINUSMA et de l’Opération Serval au Mali; • Appréciation du rôle des populations et collectivités locales dans la prise en charge de la sécurité. La situation économique • Appréciation de la situation économique du pays; • Propositions pour la relance des activités de développement du pays. 17 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 1-3. Approche méthodologique 1.3.1 Populations cibles et techniques de sondage L’enquête a ciblé tous les citoyens âgés d’au moins 18 ans au moment de l’Enquête faisant partie de l’échantillon, dans le District de Bamako et les capitales régionales, excepté Kidal. La taille de l’échantillon est fixée à 3000 individus répartis entre les huit(8) localités, soit 375 individus par localité. Pour La méthode des quotas, une méthode de choix raisonné, a été utilisée pour plus de représentativité de la population. Les caractéristiques retenues sont le sexe, l’âge et le niveau d’instruction. 1.3.2. Organisation de l’étude 1.3.2.1 Concertation préliminaire avec le commanditaire Pour une meilleure compréhension de la mission, des échanges entre le staff de la Friedrich Ebert Stiftung(FES) et le consultant ont permis de mieux préciser les objectifs de l’enquête et de faire des amendements sur l’approche méthodologique. Les observations formulées ont été prises en compte dans la version finale de la méthodologie. 1.3.2.2 Elaboration du questionnaire et du manuel de l’enquêteur a) Elaboration du Questionnaire Un questionnaire qui prend en compte les préoccupations du commanditaire soulevées dans les termes de référence a été élaboré. Il comprend quatre parties:(1) Identification de l’enquêté, (2) ses caractéristiques sociodémographiques,(3) appréciation des élections,(4) appréciation de la sécurisation des régions du nord,(5) appréciation de la situation économique, définition et relance des actions prioritaires pour le développement du pays. b) Elaboration du Manuel de l’enquêteur Ce manuel destiné aux enquêteurs, constitue un document de formation continue. 1.3.2.3. Recrutement, Formation des enquêteurs et Pré-test Vingt quatre(24) enquêteurs et superviseurs ont été recrutés, formés par le consultant. Ainsi dans chaque zone d’enquête, l’équipe est constituée de trois(3) agents: deux enquêteurs et un superviseur. 1.3.2.4. Collecte des données sur le terrain La collecte des données sur le terrain a duré dix(10 jours), entre le 16 et le 25 septembre 2013. Des directives sont données dans le manuel pour le choix des unités statistiques(citoyens à interroger). 1.3.2.5. Traitement et Analyse La saisie des données a été effectuée sur le logiciel CSPRO. Les données ont été ensuite transportées sur SPSS pour analyse. 18 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» La tabulation des données a été faite sur la base d’un plan d’analyse établi. 1.3.2.6. Livrables Un rapport provisoire, puis un rapport final ont été produits par le Consultant. 19 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Deuxième partie: les Résultats 20 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.1 Appréciation des négociations 2.1.1. Appréciation de l’Accord préliminaire de Ouagadougou Avant les élections présidentielles de septembre 2012, le Gouvernement du Mali et les groupes armés ont signé un accord dit préliminaire qui a permis la tenue des élections sur l’ensemble du territoire national, y compris la région de Kidal. A la question de savoir si cet accord pourrait garantir la paix et la sécurité dans les régions du nord et au Mali en général, les avis sont mitigés: il y a presque autant de personnes qui sont favorables à cet accord(36,8%) que de personnes qui estiment au contraire que l’accord de Ouagadougou ne pourrait pas garantir la paix (39,5%). Près du quart(23,6%) des personnes sont sans opinion. Les hommes sont plus nombreux à affirmer que l’accord de Ouagadougou n’est pas suffisant pour assurer de façon durable la sécurité dans le pays: environ 46% des hommes y croient contre 34% des femmes. Les avis diffèrent selon les zones d’enquête. Plus de la moitié(52,3%) des habitants de Gao ne sont pas favorables à l’accord, à l’opposé de ceux de la région de Ségou(avec plus de 54%) qui pensent que l’accord pourrait aboutir à une paix. Dans les autres régions et le District de Bamako, plus de la moitié des enquêtés sont soit défavorables à l’accord ou sont sans opinion. Tableau 1: Pensez-vous que l’Accord de Ouagadougou pourrait garantir la paix et la sécurité dans les régions du nord et au Mali en général? Tableau 1: Pensez-vous que l’Accord de Ouagadougou pourrait garantir la paix et la sécurité dans les régions du nord et au Mali en général? 21 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.1.2. Points de négociations entre le Gouvernement et les mouvements armés Pour la majorité des personnes interrogées(61,5%), le point de négociation le plus important est le désarmement des rebelles. Le jugement des responsables de violations des droits de l'homme et autres exactions sur les populations est cité par plus de 30%. Une personne sur dix ne souhaite pas le recours à des négociations. Le désarmement des rebelles est fréquemment cité par les habitants des régions de Gao (83,7%), de Koulikoro(79,7%) et de Mopti(72,8%) et de Tombouctou(69,3%). Plus du tiers des habitants de la région de Sikasso et du District de Bamako ne souhaitent pas qu’il y ait des négociations. 22 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Tableau 2: les points de négociations à venir entre le Gouvernement et les mouvements armés 23 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 24 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 25 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 26 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.1.3. Les points non négociables Les données du tableau 3 confirment les appréciations faites sur les points sur lesquels les négociations à venir doivent porter, à savoir le désarmement des mouvements rebelles et le jugement des responsables de violation des droits de l’homme. Plus de 70% des citoyens, indépendamment du sexe, considèrent que l’autonomie de la région de Kidal et l’autonomie des régions Nord ne sont pas négociables. Un autre point non négociable est l’octroi d’un statut particulier pour la région de Kidal: 43% des citoyens ne sont pas favorables à cette option. Les citoyens des régions de Kayes, Mopti, Tombouctou et Gao sont plus nombreux à considérer l’autonomie de la région de Kidal ou l’autonomie des régions du Nord comme des points non négociables: plus de 90% des citoyens des régions de Kayes, de Mopti et de Tombouctou. Les citoyens de Bamako sont moins nombreux à prendre cette option d’autonomie d’une partie du Mali comme points non négociables. Tableau 3: Les points non négociables 27 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 28 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 29 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 30 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.2 Elections 2.2.1 Déroulement de l’élection présidentielle 2.2.1.1. Appréciation de l’organisation de l’élection présidentielle La quasi-totalité de la population enquêtée, indépendamment du sexe, a une appréciation très positive ou positive(89,4%) de l’organisation des élections présidentielles dans le pays contre moins de 2% pour les appréciations négative ou très négative. Cette tendance est observée dans toutes les régions et varie très peu selon le sexe. Figure 2: Appréciation globale de l’organisation des élections dans l’ensemble des zones enquêtées 31 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Tableau 4: Appréciation Globale de l'organisation des élections 32 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 33 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.2.1.2. Appréciation de l’élection d’IBK Les résultats issus du sondage confirment la volonté du peuple dans l’élection d’IBK comme Président de la République du Mali: plus de 89%(89,4%) des citoyens apprécient de façon très positive ou positive l’élection d’IBK contre seulement 3% pour l’appréciation très négative ou négative. Les hommes et les femmes ont eu la même appréciation de l’élection du président de la République. La quasi-totalité des citoyens de chacune des régions ont été favorables à l’élection d’IBK comme président de la République. Tableau 5: Appréciation de l’élection d’IBK 34 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 35 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.2.1.3. Appréciation de l’implication des religieux dans le processus électoral Au niveau national, plus de la moitié(53,8%) de la population interrogée pense que l’implication des religieux dans le processus électoral est positive ou très positive contre 34,7% de ceux qui trouvent cette implication très négative ou négative. L’opinion des enquêté(e)s concernant l’implication des religieux dans le processus électoral varie selon les zones enquêtées. Plus de 59%(59,2%) des citoyens de Gao déclarent que l’implication des religieux est soit négative ou très négative contre 26,4% d’entre eux qui trouvent cette implication très positive ou positive. Les hommes sont plus nombreux à juger cette implication très négative(tableau 5). Par contre, plus de 77% des citoyens de la région de Koulikoro trouvent que l’implication des religieux est soit très positive ou positive. Si moins de la moitié des citoyens de Bamako sont favorables à l’implication des religieux dans le processus électoral, tel n’est pas le cas dans les autres régions où plus de la moitié des citoyens trouvent très positive ou positive l’implication des religieux dans le processus électoral. La même tendance a été observée à Mopti(la seule région concernée par Mali mètre 3) dans le sondage précédent. Parmi les citoyens de Bamako qui trouvent négative l’implication des religieux dans le processus électoral, la moitié a au moins un niveau secondaire(64,4%) contre 15% pour le niveau fondamental et seulement 16% n’ont aucun niveau d’instruction. A l’inverse, à Mopti plus de 80% des citoyens qui ont une appréciation très positive de l’implication des religieux dans le processus électoral sont sans niveau ou de niveau fondamental. 36 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Figure 3: Appréciation de l’implication des religieux dans l’ensemble des zones enquêtées Tableau 6: Appréciation de l'implication des religieux 37 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 38 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.2.1.4. Appréciation de l’utilisation de la carte NINA Le Mali, pour la première fois de son histoire, a utilisé la biométrie pour l’élection présidentielle. Elle devrait contribuer à minimiser les fraudes électorales, sources de contestation et d’instabilité politique. Les citoyens des capitales régionales(sauf Kidal) et du District de Bamako ont apprécié de façon globale l’utilisation de la carte NINA à cet effet: 60% des citoyens trouvent que son utilisation a été très positive contre environ 4% qui estiment que son utilisation n’a pas été du tout porteuse d’espoir dans la lutte contre la fraude électorale. Cette appréciation positive est moins prononcée dans le District de Bamako: 43,7% des citoyens pensent que l’utilisation de la carte NINA a été efficace contre 60% pour la moyenne nationale. Les citoyens de la région de Koulikoro sont les plus nombreux(84%) à apprécier efficacement cette pratique biométrique. Plus de 70% des citoyens des régions de Kayes, Sikasso et Ségou sont aussi favorables à la carte NINA. Seulement 52% des citoyens de Mopti et 60% de ceux de Tombouctou pensent que l’utilisation de la carte NINA a été efficace. La région de Gao se démarque de la tendance générale: moins de 30%(28,5%) des citoyens ont apprécié efficacement l’utilisation de la carte NINA. Sur l’ensemble du Mali, les hommes et les femmes ont eu la même appréciation de l’utilisation de cette carte. Dans les régions de Kayes et le District de Bamako, les hommes semblent être plus favorables que les femmes quant à l’utilisation de la carte NINA: 49% des hommes de Bamako et 77% de ceux de Kayes ont apprécié efficacement son utilisation contre respectivement 37% et 64% des femmes. Quant aux autres régions, il n’y a pas de différence statistiquement significative de l’appréciation de l’utilisation de la carte NINA. 39 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Figure 4: Appréciation de l’utilisation de la carte NINA dans l’ensemble des zones enquêtées Tableau 7: Carte NINA et Fraude Electorale 40 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 41 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.2.2. Attentes des citoyens du nouveau Président 2.2.2.1 Appréciation de ce que doivent être les actions prioritaires du Président Les citoyens pensent que l’action prioritaire que le Président doit entreprendre est la restauration de la paix et de la sécurité(74,9%). La lutte contre la corruption et les injustices(58,8%), la recherche de l’emploi pour les jeunes(54,3%) sont également des priorités des populations à l’attention du Président de la République. L’école et la cherté de la vie sont aussi des préoccupations pour les citoyens. Tous les citoyens des régions placent la restauration de la paix et de la sécurité en première position parmi les axes prioritaires sur lesquels le Président doit agir. A noter que les citoyens du District de Bamako ont cité en première position la lutte contre la corruption et les injustices entre maliens(56,0%), suivie de la restauration de la paix et de la sécurité(55,2%). Tableau 8: Préoccupations du nouveau président 42 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 43 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 44 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 45 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.2.2.2 Appréciation du nouveau gouvernement Les citoyens ont confiance au nouveau gouvernement: 21% ont très confiance et 30,9% juste confiance contre seulement 5,4% qui ne lui font pas confiance. Plus du quart(25,5%) est sans opinion. Les appréciations que les citoyens font du nouveau gouvernement varient selon les zones d’enquête. La proportion des enquêtés qui lui font très confiance à juste confiance est élevée à Gao (77,3%), Koulikoro(65,8%) et Mopti(52,3%). Elle est plus faible dans les autres régions: Bamako(46,7%), Kayes(40,3%), Sikasso(35,2%) et Ségou(47,4%). La proportion de ceux qui ne lui font pas confiance est significative surtout à Bamako(10,1%). La part des sans opinion est élevée surtout à Kayes(44%), Sikasso(40,3%) et Mopti(29,1%). Tableau 9: Appréciation du nouveau gouvernement 46 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.2.3. Perspectives pour les élections législatives: Date des élections législatives La période d’octobre/novembre, indépendamment de la région et du sexe, semble être la période la mieux indiquée pour les législatives: la moitié des citoyens l’ont cité, contre environ 20% pour décembre et 15% pour le 1er trimestre 2014. Une proportion non négligeable (13,9%) déclare ne pas savoir. Les citoyens des régions de Tombouctou(59,3%) et de Koulikoro (57,1%) sont les plus nombreux à se prononcer en faveur de cette période. Une forte proportion des citoyens n’ont pas pu indiquer de date dans le District de Bamako, Kayes, Sikasso et Ségou. 47 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Tableau 10: proposition de la date des élections législatives 48 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.3 Dialogue et Réconciliation 2.3.1 Appréciation d’un Ministère chargé de la réconciliation nationale et du Développement des régions Nord La création d’un Ministère chargé de la réconciliation nationale et du Développement des régions Nord est très bien appréciée. 76% des maliens trouvent très positive ou positive la création de ce ministère. Les citoyens trouvent très positive(39,6%) ou positive(36,6%) la création de ce ministère. Moins de 6%(5,7%) et 4,6% des maliens apprécient respectivement de façon négative et très négative la création du Ministère en charge de la réconciliation nationale. Les hommes sont plus nombreux à positiver la création de ce ministère: 23% des hommes contre 19% des femmes apprécient très positivement sa création. La création de cette institution est particulièrement positivée dans les régions de Mopti: plus de 80%(81,6%) des citoyens trouvent très positive et 9,6% de positive sa création contre moins de 1%(0,5%) de très négative et 2,9% de négative. Ensuite viennent les régions de Koulikoro(49,6% de positive et 38,7% de très positive), Tombouctou(45,3% et 38,4% pour respectivement de positive et de très positive) et Ségou(16,5% de positive et 58,9% de très positive). 49 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Tableau 11: Appréciation d’un Ministère chargé de la réconciliation nationale et du Développement des régions Nord 50 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.3.2 Les actions prioritaires du Ministère chargé de la réconciliation nationale et du Développement des régions Nord Pour une très grande majorité des enquêté(e)s(74,7%), l’action prioritaire du Ministre est d’organiser le dialogue et la réconciliation entre les populations des régions Nord. Cette action est suivie de l’organisation d’une conférence nationale sur les questions du Nord(52,2%) de l’ensemble des citoyens. 51 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» L’indemnisation des victimes d’exactions de la rébellion et des Jihadistes(28,2%) et la réconciliation entre les militaires(28,0%) constituent d’autres priorités signalées par les citoyens. La réconciliation entre les populations du Nord demeure la première action à mener, selon les citoyens, indépendamment de la zone d’enquête. Cependant, elle est plus prônée par les citoyens des régions de Kayes(86,1%), de Koulikoro(86,7%) et de Mopti(83,5%). Aussi, la réconciliation entre les militaires est fortement recommandée par les citoyens enquêtés de Sikasso (57,9%). Tableau 12: Actions prioritaires du ministère chargé de la réconciliation 52 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 53 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 54 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 55 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 56 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 57 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.3.3 Les actions prioritaires de la Commission de Dialogue et Réconciliation Les actions prioritaires de la Commission de Dialogue et Réconciliation consistent essentiellement à faire des propositions au Gouvernement des mesures adéquates pour la réconciliation nationale(74,6%) et à proposer des cadres de dialogue entre les populations des régions Nord (54,8%). Plus de 30%(32,1%) des citoyens pensent que cette commission doit aussi aider à identifier les victimes de toutes les exactions, qu’elles soient de la part des rebelles, des Jihadistes et des forces armées de sécurité. La commission doit également proposer un cadre de réconciliation entre militaires. Dans les régions également, les citoyens interrogés suggèrent que les actions prioritaires soient axées sur des propositions au Gouvernement des mesures pour la réconciliation nationale et des cadres de dialogue entre les populations des régions Nord. Les citoyens des régions du nord et la région de Sikasso privilégient également l’identification des victimes de toutes les exactions de la part des rebelles, des Jihadistes et des forces armées et de sécurité et les propositions de compensation pour toutes les victimes. Plus de 70% (71,5%) des citoyens de Gao prônent la compensation pour toutes les victimes contre 60,5% à Sikasso, 39% à Tombouctou et 32,5% à Mopti. Plus de 60% des citoyens de Sikasso(66,7%) et de Gao(60,5%) estiment que la commission Dialogue et Réconciliation doit procéder à l’identification des victimes de toutes les exactions commises par les rebelles, les Jihadistes et les forces armées et de sécurité. Les citoyens de Mopti à 41% et ceux de Tombouctou à environ 34% pensent également à cette identification des victimes des exactions. Les propositions de cadres de réconciliation entre militaires sont citées comme actions prioritaires de la commission Dialogue et Réconciliation par les enquêté(e)s des régions de Sikasso(64,5%), Gao(48,3%) et Tombouctou(42,9%). Les propositions de révision des accords passés sont signalées par 45,5% des citoyens de la région de Sikasso comme actions prioritaires. Tableau 13: Actions prioritaires de la Commission de Dialogue et Réconciliation 58 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 59 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 60 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 61 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.3.4 Rôle des rebelles dans le processus de dialogue et réconciliation nationale Plus de la moitié(51,7%) des citoyens pensent que les rebelles doivent faciliter le désarmement et 37, 5% disent qu’ils n’ont aucun rôle à y jouer. Pour plus du quart(25,2%), les rebelles pourraient aider au désarmement des groupes et individus marginaux. Le rôle des rebelles est différemment défini selon les régions. Pour plus des deux tiers(66,4%) des citoyens de la région de Tombouctou et plus de la moitié(53,3%) de ceux de la région de Sikasso, les rebelles n’ont aucun rôle à jouer dans le processus de dialogue et de réconciliation. Près de la moitié(48,8%) des habitants de Bamako déclarent aussi que les rebelles n’ont pas de rôle à jouer dans ledit processus. Les citoyens de Gao(76,3%), de Ségou(64,8%), de Mopti (65,1%) et de Kayes(58,1%) estiment que les rebelles doivent faciliter leur désarmement. 62 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Tableau 14: Rôle des rebelles dans le processus de dialogue et réconciliation nationale 63 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 64 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 65 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.3.5 Rôle des anciens putschistes dans le processus de dialogue et réconciliation nationale Les anciens putschistes pourraient faciliter les activités de la Commission dans sa mission de Dialogue et réconciliation entre militaires de l’avis de plus de 40%(40,8%) des citoyens interrogés. Pour plus de 37%, les anciens putschistes n’ont aucun rôle à jouer dans le processus de dialogue et réconciliation nationale. Cependant, ils pourraient servir de personnes ressource pour la Commission(21,2%) ou pour le Ministre chargé de la réconciliation(22,4%). Pour plus de la moitié des citoyens de Tombouctou(53,6%) et de Gao(51,2%), les anciens putschistes n’ont pas de rôle à jouer dans le processus de dialogue et de réconciliation nationale. Les citoyens du District de Bamako(45,6%), de Sikasso(38,9%) et de Mopti(36,8%) sont également de cet avis. Les putschistes pourraient néanmoins faciliter les activités de la Commission dans sa mission de Dialogue et de réconciliation entre militaires selon plus de la moitié(52,5%) des citoyens de la région de Sikasso, 47% de ceux de Kayes, 49% pour Koulikoro et 34% pour Ségou. 66 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Tableau 15: Rôle des anciens putschistes dans le processus de dialogue et réconciliation nationale 67 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 68 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.3.6 Rôle des religieux dans le processus de dialogue et réconciliation nationale Contrairement aux rebelles et aux anciens putschistes, les citoyens enquêtés estiment que les religieux ont un grand rôle à jouer dans le processus de dialogue et réconciliation nationale. Pour plus des trois quart(75,7%) des citoyens, les religieux pourraient faciliter le déroulement des activités de la commission dans sa mission Dialogue et réconciliation. Pour la moitié(49,5%) des citoyens, ils pourraient également constituer des personne-ressources pour la Commission. Le rôle que devraient jouer les religieux varie peu d’une région à une autre. La facilitation des activités de la commission est plus prononcée dans les régions de Gao(89,1%), Tombouctou (85,3%), Sikasso(81,1%) et Mopti(81,1%). Les religieux peuvent également servir de personne-ressource pour la Commission, de l’avis des citoyens des régions de Gao(77,1%), Sikasso (74,7%), Mopti(57,1%), Ségou(51,2%), Koulikoro(51,2%) et Tombouctou(42,1%). Tableau 16: Rôle des religieux dans le processus de dialogue et réconciliation nationale 69 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 70 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.3.7 Rôle des médias dans le processus de dialogue et réconciliation nationale Plus de 70% des citoyens interrogés pensent que les médias doivent informer et sensibiliser les citoyens sur les missions et les activités de la commission, sensibiliser les citoyens sur les enjeux du dialogue et de la réconciliation nationale(70 ,0%) ou servir de personne-ressource pour la commission(21,6%). Les citoyens des régions et du District de Bamako ont mis également en priorité comme rôle assigné aux médias, les activités d’information et de sensibilisation sur les activités de la commission et des enjeux du dialogue et de la réconciliation nationale. 71 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Tableau 17: Rôle des medias dans le processus de dialogue et réconciliation nationale 72 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.4. Sécurisation des régions du Nord 2.4.1 Dispositif militaire actuel suffisant pour la sécurité du Nord La grande majorité des citoyens(79%), indépendamment du sexe, affirment que le dispositif actuel composé, en matière de défense, des armées maliennes, de la MINUSMA et de la force Serval est suffisant pour sécuriser les régions Nord. Les citoyens de la région de Mopti sont les plus nombreux à exprimer leur satisfaction du dispositif actuel. 90% des citoyens dont 93% de femmes et 86% des hommes estiment que le dispositif est approprié et suffisant pour sécuriser les régions Nord. 73 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Plus de 80% des citoyens des régions de Kayes, Koulikoro, Ségou et Gao confirment cette tendance. Les citoyens du District de Bamako sont les moins nombreux(67,2%) à penser que le dispositif militaire actuellement en place est suffisant pour assurer une sécurité des régions Nord. Figure 5: Opinion de l’ensemble des zones enquêtées sur la suffisance du dispositif militaire pour la sécurité du Nord 74 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Tableau 18: Dispositif militaire actuel suffisant pour la sécurité du Nord 75 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.4.2 Durée de présence des forces de la MINUSMA et de Serval au Mali Dans l’ensemble, moins du tiers(31%) des citoyens enquêtés pensent que la MINUSMA et Serval peuvent rester au Mali tant que les forces armées et de sécurité ne seront pas en mesure de défendre l’intégrité territoriale nationale. Cette proportion est plus élevée dans les régions du Nord: 41% pour Gao contre 32% à Tombouctou et Mopti. Par ailleurs, les citoyens enquêtés ne sont que 27% à approuver la présence de la MINUSMA et de Serval en relation avec la menace jihadiste. L’appréciation de la durée de la présence des forces étrangères dans le pays varie selon les régions. Les citoyens de Tombouctou estiment que les forces étrangères doivent rester au Mali tant que la menace des Jihadistes persiste(36,5%) ou que les forces armées et de sécurité ne seront pas en mesure de défendre l’intégrité du territoire nationale(31,7%). Ils sont 49,3% à Sikasso contre 41,1% à Gao, 38,9% à Kayes, 32,3% à Mopti et 31,7% à Tombouctou à partager ce dernier avis. Koulikoro est la région où le maintien des troupes en lien avec la menace terroriste est le plus élevé, soit 45,6%. Elle est suivie de Tombouctou avec 36,5% contre 26% à Mopti et Ségou avec 25,3%. Le District de Bamako se démarque des autres zones d’enquête. Le quart(25,1%) des citoyens souhaite que la présence des forces étrangères soit au plus d’une année, contre 18% pour la durée comprise entre 2 et 3 ans. Tableau 19: Durée de présence des forces de la MINUSMA et de Serval au Mali 76 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 77 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 78 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.4.3 Rôle des populations et les collectivités locales dans la prise en charge de la sécurité Les populations et les collectivités locales, de l’avis de 89% des citoyens interrogés(hommes ou femmes), doivent informer les forces armées et de sécurité de toute présence de personnes ou de toute activité suspecte. Près du tiers(32,8%) d’entre eux pensent que ces populations doivent s’organiser pour leur propre défense en attendant l’intervention des forces de sécurité. Les habitants des régions et du District de Bamako assignent aux populations les deux rôles précédemment cités. Tableau 20: Rôle des populations et les collectivités locales dans la prise en charge de la sécurité 79 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 80 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.5. Situation économique 2.5.1 Appréciation de la situation du pays actuellement Concernant la situation économique actuelle du pays, les avis sont mitigés: 25,6% des citoyens enquêtés sont d’appréciation très positive à positive; 26,3% pensent que la situation est un peu positive contre 46,1% pour lesquels la situation économique est très négative à négative. Ce sont les habitants de Kayes en particulier dans leur majorité(57%) qui estiment la situation économique bonne. Par contre la majorité des citoyens de Koulikoro(56,5%), Ségou(84%), Sikasso(58,4%), Gao(59%) et du District de Bamako(50,4%) ont une appréciation négative de la situation économique du pays. Tableau 21: Appréciation faites-vous de la situation du pays actuellement 81 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 82 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2.5.2 Propositions pour la relance des activités économiques Pour la relance des activités économiques, les citoyens proposent de reprendre la coopération économique avec les PTF(71%) et de mobiliser l’aide promise pour la reconstruction(50%). Près de la moitié(48,7%) d’entre eux demandent de financer les projets de développement au Nord. D’autres propositions, non de moindre importance, portent sur le financement des activités de réconciliation nationale, l’annulation des dettes du pays et la reconstruction des infrastructures détruites ou dégradées. Les propositions faites par les citoyens varient selon les zones d’enquête. La reprise de la coopération économique avec les PTF demeure la proposition la plus fréquemment énoncée dans toutes les zones du sondage, à l’exception des régions de Tombouctou et Gao le financement des projets de développement du Nord est cité comme priorité absolue. Tableau 22: Propositions pour la relance des activités économiques au nord comme au sud 83 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 84 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 85 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» ANNEXE: Caractéristiques sociodémographiques de la population enquêtée 86 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Les caractéristiques de l’échantillon enquêté portent sur les indicateurs ci-après: • Le sexe; • L’âge; • Le niveau d’instruction; Les données de l’échantillon selon les indicateurs ci-dessus mentionnés sont indiquées dans les tableaux qui suivent. 1. Sexe et classe d’âge La population totale enquêtée(18 ans et plus) est composée d’environ 49,7% de femmes contre 50,3% d’hommes. La répartition par classe d’âge pour l’ensemble de la population des zones enquêtées est indiquée au graphique suivant. Elle montre une prédominance des jeunes avec plus de 54% des enquêté(e)s qui ont entre 18-34 ans, suivis des 35-49 ans(25,2%), de 50-64 ans(13,8%) et 65 ans et plus(6,9%). 87 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 88 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 2. Répartition par sexe et niveau d'instruction La répartition de la population totale enquêtée pour l’ensemble des zones selon le niveau d’instruction est indiquée au graphique ci-dessous. 89 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» Elle se présente comme suit: environ 30% ne sont pas instruits, 33% ont juste fréquenté l’école coranique ou sont alphabétisés, 21% ont le niveau secondaire et 16% ont le niveau supérieur. La proportion des sans niveau d’instruction est plus élevée dans les régions de Kayes et Gao avec environ 40%. Le tiers des enquêté(e)s de Bamako est de niveau supérieur. 90 Enquête d’opinion« Que pensent les Maliens?» 91 ISSN 1987-0884 Imprim Color