PERSPECTIVE DÉM OCR AT I E E T DRO I T S DE L’H O M M E L’ALLEMAGNE DIVISÉE ? Polarisation et état de la démocratie allemande Par Laura-Kristine Krause Septembre 2020 La société allemande fait l’objet de divisions réelles mais moins fortes que dans d’autres pays occidentaux. Ces divisions se traduisent par un phéno­mène de tripartition de la société. Un« tiers invisible » de la population se dégage de l’analyse des positions et expériences subjectives des citoyens. Or, les attentes des « invisibles » ne sont actuellement pas prises en compte par le système démocratique. La double crise de confiance des citoyens, à la fois inter­ individuelle et envers les institutions, appelle une réflexion critique sur le fonctionnement démocratique et les valeurs de respect et de compromis politique. FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG – L’Allemagne divisée ? DÉM OCR AT I E E T DRO I T S DE L’H O M M E L’ALLEMAGNE DIVISÉE ? Polarisation et état de la démocratie allemande L’Allemagne divisée ? Le bureau allemand de l’organisation« More in Common » a récemment publié une étude portant un nouveau regard sur les lignes de fracture existant au sein de la démocratie allemande. 1 En développant des critères d’analyse novateurs issus de la psychologie sociale, cette analyse va au-delà des marqueurs classiques d’analyse socio-é­conomique d’une population. L’autrice de cette note, Laura-Kristine Krause, y fait référence pour observer les divisions à l’œuvre dans la société allemande et les attentes qui en découlent vis-à-vis des acteurs politiques. Les auteurs de l’étude sont parvenus à développer ces six groupes types représentant des parts plus ou moins égales de la société allemande en se basant sur les diverses positions subjectives des individus sur différentes questions de société : Les ouverts sont généralement épanouis et engagés dans la société. C’est leur grande ouverture aux changements des mœurs qui les caractérise. Enclins aux débats et aux compromis, ils font toutefois preuve d’un fort esprit critique. Plutôt jeune et pro-européen, ce groupe se retrouve dans le vote à gauche, principalement pour les Verts. Les engagés se caractérisent par leur grand sens du civisme et leur important engagement dans la société. Les auteurs de l’étude les considèrent avec le groupe des établis comme les« stabilisateurs de la société ». Comme les ouverts, ils sont favorables aux changements sociétaux, enclins aux débats et aux compromis et votent généralement plutôt à gauche, ils sont néanmoins plus âgés. Les pragmatiques se caractérisent par leur réussite individuelle. Méfiants envers la chose publique, ils sont peu ouverts aux débats et aux compromis : ils se distinguent des précédents groupes par leur faible engagement au sein de la société. Les pragmatiques sont peu intéressés et engagés politiquement : ils ont tendance à s’abstenir et à moins voter à gauche que la moyenne. Ils constituent avec les déçus le« tiers invisible ». Les déçus considèrent la justice, le sens de la communauté et l’estime de soi comme des valeurs importantes qui leur semblent aujourd’hui perdues. C’est l’autre moitié du « tiers invisible ». Les déçus se distinguent cependant des pragmatiques par leur plus faible ouverture aux changements sociétaux. Peu enclins aux débats, ils sont désintéressés par la politique et ne s’engagent donc que très peu : les déçus constituent politiquement le groupe le plus indécis et abstentionniste. Les mécontents sont attachés aux valeurs de l’ordre, des traditions et de la nation. Très méfiants envers la société, ils sont particulièrement critiques envers les évolutions des mœurs. Leur faible ouverture aux compromis et leur sentiment d’être victimes d’une forme de censure dans les débats actuels ainsi qu’un important sentiment d’abandon leur confèrent une très mauvaise image de la politique. Se sentant significativement plus allemands que la moyenne, ils se retrouvent dans le vote pour la droite populiste. Les établis sont l’autre groupe constituant les« stabilisateurs de la société ». Plutôt engagés au sein de la société et satisfaits de leur situation ainsi que celle de la démocratie allemande, ils se distinguent des engagés par leur moindre ouverture aux changements sociétaux. Ce groupe est plus âgé que la moyenne et se sent relativement plus attaché à la nationalité allemande que les deux groupes précédents. Ils se retrouvent principalement dans le vote des partis traditionnels de centre-droit et centre-gauche. 1»Die andere deutsche Teilung: Zustand und Zukunftsfähigkeit unserer Gesellschaft«, Executive Summary, Laura-Kristine Krause, ­Jérémie Gagné, 2019 1 FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG – L’Allemagne divisée ? Polarisation, divisions, populisme : depuis un certain temps, l’état actuel de la société allemande bouscule à la fois les acteurs politiques et de nombreux citoyens allemands. Les résultats électoraux des forces populistes, l’implantation fulgurante d’un nouveau parti(l’AfD) dans le paysage politique allemand et sa présence au sein de tous les relais parlementaires significatifs, les agressions verbales et physiques menées contre des représentants politiques à tous les échelons de la représentation nationale, sans oublier la montée de délits à caractère raciste et la violence du débat public ambiant, aussi bien sur les réseaux sociaux que« hors ligne », sont autant de facteurs qui soulèvent la question du degré de polarisation de la société allemande. Sommes-nous engagés sur la même voie que les Etats-Unis, la Pologne ou la Grande-Bretagne ? Une ligne de clivage se dessine-t-elle en Allemagne également, opposant deux camps irréconciliables,« eux contre nous » ? « Non, nous n’y sommes pas encore », pourrait-on répondre avec soulagement à cette question. En effet, cette dynamique de division n’a pas encore atteint en Allemagne le même degré que dans d’autres pays occidentaux. La société allemande n’est pas aussi profondément polarisée dans tous les domaines de la vie quotidienne que la société américaine où chaque question de fond(ou presque) se trouve sur une ligne de crête entre deux fossés idéologiques, et où les cercles de sociabilité, les relations familiales ou professionnelles n’échappent plus aux querelles d’ordre politique. De la même manière, la République fédérale d’Allemagne n’est pas politiquement et socialement aussi figée que la Grande-Bretagne, pas plus que la population allemande n’est confrontée à un système des partis politiques quasi intégralement renouvelé comme le sont les citoyens français depuis que le paysage politique traditionnel a pour ainsi dire disparu en l’espace de quelques années. En outre, les citoyens allemands sont convaincus, en dépit d’opinions divergentes, de l’importance de maintenir à l’avenir une forte cohésion sociale. Ceci témoigne d’une approche réaliste de la cohésion sociale – il ne s’agit pas d’une situation dans laquelle tout un chacun aime son prochain, mais de la disposition d’une population à supporter les différences d’opinion au sein d’une société pluraliste. Pourtant, la société allemande ne bénéficie pas non plus d’une situation sur laquelle elle pourrait se reposer. De nombreux« ingrédients » du mélange à l’œuvre observé dans d’autres pays sont en effet également réunis en Allemagne, donnant lieu non pas à une dynamique qui fracturerait l’Allemagne en deux camps irréconciliables, mais plutôt à une tripartition de la société allemande. A cet égard, notre étude More in Common a identifié au total six groupes types sociétaux(les« ouverts », les« engagés », les« établis », les« pragmatiques », les« déçus » et les « mécontents »), qui chacun portent un regard différent sur la société. Aucun de ces groupes n’est majoritaire à l’échelle de la société de telle sorte que la cohésion sociale ne peut en fin de compte exister qu’à la condition que des individus aux vues divergentes parviennent à vivre ensemble. Cette approche nouvelle de la société allemande ne se focalise pas tant sur les divergences d’opinion en tant que telles, que sur le fait que les individus en Allemagne font des expériences très différentes de la société et s’y trouvent socialement et politiquement plus ou moins bien intégrés. Deux des six groupes types occupent respectivement des « rôles » similaires au sein de notre société : les stabilisateurs de la société que sont les« engagés » et les« établis » sont ainsi bien intégrés dans la société, sont essentiellement plus satisfaits de la démocratie que d’autres groupes et appartiennent à ces citoyens qui font encore majoritairement confiance aux représentants politiques. Les extrémités de cette représentation en six groupes types que sont les« ouverts » et les« mécontents» bénéficient quant à eux d’une grande attention publique et ont des conceptions bien arrêtées quoique très différentes de la société idéale. Les« mécontents » rejettent catégoriquement le système politique dans sa forme actuelle et ne font pas confiance aux élites politiques. En revanche, le« tiers invisible » de la société que forment les« déçus » et les« pragmatiques » fait exception. Ce« tiers invisible » occupe le troisième rôle au sein de la société et peut-être le plus inattendu de tous parmi les différents rôles identifiés. Les« invisibles » sont moins bien intégrés à la société que les autres groupes, sont plus fréquemment confrontés à la solitude et se sentent oubliés par la représentation politique. Ils font moins confiance aux acteurs politiques et aux institutions de l’Etat que les autres groupes sociétaux identifiés et fournissent sans surprise aux abstentionnistes un contingent de l’ordre de 50 %. En raison d’un faible intérêt porté à la chose politique, ces« invisibles » sont également peu enclins à s’engager au niveau de la société civile. Ce tableau d’ensemble permet d’observer que les vues et les perspectives des« déçus » et des« pragmatiques » bénéficient pour l’heure d’une médiatisation insuffisante dans le débat public et dans le discours politique et sont, de fait, occultées dans notre débat sur la société allemande. Cette invisibilisation est problématique alors que les« pragmatiques » composent le groupe doté de loin du plus fort taux d’individus issus de l’immigration et que les« déçus » concentrent le plus d’individus avec le statut social le plus faible. Un système politique démocratique qui fonctionne se doit cependant d’être en capacité d’atteindre et d’entendre le plus grand nombre possible d’individus dans toute leur diversité. Ce n’est aujourd’hui pas le cas en Allemagne. Si, pour contrer le phénomène de polarisation de la société en Allemagne, une meilleure intégration politique et sociale du« tiers invisible » est un bon début, il y a par ailleurs une condition sine qua non au renforcement de la cohésion d’une société: la confiance. Les expériences de la vie privée sont riches d’enseignements : une confiance perdue requiert un temps et des efforts considérables pour être regagnée. C’est pourtant précisément cet effort qui est aujourd’hui nécessaire pour restaurer la confiance à l’échelle de la so2 L’Allemagne divisée ? ciété allemande puisque nous avons bien affaire au moins à une double crise de confiance : une crise de confiance des citoyens envers la démocratie et ses institutions doublée d’une crise de confiance entre les citoyens eux-mêmes. A peine la moitié des individus en Allemagne se dit actuellement satisfaite du fonctionnement de la démocratie tandis que très peu de concitoyens font confiance aux institutions politiques. Cette défiance révèle effectivement une critique profonde adressée à l’activité politique dans son ensemble. Ces dernières années, nombreux ont été ceux à se plaindre d’une classe et d’un système politique désintéressés par l’opinion des électeurs et par les enjeux d’avenir du pays. Ce dysfonctionnement ressenti fait peser en retour une menace sur la légitimation du système politique tout entier. Dans le même temps, les liens de confiance qui sont au fondement de la cohésion sociale se distendent entre les individus eux-mêmes : seuls 39% des personnes interrogées ont indiqué qu’il était possible de faire confiance à une majorité d’individus tandis qu’un tiers de la population ne se sent pas assez respecté et estimé à sa juste valeur. Au cours des entretiens menés lors de l’étude, de nombreuses personnes interrogées ont fait état d’un égoïsme généralisé qui pèse de plus en plus lourdement sur la confiance qu’un individu accorde à ses concitoyens. A cela s’ajoute la grogne exprimée par de larges franges de la population allemande contre le débat public ambiant toujours plus violent. C’est en particulier le cas du discours politique dont trois quarts des individus estiment qu’il véhicule toujours plus de haine. Une proportion similaire(73 %) des personnes interrogées craint dans ce contexte de ne plus pouvoir s’exprimer librement au risque d’être immédiatement agressé personnellement. Par ailleurs, plus de 80 % des individus font principalement confiance à leur entourage immédiat pour s’informer et se méfient des médias et des représentants politiques. La défiance porte atteinte à la cohésion sociale en République fédérale d’Allemagne aussi bien au niveau politique qu’à l’échelle des relations interindividuelles. La confiance – dans les normes, les règles et entre concitoyens – est un facteur de cohésion central pour une société, susceptible de compenser des insatisfactions à court et moyen terme. Renforcer la confiance, c’est également renforcer la capacité de résistance de la démocratie. Aussi, cet objectif mériterait, compte tenu de la crise de confiance observée à tous les niveaux du vivre ensemble, d’être bien davantage au centre du débat. Chacun d’entre nous a heureusement dans sa vie des possibilités de promouvoir les relations de confiance avec ses concitoyens et ainsi contribuer, en faisant preuve de probité et de droiture, à cette confiance qui fait le liant et le lien de la société. Cela est d’autant plus vrai pour les acteurs politiques, puisque ces derniers peuvent fonder un pacte de confiance, ou peuvent du moins participer à la confiance dans la société, – mais également la perdre au gré de manœuvres tactiques – à chaque instant de leur action politique, notamment à travers des processus décisionnels intègres et une réflexion critique et sincère sur le fonctionnement démocratique. A toutes fins utiles pour renforcer la confiance, il peut également être judicieux de se rappeler de temps à autre ce qui fonctionne très bien dans cette démocratie de la République fédérale d’Allemagne en dépit de l’impatience légitimement éprouvée par certains concitoyens face à la lenteur de certains progrès dans la société. La valorisation du compromis politique, le respect entre acteurs politiques issus de partis différents par-delà les divergences d’opinion, l’existence d’un paysage médiatique qui ne soit pas strictement inféodé à des lignes de clivage politique, sont autant d’atouts dont dispose cette démocratie, atouts qu’il s’agit de préserver tout en ayant conscience du fait qu’ils n’ont rien d’une évidence. Il suffit une nouvelle fois de regarder la situation dans les pays étrangers pour s’en convaincre. Diagramme Tripartition de la société Les stabilisateurs de la société Élevé Les engagés 17% Les établis 17% Les pôles de la société Les ouverts 16% Le tiers invisible Les mécontents 19% Engagement au sein de la société Les Pragmatiques 16% Les déçus 14% Faible Ouvert Ouverture aux changements de société Fermé Source:»Die andere deutsche Teilung: Zustand und Zukunftsfähigkeit unserer Gesellschaft«, Executive Summary, Laura-Kristine Krause, Jérémie Gagné, 2019 L’article a été publié le 11 août 2020 dans le IPG-Journal sous le titre Wir gegen In Ländern wie den USA und Polen ist die Gesellschaft in zwei unversöhnliche Lager gespalten. Steht das Deutschland ebenfalls bevor? 3 FRIEDRICH-EBERT-STIFTUNG – L’Allemagne divisée ? IMPRESSION AUTEURE IMPRESSION Laura-Kristine Krause est co-initiatrice de« SPD Plus Plus », un programme de réforme interne visant à renforcer la diversité et la participation au sein du SPD. Elle est également co-présidente du Centre allemand pour le progrès digital D64 et membre des T ransatlantic Digital Debates 2017. Elle est diplômée de sciences politiques et a étudié aux Universités de Passau, de Berlin et de Seattle. Ses publications portent sur la politique numérique, la réforme du système des partis et la place des femmes en politique. Friedrich-Ebert-Stiftung Paris 41 bis, bd. de la Tour-Maubourg| 75007 Paris| France www.fesparis.org Contact: fes@fesparis.org L’utilisation commerciale des publications de la Friedrich-Ebert-Stiftung n’est autorisée qu’avec l’accord préalable de la FES. Autres publications de la FES Paris à télécharger sur le site http://fesparis.org/publications.html: Suchy, Oliver Le télétravail va-t-il devenir la norme?  Les leçons de la crise du Coronavirus en Allemagne Olivier Faure Un nouveau souffle démocratique pour l’Europe Norbert Walter-Borjans Pour un acte de vraie solidarité européenne Quelle stratégie allemande pour sortir de la crise économique? Balzer, Anne L’Allemagne et la dissuasion nucléaire L’effet boomerang des armes nucléaires Schmid, Nils L’alliance pour le multilatéralisme Quelle stratégie face au nouveau désordre mondial? Köpping, Petra Comment enfin faire de l’unité allemande une réalité ? Krumm, Reinhard; Dienes, Alexandra; Weiß, Simon Cavalier seul ou allié? Les alliances dans une ère d’incertitudes diplomatiques Rolf Mützenich L’Allemagne et le partage nucléaire Bofinger, Peter Les« États frugaux» et le projet européen Comment protéger l’Europe des effets de la crise du coronavirus Gatz, Christopher Le plafonnement des loyers Une mesure efficace pour répondre à la crise du logement Fink, Philipp; Hennicke, Martin; Tiemann, Heinrich Une Allemagne inégalitaire Rapport sur les disparités socio-économiques 2019 Barley, Katarina Défendre la démocratie en Europe Comment garantir les valeurs européennes en temps de crise sanitaire Hakverdi, Metin Eurobonds: ne pas se tromper de bataille Zimmermann, Jens Le réseau 5G en Europe à l’heure du Coronavirus La Fondation Friedrich-Ebert(FES) est une fondation politique dont l’action est guidée par les valeurs fondamentales de la social-démocratie: la liberté, la justice et la solidarité. Organisation à but non lucratif, la FES travaille de manière autonome et indépendante. La FES a un réseau de plus de 100 bureaux dans le monde et de 15 bureaux régionaux en Allemagne. Le bureau parisien de la FES a été fondé en 1985. Il a pour objectif de renforcer le dialogue franco-allemand entre les acteurs de la société civile et les décideurs politiques. L’opinion exprimée dans cette analyse n’engage pas nécessairement la position de la FES. L’ALLEMAGNE DIVISÉE ? Polarisation et état de la démocratie allemande La société allemande fait l’objet de divisions réelles mais moins fortes que dans d’autres pays occidentaux : les citoyens sont davantage enclins à supporter les divergences d’opinion dans une société pluraliste et à préserver le vivre ensemble. Les divisions à l’œuvre en Allemagne n’engendrent pas de fracture entre deux camps irréconciliables mais un phénomène de tripartition de la ­société. Un« tiers invisible » de la population se dégage de l’analyse des positions et expériences subjectives des citoyens. Les « invisibles » sont moins bien intégrés à la société, souffrent plus souvent de la solitude et se sentent les oubliés des représentants politiques. Leurs attentes ne sont actuellement pas prises en compte par le système démocratique, dont ils sont en droit d’attendre une meilleure intégration politique et ­sociale. On assiste à une double crise de confiance: une crise de confiance des citoyens envers les institutions et envers les citoyens eux-mêmes. Le renforcement du niveau de confiance au sein de la société allemande doit être un objectif prioritaire des décideurs politiques et de la société civile. Il appelle une réflexion critique sur le fonctionnement de la démocratie allemande et la préservation des valeurs de respect et de compromis politique. Plus de détails sous ce lien: www.fesparis.org