ANALYSES ET DOCUMENTS Bureau de Paris www.fesparis.org Avril 2009 Le paysage politique allemand à la veille des élections législatives de 2009 Franz Walter Le 27 septembre, les Allemands éliront un nouveau Bundestag. Aucune tendance claire ne se dessine, que ce soit pour l’un ou l’autre camp politique. Fait remarquable: les petits partis ont largement gagné du terrain au cours des dernières années, tandis que la base des grands partis politiques traditionnels s’est considérablement érodée. Mais regardons tout cela d’un peu plus près et entamons une excursion dans le paysage des partis politiques allemands en ce début d’année électorale 2009. Le SPD: le parti des arrivés Commençons par le plus ancien parti politique allemand, le SPD. En principe, tout pourrait aller pour le mieux. Les sociauxdémocrates sont au gouvernement pour la 11 ème année consécutive, ils tiennent des portefeuilles ministériels classiques et influents comme les Affaires Etrangères et les Finances. Et pourtant, le SPD est très loin de donner l’impression d’un parti puissant et sûr de lui même. La majeure partie des militants sociaux-démocrates semble épuisé. Les Soixante-huitards ayant tenu les rênes du parti pendant des décennies, il manque deux générations au SPD. Les plus jeunes au sein du groupe parlementaire, les« Netzwerker»(« ceux du réseau»), ont été, pendant les premières années de leur carrière politique, des purs auxiliaires discrets de la génération Schröder-Lafontaine. Il ne s’est pas encore trouvé dans leurs rangs un chef incontesté, un meneur de campagne talentueux capable d’identifier les sujets porteurs. Franz Walter est professeur de sciences politiques à l’Université de Göttingen Bon nombre d’observateurs sont avant tout frappés par le manque de passion et de caractère des jeunes Netzwerker. Ils ne sont pas assez percutants, passionnés, incisifs. Ils ne se battent pas pour leurs convictions. A partir de 1999, le SPD est entré dans une spirale négative et a connu depuis un effondrement sans précédent aux élections régionales ainsi qu’une hémorragie de ses militants encartés. Ce parti de masse qui tirait jadis sa fierté de ses énormes bataillons de membres fidèles et infatigables n’atteint même plus aujourd’hui la taille de cette organisation de notables qu’est la CDU. Dans l’ancienne République fédérale, seul un Land a encore un Ministre Président SPD. 1 Dans les régions modernes et prospères au sud de l’Allemagne, de Dresde à Stuttgart, les sociaux-démocrates sont profondément enlisés dans une situation déprimante de diaspora. Pendant quelques décennies, le SPD a pu compenser son infériorité structurelle et historique dans le Sud par une présence plus forte dans la Ruhr, ancienne région industrielle de l’Allemagne, ainsi qu’en Basse-Saxe ou à Hambourg. Cette époque est révolue. Même dans ses anciens fiefs, le SPD, jadis si robuste, est tombé en léthargie. Ecrire sur le SPD, c’est raconter l’histoire d’une perte. Et ce ne sont pas seulement les bataillons de ses membres et son corps de fonctionnaires, si efficace en campagne, qui ont été perdus. Le SPD a également perdu ses nombreux intellectuels et ses théoriciens, certes souvent excentriques, mais toujours 1 Hormis les grandes villes ayants légalement un statut de „Land“ comme Berlin ou Bremen.
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Le paysage politique allemand à la veille des élections législatives de 2009
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