FES PARIS Europe sociale coup d’accélérateur ou coup d’arrêt ? REINER HOFFMANN Juin 2016 L’Union européenne traverse la crise de confiance et de légitimité la plus grave de son histoire. La crise économique et financière est encore loin d’être surmontée, en raison de la politique d’austérité. Partisan de cette politique, le gouvernement allemand a lui aussi contribué à l’amplification de la crise économique et à son évolution en une crise sociale majeure qui s’est développée dans des zones entières de l’Europe. La réponse est une Europe plus sociale, qui offre davantage de cohésion. Il existe un modèle social européen, dont le cœur est constitué par les systèmes de protection sociale, la réglementation des conditions de travail par la loi et les conventions collectives, les droits de participation et de codécision des salariés dans les entreprises, le dialogue social qui sert à trouver un équilibre entre les intérêts du capital et les intérêts du travail et les services publics. Depuis les cycles d’élargissement des dernières années, les différences de capacité d’intégration économique et de volonté d’intégration politique se sont accrues entre les Etats membres. A cela se sont ajoutées les erreurs de conception de l’Union monétaire européenne. Suite à la disparition des mécanismes de régulation par les taux de change, la politique de dévaluation interne a considérablement accru la pression sur le coût du travail et les dépenses sociales. Afin de regagner la confiance de ses citoyens, l’UE devra enfin privilégier la politique par rapport au marché et placer la cohésion sociale et la démocratie sociale au cœur de son action politique. Ce n’est qu’en améliorant durablement les conditions de vie et de travail des Européens et en consolidant les processus démocratiques au sein de l’Union, et non en démantelant les normes de travail et les normes sociales, qu’il sera possible de reconquérir la confiance des citoyens dans l’Union européenne.
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