ANALYSES ET DOCUMENTS Bureau de Paris Septembre 2016 REFONDER L'EUROPE par Sigmar Gabriel et Martin Schulz L'Europe a longtemps constitué la promesse d'un avenir meilleur; un avenir de paix assurée, de prospérité croissante et de libertés accrues. L'Europe, c'était la promesse de pouvoir construire une société démocratique et solidaire; une société fondée sur le respect des droits fondamentaux et promettant une vie meilleure aux générations futures. La génération des pères fondateurs de l'Europe a fait ce rêve européen. Sur les ruines des villes et des villages d'Europe, et au lendemain de l'holocauste, elle a donc entrepris de faire de ce rêve, pas à pas, une réalité. Pendant des décennies, l'Europe a tenu cette promesse et nous a apporté la paix, la prospérité et la liberté. A aucun moment on n'a douté de l'Europe; au contraire, de plus en plus de personnes, de peuples et de pays entiers ont absolument voulu faire partie de cette Europe. Jusqu'à maintenant. Mais aujourd'hui, nombreux sont ceux qui ne croient plus en cette promesse. De plus en plus de personnes doutent de l'Europe. Ils la considèrent comme une partie du problème et non plus comme l'élément constitutif de la solution. La cohésion européenne est menacée. Les sept années qui se sont écoulées depuis la crise mondiale des marchés financiers en 2008 et 2009 ont été, pour l'Union européenne et pour la Quelle conception les sociaux-démocrates allemands ont- ils de l’avenir de l’Europe? Comment relancer le projet européen et retrouver la confiance des citoyens? Le président du SPD, Sigmar Gabriel, et le président du Parlement européen, Martin Schulz, livrent leurs propositions dans cette déclaration, dont la version originale a été publiée le 24 juin dernier en Allemagne. communauté monétaire européenne, une période de crise économique et politique permanente. Faiblesse de la croissance, faiblesse des investissements et crise de l'emploi ont divisé l'Europe au plan politique comme jamais depuis la signature des traités de Rome. Les oppositions et les égoïsmes nationaux, les accusations mutuelles se sont à nouveau réveillés sous la pression du chômage de masse et de l'incapacité des politiques à prendre des décisions. A travers le référendum néerlandais sur l'Ukraine, à travers les élections présidentielles en Autriche et le débat en Grande-Bretagne sur la sortie de l'Union, les adversaires de l'Europe ont humé un vent nouveau sur l'ensemble du continent. Dans tous les pays du continent, les partis antieuropéens ont remporté de grandes victoires électorales au cours des dernières années. Aujourd'hui, certains d'entre eux sont même arrivés au pouvoir. Grâce à ces victoires électorales, ils ont non seulement pu accéder au pouvoir législatif et exécutif mais aussi occuper en partie l'espace du débat public dans leurs sociétés, les partis du centre politique et une partie des faiseurs d'opinion ayant également cru devoir entonner une critique supposée justifiée de l'Union européenne. Cet euroscepticisme se reflète aussi au sein du Conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement, qui est de plus en plus incapable d'agir bien qu’il se soit autoproclamé institution décisionnaire centrale au cours des dernières années. Ainsi, nous sommes témoins d'une situation paradoxale dans la mesure où ceux qui, par leur attitude, empêchent l'UE d'agir efficacement sont ceux-là même qui critiquent le plus bruyamment l'incapacité de l'Europe à résoudre Friedrich-Ebert-Stiftung, 41bis, bd. de la Tour-Maubourg, F- 75007 Paris, Tel.+33 1 45 55 09 96
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