ANALYSES ET DOCUMENTS ANALYSES ET DOCUMENTS Friedrich-Ebert-Stiftung Bureau de Paris 1 41 bis, boulevard de La Tour-Maubourg 75007 Paris Tel: 00 33(0)1 45 55 09 96 Fax: 00 33(0)1 45 55 85 62 fes@fesparis.org www.fesparis.org Janvier 2009 Les interventions européennes en Afrique: moment-phare pour l’Europe et la coopération franco-allemande? Andreas Mehler La contribution européenne à la résolution des conflits en Afrique ne peut se limiter à la seule intervention armée sous mandat onusien. Néanmoins, celle-ci reste un instrument qui peut être nécessaire, comme l’a montré l’intervention en Ituri(RDC) en 2003. Depuis, l’Union européenne, forte de ce premier succès, a poursuivi dans cette voie et intervient dans l’Est du Tchad et en République centrafricaine. Etant donné cette évolution, plusieurs questions s’imposent: est ce que l’on s’achemine vers une véritable « Européanisation» de la politique d’intervention en Afrique ou plutôt vers une tentative française de faire partager le fardeau d’une politique d’influence traditionnelle en incluant des partenaires supplémentaires? En Allemagne, des doutes persistent. Théorie et pratique de la politique européenne commune d’intervention A première vue, on a le sentiment que la politique d’intervention européenne dans les conflits en Afrique est un sujet dont on a vite fait le tour. En décembre 2005, les Etats membres de l’Union européenne sont parvenus à un consensus sur les questions de développement, et sur une stratégie européenne pour l’Afrique, destinée à s’appliquer à la Commission et à l’ensemble des Etats membres, et donc aussi à la France et l’Allemagne. Docteur en sciences politiques, Andreas Mehler est, depuis 2002, directeur de l’Institut d’Etudes Africaines de Hambourg. Il s’agissait dans un premier temps de faire la synthèse des initiatives existantes et de renforcer la coordination au sein de l’Europe. Mais la stratégie pour l’Afrique dépasse le champ classique de la coopération au développement pour aborder aussi le domaine militaire. En théorie, il existe depuis lors une politique africaine commune, notamment en ce qui concerne les interventions militaires. Les marges de manœuvres des politiques africaines de la France et de tous les autres Etats membres auraient donc dû se réduire. C’est effectivement ce qui se produit, mais pas aussi nettement qu’on veut bien le dire. Si, officiellement, on met volontiers en avant la carte européenne, sur place- lors de la mission Artemis dans l’Est de la République Démocratique du Congo comme pendant la mission de l’EUFOR pour soutenir le processus électoral en RDC, toutes deux menées dans le cadre de la politique européenne de sécurité et de défense – la France est apparue comme la force motrice et aussi comme la plus visible. Cela répondait vraisemblablement à l’intention de la France, et cela s’est avéré hautement problématique. Car la France avait, depuis longtemps, misé sur le candidat sortant, Joseph Kabila. La neutralité de l’intervention européenne était donc difficile à faire admettre sur place, ce qui soulève également une question délicate au moment d’envisager une nouvelle opération européenne dans la région. L’européanisation
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Les interventions européennes en Afrique : moment-phare pour l'Europe et la coopération franco-allemande?
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