ANALYSES ET DOCUMEMNTS Friedrich-Ebert-Stiftung Bureau de Paris 41 bis, boulevard de La Tour-Maubourg 75007 Paris Tel: 00 33(0)1 45 55 09 96 Fax: 00 33(0)1 45 55 85 62 fes@fesparis.org www.fesparis.org Juin 2006 Le Contrat premier emploi(CPE) et la difficile transition éducation/formation/ emploi des jeunes sont au cœur du débat français. En dépit d’une apparente convergence quant au nombre absolu des chômeurs de moins de 25 ans, la comparaison avec l’Allemagne fait apparaître des différences structurelles notables. Tout d’abord, le chômage des jeunes Allemands n’a que peu de ce chômage d’insertion qui frappe une large partie des jeunes Français au seuil de leur entrée dans la vie active. Il concerne pour l'essentiel une population spécifique(du moins à l’ouest), la plupart du temps en échec scolaire ou de formation. Les mesures en faveur des jeunes en difficulté se concentrent dès lors sur ces populations, qu'elles cherchent à rendre‘intégrables’ via une formation pré-professionnelle et un accompagnement psycho-pédagogique, si nécessaire. On cherche donc moins outre-Rhin à mettre en emploi les jeunes au chômage(ou en échec); on s’efforce plutôt de leur donner des outils, parmi lesquels la formation en apprentissage tient une place de choix en raison de sa forte reconnaissance sociale et de ses taux d’embauche, somme toute, élevés. C’est avec une formation valorisée que les jeunes pourront par la suite plus facilement eux-mêmes organiser leur insertion dans la vie professionnelle. Werner Zettelmeier, CIRAC Allemagne: la transition éducation/formation/emploi Werner Zettelmeier L’approche allemande de la formation se distingue foncièrement de la française en ce sens qu’elle n’est pas construite seulement sur des savoirs fondamentaux théoriques, mais aussi sur l’acquisition d’aptitudes, et ce, dès la scolarité obligatoire. Celle-ci comporte un volet général et un volet professionnel et est destinée à préparer l’intégration professionnelle et civique, notamment via la formation professionnelle dans le cadre du système dual qui constitue la‘voie royale’ pour obtenir une qualification professionnelle initiale(voir Regard sur l’économie allemande 69/04). Rappelons qu’il s’agit d’une formation dont le pivot est l’entreprise formatrice et qui permet dans l’idéal une socialisation au monde du travail à travers l’apprentissage d’un métier pris comme un ensemble structuré, singulier et largement indivisible de connaissances et de compétences professionnelles, reconnu au niveau national et légitimé collectivement par tous les acteurs socioprofessionnels d’un secteur d’activité. A ce titre, le métier est un puissant élément d’identité individuelle, puisqu’il permet à l’individu des perspectives d’épanouissement en termes de parcours professionnel, de mobilité et de revenus, mais constitue aussi un facteur d’identité collective, puisqu’il assure une forte lisibilité des compétences acquises sur un marché du travail par ailleurs fortement segmenté. Des cycles courts menant à la formation professionnelle L’architecture du système scolaire est dès lors conçue pour ménager la transition éducation/formation/emploi: les cycles
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