Jean-Jacques Konadjé l COTE D’IVOIRE, LE PRIX DE LA PAIX POSITIVE A ce jour, le processus suit son cours. Certaines réformes devant être appliquées dans l'urgence ont pu l'être et fonctionnent correctement, tandis que d'autres n'ont pas encore connu un début d'application. En outre, selon le secteur visé, les institutions du secteur concerné réagissent différemment. Certaines font de la résistance, sur base d'incompréhension ou de rapport de force. Au titre du système de défense et de sécurité, en dépit d'avancées notables sur certains points(la promotion du genre au sein des institutions de défense et de sécurité), la situation générale est critique. Après la crise post-électorale, l'armée, ayant été balafrée par les crises successives depuis une dizaine d'années, cristallise toutes les attentions. C'est dans cette optique que les autorités politiques du moment promettent de tout mettre en œuvre pour sa réforme. Pour l'heure, la mise en œuvre des réformes stagne et la reconstruction de l'armée ivoirienne s'avère de ce fait être une œuvre titanesque. Les autres secteurs comme la police, les douanes, les eaux et forêts, la justice et le système pénitentiaire ont aussi bénéficié de réformes structurelles dans le contexte de la réorganisation des forces de sécurité intérieure. Ces forces sont marquées du sceau de la coordination et de la synergie de leurs actions dans leurs zones de compétences. Elles sont complémentaires, aptes à échanger et à partager les informations susceptibles d'aider à la résolution des enquêtes et des procédures judiciaires. Les effets de la mise en œuvre concrète de ces mesures ne sont pas encore perceptibles. Toutefois, il est important de souligner que le processus du DDR, qui n'est qu'un volet de la RSS, apparaît comme une dynamique qui pèse considérablement dans la création de conditions favorables pour l'émergence d'une paix positive en Côte d'Ivoire. Le DDR et les enjeux du moment 1 À la fin de la crise post-électorale, la nécessité de rétablir la sécurité et de recoudre le tissu social en lambeau a commandé un désarmement des cœurs et des esprits, et même à un désarmement effectif des forces ayant pris part aux différents affrontements. C'est dans cette atmosphère que sera créée l'Autorité pour le Désarmement, la Démobilisation et la Réintégration(ADDR) des ex-combattants, en vue de piloter le processus DDR. L'ADDR a eu pour mission principale de contribuer à rétablir la sécurité et la paix durables dans le pays. Avec le démarrage effectif de ses activités en octobre 2012, cette structure a mis fin à sa mission en Juin 2015, avec le satisfecit du Gouvernement Ivoirien et de l'ensemble de la communauté internationale. Le DDR est aujourd'hui perçu comme un modèle de réussite par l'Organisation des Nations Unies ainsi que par l'ensemble des partenaires au développement, qui voient dans la mise en œuvre de ce processus en Côte d'Ivoire un cas d'école qui devrait servir d'exemple à tous les pays en situation de sortie de crise. Cependant, la récurrence et la persistance des mouvements d'humeur des démobilisés, depuis la fin du processus, notamment en 2017, nous invitent à une réflexion sur les enjeux de ce processus, eu égard au contexte politique, sécuritaire et économique du pays, surtout à trois années de l'élection présidentielle de 2020. 26
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