ANALYSES ET DOCUMENTS Friedrich-Ebert-Stiftung Bureau de Paris 41 bis, boulevard de La Tour-Maubourg 75007 Paris Tel: 00 33(0)1 45 55 09 96 Fax: 00 33(0)1 45 55 85 62 fes@fesparis.org www.fesparis.org Juillet 2008 Une formule de compromis pour la Méditerranée Daniela Schwarzer/ Isabelle Werenfels Le projet du Président Sarkozy d'une Union pour la Méditerranée a suscité pendant des mois des tensions, notamment entre la France et l'Allemagne. On doit à la pression du gouvernement allemand la présentation de cette initiative, lors du sommet européen de mars 2008, comme une refonte du processus de Barcelone; cela a permis au Conseil européen d’en faire un projet intéressant l'ensemble de l'Europe. Ce qui manque à ce jour, c'est le nécessaire débat sur les défis présents et futurs de la politique européenne pour la Méditerranée. La persistance de régimes autoritaires et d'économies peu compétitives, les difficultés de la coopération multilatérale sur la sécurité, les nouvelles évaluations des risques liés au climat et au terrorisme et de la pression migratoire, amènent à envisager une refonte du cadre actuel de la coopération. Les accords trouvés pour l'Union pour la Méditerranée risquent toutefois de n’être qu'une formule de compromis destinée à surmonter les différents internes à l'Union européenne. Il faut au contraire que l'UE saisisse cette occasion pour concevoir de façon plus cohérente, plus souple et plus efficace la coopération autour de la Méditerranée. Le 13 juillet 2008, sous la présidence française de l'Union européenne,« l'Union pour la Méditerranée» sera portée sur les fonts baptismaux. Ce qui était conçu au départ par le Président français comme une initiative en rupture avec la politique européenne pour la Méditerranée, le Conseil européen des 12 et 13 mars l’a transformé en un nouvel ajout au partenariat euro- méditerranéen(PEM, également appelé processus de Barcelone). A la demande des Espagnols qui se considèrent comme les inventeurs du PEM, cette nouvelle mouture a reçu le nom quelque peu volumineux de« Processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée». L’élément remarquable, c'est que tout cela s'est passé lors d'un sommet européen, c'est à dire sans la participation des partenaires méridionaux du processus de Barcelone, et sans qu'ils aient été davantage consultés au préalable. D'un point de vue interne à l'Union européenne, on peut certainement se féliciter que le différent à propos de l'Union pour la Méditerranée ait été réglé. Le pas le plus essentiel sur cette voie fut la décision consistant à faire de la politique à l'égard de la Méditerranée une mission de l'Union à 27, et non une tâche incombant par priorité aux Etats membres riverains de la Méditerranée, comme l'envisageait au départ Nicolas Sarkozy. Une initiative parallèle aux activités existantes de l'UE n'aurait pas seulement remis en cause le processus de Barcelone, qui existe depuis 1995. Elle aurait également affaibli la politique européenne de voisinage. En outre, il est vraisemblable que les Dr. Daniela Schwarzer et Dr. Isabelle Werenfels sont chercheures à la Stiftung Wissenschaft und Politik(SWP) à Berlin. Cette étude a été initialement publiée par la SWP et traduite par la Fondation Friedrich Ebert.
Einzelbild herunterladen
verfügbare Breiten