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Les perspectives des relations transatlantiques après l'élection de Barack Obama
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ANALYSES ET DOCUMENTS ANALYSES ET DOCUMENTS Friedrich-Ebert-Stiftung Bureau de Paris 1 41 bis, boulevard de La Tour-Maubourg 75007 Paris Tel: 00 33(0)1 45 55 09 96 Fax: 00 33(0)1 45 55 85 62 fes@fesparis.org www.fesparis.org Décembre 2008 Les perspectives des relations transatlantiques après lélection de Barack Obama Karsten Voigt 1. Après lélection de Barack Obama, les Etats-Unis prennent un nouveau départ Pour la première fois de leur histoire, les Américains ont élu un homme de couleur à la Présidence. Certes, pendant la campagne, Barack Obama s'est attaché à ne pas apparaître comme« le candidat noir», mais comme un candidat qui dépasse les barrières raciales et qui promet à tous les Américains un nouveau départ. Pour autant, l'élection d'un afro-américain à la Maison Blanche, 143 ans après l'abolition de l'esclavage, 45 ans après le « I have a dream» de Martin Luther King et quarante ans après labolition des lois ségrégationnistes« Jim Crow», constitue un point charnière dans la culture politique des Etats-Unis. Même son adversaire malheureux, John McCain, a qualifié cette élection « d'historique» et souligné son importance particulière pour le pays. Une fois de plus, les Américains ont ainsi démontré qu'ils sont capables de se réinventer au beau milieu d'une profonde crise éco­nomique et d'une crise de confiance, et qu'après l'épisode d'une administration Bush impopulaire, ils osent prendre un nouveau départ. L'Amérique change. Karsten Voigt est coordinateur du gouvernement allemand pour les relations trans-atlantiques. Elle est d'ores et déjà composée pour un tiers de personnes de couleur: noirs, hispaniques et asiatiques. Dans quelques décennies seulement, ils constitueront la majorité de la population américaine. Et Barack Obama est le visage de cette nouvelle Amérique. d'un père kenyan et d'une mère issue du cœur de l'Amérique, il interpelle la volonté de changement de tous les Américains, et ses partisans voient en lui le représentant d'une société moderne, urbaine, métissée et tolérante, capable de jeter des ponts entre les ethnies, les partis et les couches sociales. En choisissant« Change», le changement, comme slogan de campagne, Barack Obama a touché la corde sensible d'une grande partie de la population américaine, qui, après huit années passées sous l'administration Bush, attend des politiques en place à Washington un véritable nouveau départ. Parallèlement, il a fait naître dans le monde entier l'espoir d'un virage dans la politique étrangère des Etats­Unis. John McCain a bien, lui aussi, revendiqué et cherché à incarner le changement, mais il n'y est pas parvenu, à l'instar d'Hillary Clinton pendant la campagne des primaires. L'une et l'autre ont sous-estimé le désir des électeurs américains de voir un nouveau visage et d'essayer de nouvelles recettes politiques.