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Le retour de la "Deutschland AG"
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ANALYSES ET DOCUMENTS Bureau de Paris www.fesparis.org März 2009 Le retour de la« Deutschland AG» Anke Hassel Pour l'Allemagne, la crise est l'occasion de prendre ses distances par rapport au libéra­lisme anglo-saxon en lançant un programme conjoncturel d'investissement sur le modèle scandinave. Objectif: un modèle de mar­ché social-démocrate« activateur» La crise actuelle est mondiale et va engen­drer bien des changements. Sa gestion sera l'occasion de redéfinir les rapports entre le marché et l'Etat mais aussi entre la politique internationale et la politique nationale. La crise va creuser davantage encore les diffé­rences entre les systèmes politiques natio­naux et déclencher une nouvelle forme de coordination des politiques économiques à l'échelle planétaire. Elle va permettre de lancer le débat sur les iniquités qui résultent d'un marché dominé par les seules entrepri­ses et donner l'occasion aux sociaux­démocrates et aux syndicats de relancer leurs efforts en faveur de la justice sociale. Mais cette crise ne remettra pour autant en question ni la mondialisation de l'économie ni le modèle capitaliste comme fondement d'une économie basée sur l'initiative privée. De nombreux malentendus existent quant au rôle de la réglementation dans la crise finan­cière, parmi lesquels l'idée qu'une régulation mondiale de l'économie aurait pu éviter la bulle financière. Il n'existe pourtant aucune réglementation qui empêche la formation de bulles. On ne peut pas interdire les com­portements dangereux; l'argent bon marché de la Federal Reserve était le fruit d'une vo­lonté politique et il ne fallait surtout pas l'en­traver. La réglementation peut d'ailleurs aussi bien juguler les marchés que les rendre pos­sibles. Anke Hassel est professeur de Public Policy à la Hertie School of Governance de Berlin C'est ce que font notamment les droits de propriété, les tribunaux, les recours en dé­dommagement, les garanties obligatoires et les règles de droit relatives aux contrats et ententes lorsqu'elles s'appliquent efficace­ment. Rien ne porte à croire que la régle­mentation internationale des marchés finan­ciers ne servirait pas avant tout à créer plus de marché et qu'elle pourrait suffire per se à empêcher l'apparition de nouvelles bulles et de nouveaux excès. Ainsi le sujet central de la crise n'est pas la régulation des marchés financiers, mais plu­tôt le fait qu'après trois décennies d'emprise croissante du marché sur l'économie et la société, on commence à dresser le bilan de cette politique: les réglementations destinées à juguler les dérives des marchés ont de nouveau le vent en poupe. A quel endroitt-on besoin de quel type de marché? Quand est-ce que les mécanismes du marché ai­dent à résoudre les problèmes, quand est-ce quils les aggravent? Cette règle générale, selon laquelle le marché se trompe rarement tandis que l'Etat se trompe presque toujours, elle ne sappliquera plus. Les communes allemandes s'en sont donné à cœur joie Un exemple: les mécanismes de marché appliqués aux services publics de base. On porte enfin un regard critique non seulement sur les excès criantes du leasing transfronta­lier- auquel les communes ont eu recours pour financer, via des produits financiers tox­iques, en externe et à grands frais leurs pro­pres services de transport- mais aussi sur tou­tes les autres formes du new public mana­gement qui devaient s'appuyer sur la com­pétence de l'économie privée pour sortir le secteur public de sa torpeur. Les partenariats public-privé, les privatisations partielles, les