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A la conquête du futur - les fondements d'une politique budgétaire exhaustive
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ANALYSES ET DOCUMENTS A la conquête du futur les fondements d'une politique budgétaire exhaustive Peer Steinbrück, ministre fédéral des Finances Conception et rôle de l'Etat Aucune politique budgétaire responsable et cohérente n'est possible sans conception claire de l'Etat. Je débuterai donc cette intervention avec trois questions de principe qui sont en plus d'une actualité brûlante: quelle idée nous faisons-nous, individuellement et collectivement, de l'Etat? Qu'est-ce que la puissance publique est encore en mesure de faire aujourd'hui et qu'en sera-t-il à l'avenir? Enfin, quelles sont ses missions? Il est sans doute utile, avant de répondre à ces questions, de voir quelle image globale offre notre communauté nationale, image à laquelle tout responsable politique est confronté. Je la décrirai ainsi: le déficit public a franchi la barre des 1400 milliards d'euros. Un euro sur six dépensé par l'Etat fédéral va au service de la dette. 20% environ du budget fédéral, soit environ 50 milliards d'euros, ne sont pas couverts par des recettes assurées dans le temps. L'évolution démographique et la diminution du nombre de contrats de travail soumis aux cotisations sociales menacent le financement des régimes sociaux. L'état des finances publiques ne permet plus d'assurer à un Etat social essentiellement axé sur la consommation et le versement de subsides un volume de financement aussi important qu'autrefois. A ceci s'ajoute le fait que les transferts sociaux sont une erreur et sont même contre-productifs lorsqu'ils n'offrent pas de perspective d'ascension sociale mais consolident et perpétuent au contraire des situations d'exclusion sociale. Les progrès de la mondialisation limitent la portée des décisions nationales. 15 ans après l'heureux événement que fut l'unification de l'Allemagne, le financement du rapprochement économique entre anciens et nouveaux Länder nous demande toujours un effort considérable. Nous y consacrons chaque année quelque 4% de notre produit intérieur brut. La situation de notre pays exige que nous nous concentrions sur un certain nombre de missions incontournables. Le premier devoir de l'Etat est à mes yeux de permettre à chacun de mener sa vie comme il l'entend, de s'épanouir et de pourvoir à ses besoins par son propre effort. L'Etat ne pourra continuer à assumer cette mission si ses prestations ne sont pas strictement conditionnées par l'impact généré: ce qui a un effet activateur doit être conservé, voire élargi si l'on renonce dans le même temps à tout ce qui engendre des attitudes de passivité et des prétentions excessives. Dans le monde d'aujourd'hui, l'Etat ne peut avoir pour seule finalité de protéger chacun des aléas du marché. Friedrich-Ebert-Stiftung Bureau de Paris 41 bis, boulevard de La Tour-Maubourg 75007 Paris Tel: 00 33(0)1 45 55 09 96 Fax: 00 33(0)1 45 55 85 62 fes@fesparis.org www.fesparis.org Février 2006