La Coopération Syndicale Internationale Document d’information N° 3/ 2008 responsable: rudolf traub-merz Programme Syndical Mondial www.fes.de/gewerkschaften Syndicats et Partis politiques en Afrique: Nouvelles Alliances, Stratégies et nouveaux Partenariats par Edward Webster 1 (Traduction et Adaptation: Rabary-Andriamanday, Voahanitriniaina) Les syndicats en Afrique ont une longue tradition d’engagement politique, depuis leur implication dans les mouvements anti-coloniaux jusqu’aux luttes actuelles pour la démocratie. Leur engagement historique en politique s’est fait en trois phases. La première phase a été marquée par une lutte commune contre le colonialisme durant laquelle des liens étroits se sont développés entre les syndicats et les mouvements de libération nationale. Tout en étant des acteurs importants, les syndicats, jouaient généralement le rôle de partenaires juniors des partis politiques, sans développer un programme social autonome ni en-dehors ni audelà de la lutte pour l’indépendance politique. La seconde phase commence avec l’indépendance et l’introduction de projets dirigés par l’Etat, qui ont rapidement généré de l’emploi dans le secteur public. Durant cette phase, les droits syndicaux formels étaient souvent protégés en théorie, mais, dans la pratique, les syndicats étaient assujettis aux partis politiques dominants, perdant ainsi toute capacité d’autonomie d’intervention sur le plan politique. Les syndicats étaient censés plutôt jouer un double rôle: tout d’abord, celui d’aider au développement national, en général, et ensuite, celui de représenter les intérêts de ses membres ordinaires, sur les questions du travail. L’argument qui sous-tend cette substitution du rôle premier des syndicats qui est celui de la représentation par une fonction de développement était fondé sur la conviction des gouvernements que les syndicats ne représentent qu’une certaine proportion des travailleurs de ces pays. Une troisième phase, celle de la régulation du marché, a commencé dans les années 90. Face à l’endettement général des Etats survenu au cours des années 70 et 80, les gouvernements se sont retrouvés dans cette phase sous la pression des institutions financières internationales qui exigeaient un ajustement budgétaire en accord avec l’austérité fiscale préconisée par l’orthodoxie néo-libérale. Il y eut des pertes généralisées d’emploi au cours des périodes d’application des programmes d’ajustement structurel pendant lesquelles la plupart des syndicats cherchèrent à se dégager du corporatisme étatique qui semblait avoir perdu sa capacité de réaction. Comme les syndicats commençaient à résister aux restrictions, aux réductions salariales, à la privatisation et à la détérioration des services sociaux, le mouvement des travailleurs apparut comme un opposant important aux Etats à parti unique caractéristique de l’Afrique post-coloniale. 1 Cet article est un résumé des débats qui ont eu lieu au cours de la conférence sur« Syndicats et Politique: l’Afrique dans un contexte de comparaison », conjointement organisé à Johannesbourg les 21 et 22 juillet 2006, par le SWOP(Unité de Sociologie du Travail) de l’Université de Witwatersrand, l’IDS(Institut des Etudes du Développement) de l’Université du Zimbabwe, le Groupe de Politique de Développement de l’Université de Stockholm et la Fondation Friedrich Ebert. La conférence a réuni des experts africains et des activistes syndicaux.Je voudrais également remercier Bjorn Beckman pour son rapport sur cette conférence publié dans la Newsletter de RC’44 en Novembre 2006, du Comité de Recherche de l’Association Internationale de Sociologie sur les mouvements syndicaux. Les organisateurs de la conférence, Professeur Bjorn Beckman, Sakhela Buhlungu et Lloyd Sachikonye vont publier des articles sélectionnés de cette conférence, dans un ouvrage qui sera bientôt édité.
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Syndicats et partis politiques en Afrique : nouvelles alliances, stratégies et nouveaux partenariats
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