Eleonora Poli Souveraineté Européenne Commentaire sur les résultats du sondage mené en Italie LA SOUVERAINETÉ, UN CONCEPT AMBIVALENT Le concept de souveraineté européenne, tout comme le concept général de souveraineté, a une connotation négative pour la plupart des Italiens qui, comme le révèle l’enquête Ipsos, ne semblent pas pleinement saisir le sens de ce terme. Ce n’est pas un hasard si les Italiens considèrent la souveraineté européenne comme l’imposition de règles au détriment des intérêts de la population; en effet, 64 % d’entre eux la voient davantage comme la capacité à imposer ses propres intérêts que comme celle à gouverner pour l’intérêt commun. La pandémie de COVID-19 n’y est certainement pas étrangère. D’après une étude menée en novembre 2020 par l’Université de Sienne et l’Istituto Affari Internazionali(IAI), 56 % des Italiens voteraient contre un référendum sur la sortie de l’Italie de l’Union européenne. En revanche, au printemps 2020(c’est-àdire au cœur de la première vague de la pandémie), en raison d’un profond sentiment d’insécurité et de la lenteur des institutions européennes à venir en aide à l’Italie et à d’autres pays durement touchés, 44 % des Italiens étaient pour le maintien dans l’UE, contre 48 % favorables à un« Italexit ». Bien que les données recueillies en novembre 2020 soient globalement positives et traduisent un regain de confiance de l’Italie envers les institutions européennes, les chiffres restent bas par rapport à 2017, où 61 % des Italiens étaient pour un maintien dans l’UE. À l’heure actuelle, la méfiance vis-à-vis de la souveraineté européenne s’explique par la faible proportion de sentiments pro-européens, régulièrement accentuée par les partis souverainistes comme la Ligue et Fratelli d’Italia. Ces partis articulent leur stratégie électorale autour d’une prétendue relation descendante entre l’« élite » et le« peuple », et la collusion avec les bureaucrates de Bruxelles, dépeints comme immoraux et égoïstes. Si les sympathisants de ces partis considèrent nécessairement la souveraineté européenne comme un concept extrêmement négatif, le reste de la population juge également le terme« souveraineté » de manière négative, car elle l’associe à l’idée de« souverainisme ». En effet, comme le révèle l’enquête Ipsos, ce n’est pas un hasard si le concept de souveraineté est considéré comme étant de droite dans le contexte politique italien. En Italie, comme dans le reste de l’Union européenne, les partis souverainistes développent leurs programmes politiques autour des thèmes du nationalisme, d’une action politique« musclée » et du protectionnisme économique sous diverses formes. C’est en réalité la définition théorique du souverainisme qui décrit le mieux la manière dont le terme« souveraineté » est perçu par les Italiens, à savoir les idées de nationalisme(58 %), de pouvoir (46 %) et de protectionnisme(26 %). Dans une certaine mesure, cette explication rejoint les statistiques indiquant que seul un Italien sur trois(35 %), et en particulier les personnes de moins de 35 ans ou ayant une orientation politique de gauche, a une vision négative du terme« souveraineté » en général, qui est considéré comme un concept de droite. La majorité des sympathisants de la Ligue et de Fratelli d’Italia, qui n’ont donc pas une vision négative des termes« souveraineté » et« souverainisme », ont plus de 35 ans.
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Souveraineté Européenne : commentaire sur les résultats du sondage mené en Italie
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