Druckschrift 
Au-delà des transferts monétaires : protection sociale, services sociaux et socialisation du travail de prise en charge au Mozambique
Entstehung
Einzelbild herunterladen
 

#5 MARS 2017 Au-Delà des transferts monétaires: Protection Sociale, Services Sociaux et Socialisation du Travail de Prise en charge au Mozambique Ruth Castel-Branco Lannée dernière, mon grand-père, un homme à la fin de ses 80 ans, a déboulé dans les escaliers de son appartement. Esprit libre, il refuse de se plier aux limites quimpose son âge à son âme et à son corps, préférant passer ses journées(et parfois ses nuits) à se promener dans la ville de Maputo. Mais ce jour-, ses aventures se sont terminées dans le service orthopédique de lHôpital Central de Maputo. Bien quinquiète, je me suis sentie soulagée du fait quil ait été hospitalisé; soulagé parce que cela a ôté de mes épaules le fardeau de lui procurer des soins. Pourtant, il devint rapidement évident que la responsabilité de prendre soin de lui(le nourrir, lui changer ses vêtements, le laver, nettoyer ses saletés) revenait en fait à la famille. Les jours suivants, je me suis efforcée dobtenir quil quitte lhôpital, avant dembaucher une jeune femme chargée de prendre soin de lui. Au Mozambique, la fourniture des services sociaux dépend fortement du travail de prise en charge non rémunéré des femmes. Notre contribution est si essentielle que la Loi du travail de 2007 fournit aux travailleuses salariées 30 jours de congé par an afin quelles soccupent des enfants malades. Cependant, le fait que cette loi ne cible que les femmes accentue la division sexuelle du travail, plaçant le fardeau de la prise en charge sur les épaules des femmes. Ce fait limite les opportunités des femmes sur le marché du travail, car nous luttons pour concilier des priorités concurrentes, dans un contexte de discrimination en matière demploi et dune perception généralisée de notre participation aux activités salariées comme étant complémentaire plutôt quessentielle pour le ménage. Alors que la plupart des Mozambicains, femmes et hommes, dépendent essentiellement de 1