FES PARIS Peur sur l‘Etat-providence : causes et conséquences SIGRID BETZELT, INGO BODE Mars 2018 Symptômes d’une crise de confiance aiguë à l’égard des institutions politiques, l’hostilité croissante d’une partie de l’opinion allemande à l’égard des minorités et le succès de l’AfD sont le fruit d’angoisses étroitement liées à la politique sociale. Les réformes de l’Etat-providence, notamment appliquées dans le cadre de l’Agenda 2010, ont entraîné parmi les salariés une dynamique de« re-marchandisation » de leurs conditions de vie et de travail. Confrontés à la peur du déclassement et à la perspective d’un avenir incertain, les salariés choisirent d’adapter leur comportement pour assumer sous la contrainte davantage de responsabilités, reportant une partie de leur mécontentement sur la concurrence supposée autour de l’emploi et des prestations sociales induite par l’immigration. Les réformes du marché du travail et du système de retraite illustrent parfaitement cette« politique de la peur ». Combinée à un discours de stigmatisation et de menaces, l’augmentation de la pression sur les travailleurs, via la réforme des minimas sociaux, la dérèglementation du marché du travail ou l’essor du marché des retraites complémentaires individuelles, génèrent des réactions relevant du conformisme ou du rejet de l’autre, chaque individu cherchant à échapper au statut stigmatisant du déclassé ou de l’assisté. Ces logiques de peur, qui nourrissent la thématique de la sécurité intérieure, ne pourront être combattues qu’au prix d’un renoncement au principe de la gestion individuelle du risque et d’une relance des garanties collectives traditionnelles, rendue possible par la fin de la politique d’austérité et l’introduction d’une fiscalité plus progressive.
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Peur sur l'Etat-providence : Causes et conséquences : causes et conséquences
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