PERSPECTIVES| FES CÔTE D‘IVOIRE Quelle viabilité pour le processus de désarmement, démobilisation et réintégration de la Côte d’Ivoire? FRANZISKA EHLERT Juin 2018 n A deux ans de la prochaine présidentielle, des révoltes au sein de l’armée viennent ternir l’image de la Côte d’Ivoire en tant qu’exemple de sortie de crise réussie. Tandis que l’Opération de l’ONU pour la Côte d’Ivoire(ONUCI) se retire et que le gouvernement ivoirien qualifie sa réforme du secteur de la sécurité comme largement aboutie, des signaux laissent à penser que la paix en Côte d’Ivoire est loin d’être aussi durable qu’on ne le pensait. n Ce nouveau climat de crise trouve sa genèse notamment dans l’application du processus de désarmement qui a suivi le conflit. Car plutôt que d’opter pour un processus dont les exigences auraient traité en profondeur la complexité de la situation d’après-guerre, le gouvernement ivoirien a privilégié les normes des donateurs et des investisseurs internationaux tels que le programme de développement de l’ONU ou de l’Union européenne. Ces derniers ont accepté de bonne grâce l’image d’un désarmement » réussi « , ignorant des problèmes fondamentaux comme la méfiance de nombreux ex-combattants dans le nouveau gouvernement, le caractère exclusif du processus et la division des forces de sécurité, qui apparaissent désormais au grand jour. n Le cas de la Côte d’Ivoire illustre la dynamique complexe née de la pluralité de contextes de conflit et post-conflit, ce qui confère aux interventions des acteurs internationaux des bilans plutôt mitigés. Les particularismes politiques locaux et les luttes de pouvoir sont une variable influente pour l’avenir d’un pays et sa société sur laquelle les acteurs internationaux ne peuvent agir que de façon limitée. L’un des leviers envisageables consiste à soutenir des mesures» post-conflit « telles qu’un programme de désarmement tenant compte de la dimension locale et de moins recourir à des règles strictes et des modèles établis. n En Côte d’Ivoire, la réforme du secteur de la sécurité et le contrôle démocratique qui l’accompagne offrent une opportunité d’aborder des problèmes non résolus tels que le scepticisme de la population face aux instances sécuritaires et leurs divisions internes à travers un processus participatif, des initiatives de réconciliation civile et l’abolition définitive des structures de guerre encore en place.
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Quelle viabilité pour le processus de désarmement, démobilisation et réintégration de la Côte d'Ivoire?
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