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Afficher notre unité : la politique étrangère du SPD face aux nouveaux défis internationaux
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FES PARIS AFFICHER NOTRE UNITÉ La politique étrangère du SPD face aux nouveaux défis internationaux Entretien avec Nils Schmid Décembre 2021 Interview réalisée par Anja Wehler-Schöck, IPG-Journal Il y a cinquante ans, Willy Brandt recevait le prix Nobel de la paix pour sa politique de détente entre lEst et lOuest. Dans quelle mesure son approche influence-t-elle aujourdhui en­core la politique étrangère et la politique de sécurité défendue par le SPD ? Ces grands principes accompagnent aujourdhui encore notre action au gouvernement. Comment concilier dun côté les velléités de lAllemagne de sengager en faveur du désarmement, et de lautre la nécessité de maintenir la Bundeswehr, en tant quarmée de défense, à la pointe de la technologie ? La politique étrangère défendue par le SPD sinscrit dans le droit fil de la politique de paix prônée par Willy Brandt. Dans son parcours politique, le positionnement de Willy Brandt en matière de politique étrangère a connu plusieurs phases. En tant que maire de Berlin, sur fond de confrontation ouverte entre lUnion soviétique et les Etats-Unis, Willy Brandt pas­sait plutôt pour un ferme partisan de la guerre froide et se situait à laile droite du parti. Devenu chancelier, Willy Brandt sest opportunément mué en partisan de la détente entre les deux blocs, tout en restant soucieux de prendre également en compte léquilibre des forces géopolitiques. Après son départ de la chancellerie fédérale, il sest fait le porte-voix du mouve­ment pacifiste, afin dempêcher la course à larmement. Dans la dernière phase de sa vie politique, ses relations avec son par­ti ont été quelque peu houleuses, notamment lorsque le SPD sest strictement opposé à certaines opérations militaires. Pour juger lhéritage politique de Willy Brandt, il faut bien prendre conscience de ce large éventail de positionnements en matière de politique étrangère. La politique étrangère du SPD est aujourdhui encore guidée par des principes qui sont restés inchangés. Premièrement : œuvrer continuellement pour la paix et le désarmement un objectif aujourdhui plus actuel que jamais. Deuxièmement : sengager clairement en faveur du dialogue, y compris dans les conditions les plus difficiles fort du constat que les plus modestes efforts en matière de détente peuvent aussi être couronnés de succès. Troisièmement : inscrire la politique étrangère allemande dans lalliance transatlantique avancer main dans la main avec lUnion européenne et lOTAN, sans jamais faire cavalier seul. Quatrièmement : prévenir les conflits, en sappuyant sur une approche globale, de façon à lier déve­loppement, paix et sécurité au sein dun seul et même monde. Willy Brandt lui aussi a fait lexpérience de ce dilemme lors­quil était à la tête du gouvernement fédéral. Ce qui est important, cest que ces deux éléments aillent de pair. Wil­ly Brandt a toujours été clair sur le fait quil défendait lidée dune Bundeswehr bien équipée. Lorsquil était aux affaires, nos dépenses pour le budget de la défense excédaient les 3 % de notre produit intérieur brut. Ce nest plus lobjectif chiffré que nous devrions viser désormais. En revanche, Willy Brandt a également montré que la politique de détente navait été possible quà la seule condition dune intégration de la Ré­publique fédérale dAllemagne au sein de lOTAN, du bloc de lOuest et de son système de valeurs. En matière de dépenses militaires, nous ne courrons pas après lobjectif de 2 % du PIB. Ce qui compte, cest que la Bundeswehr soit bien équipée et que nos militaires soient protégés le mieux possible. Cela sup­pose que nos systèmes darmement soient modernisés. Le SPD na jamais été un parti exclusivement pacifiste. Le parti a en revanche toujours été un lieu déchange ou pouvaient aussi sexprimer des convictions pacifistes. Le SPD na jamais désap­prouvé la nécessité dune défense nationale et se considère comme un partenaire de la Bundeswehr. Comme à lépoque de Willy Brandt, lAllemagne ne saurait faire cavalier seul aujourdhui sur la question du désarmement. Dans les tentatives de désarmement nucléaire, lAllemagne, seule, ne saurait jouer quun rôle marginal car les plus impor­tants arsenaux nucléaires se trouvent en Russie, aux Etats-Unis et de plus en plus en Chine. Nous devons insister, avant tout dans le cadre de lOTAN, pour faire à nouveau de la question du désarmement une priorité de la coopération internationale. Sur ce point, il semblerait que nous ayons en la personne du président Biden un allié. 1