ANALYSES ET DOCUMENTS ANALYSES ET DOCUMENTS Friedrich-Ebert-Stiftung Bureau de Paris 1 41 bis, boulevard de La Tour-Maubourg 75007 Paris Tel: 00 33(0)1 45 55 09 96 Fax: 00 33(0)1 45 55 85 62 fes@fesparis.org www.fesparis.org Octobre 2008 Le SPD et les syndicats allemands: la mutation d’un partenariat privilégié Wolfgang Schroeder L’alliance entre le SPD et les syndicats, bien qu’elle se soit relâchée pendant des décennies et bien que les conflits aient toujours été présents entre ces partenaires inégaux, a néanmoins perduré et marqué les rapports de force et la culture politique en République fédérale. Les tensions qui existent visiblement depuis quelques années dans la relation entre le SPD et les organisations syndicales ne sont-elles donc rien d’autre qu’une crise passagère dans leur histoire? Ou bien sont-ce les symptômes d’un processus irréversible d’éloignement? Et quelles en seraient les conséquences pour le SPD, pour les syndicats, mais aussi pour le système politique allemand dans son ensemble? 1. Introduction Ce qui frappe dans les récentes controverses depuis« l’Agenda 2010», c’est que syndicats et sociaux-démocrates semblent agir comme si les uns et les autres étaient tous en position de faiblesse. Tous sont confrontés à des difficultés propres, mais similaires, peinent à maintenir leurs positions et générer l’approbation, et s’en renvoient mutuellement la responsabilité. Même si en 2005 le SPD est parvenu à participer à nouveau au gouvernement, ses difficultés sont patentes: un recul important des effectifs, en termes de militants comme en nombre d’électeurs, notamment dans les milieux Wolfgang Schroeder est professeur à l’Université de Kassel. Ses travaux portent principalement sur les relations dans le monde du travail, les fédérations professionnelles, les partis et le rôle social de l’Etat. Cette étude a été initialement publiée par la WSI et traduite par la Fondation Friedrich Ebert. Version originale: http://www.boeckler.de/wsi_mitteilungen ouvriers syndiqués, et, en dépit des débats programmatiques et du nouveau programme politique, une quête d’identité toujours inachevée et encore aggravée par l’installation durable d’un cinquième parti sur l’échiquier politique à l’échelon des länder. Mais les syndicats ont eux-aussi perdu de leur puissance. Au plan politique, ils sont sur la défensive. Dans leurs rapports avec les partenaires sociaux, dans un contexte général difficile, ils tentent de défendre la position des salariés sur le partage des richesses et de recul du nombre de leurs adhérents, leur vieillissement, et le fait qu’ils ne sont pas encore parvenus à s’adapter à la mutation structurelle des entreprises, pour ouvrir le monde syndical à l’ère d’une économie moderne de la connaissance et des services. Des voix éminentes se font entendre dans les milieux scientifiques et politiques, selon lesquelles la distance croissante qui s’installe(dans toute l’Europe) entre les syndicats et la social-démocratie est le signe d’une transformation réussie de cette dernière. La formule sociale-démocrate du« plus de marché- moins d’Etat» et la souplesse stra-
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Le SPD et les syndicats allemands : la mutation d'un partenariat privilégié
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