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Coopération ou concurrence? : la sécurité en Afrique de l'Ouest entre CEDEAO et G5
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PERSPECTIVE| FES PAIX ET SÉCURITÉ Coopération ou concurrence? La sécurité en Afrique de lOuest entre CEDEAO et G5 JAN GREBE Décembre 2018 n Bien des espoirs ont été placés dans lorganisation régionale G5 Sahel, créée en fé­vrier 2014, et dans ses cinq Etats membres(Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad), au regard de la stabilisation quils peuvent apporter dans la région du Sahel. En effet, lopinion publique(européenne) suit de près, et de plus en plus attentive­ment depuis quelques années, lévolution de cette région fortement éprouvée par de nombreux conflits et qui représente également une voie de migration majeure vers lEurope. Actuellement, la prudence simpose toutefois par rapport à la création de nouvelles structures et coalitions parce que la coopération avec les structures de sé­curité établies, comme la CEDEAO et lUA, et lintégration en leur sein restent floues. n Il a fallu attendre juillet 2018 pour que la CEDEAO et le G5 Sahel signent une décla­ration dintention fixant les modalités de leur accord de coopération dans différents domaines. Les deux parties signataires ont souligné vouloir éviter les doublons et profiter des effets de synergie entre leurs deux organisations. Il ne reste plus quà attendre de voir comment cet accord sera mis en œuvre. A cela sajoute le fait que la CEDEAO et lAlgérie éprouvent des réserves à légard du G5 Sahel, qui, à ce jour, nont pu être que partiellement dissipées en tout état de cause. n Pour stabiliser la région du Sahel, il faut une stratégie globale qui ne mise pas uni­quement sur des éléments militaires, comme semble actuellement le favoriser le G5 Sahel. Il est important darriver à articuler le G5 Sahel dans lAPSA, et par-même indirectement aussi dans la CEDEAO, pour avoir une approche multidimensionnelle dans la stabilisation du Sahel. En conséquence et sur la base de la déclaration din­tention signée par les deux organisations, lUE devrait, dans sa politique, davantage soutenir lutilisation systématique des effets de synergie existants, œuvrer à une meilleure coordination politique et permettre à la CEDEAO de jouer un rôle plus important dans la stabilisation de la région du Sahel grâce à ses instruments civils.