Druckschrift 
Les commissions électorales en Afrique de l'Ouest : analyse comparée
Entstehung
Einzelbild herunterladen
 

En tous les cas, les structures officielles chargées de l'organisation des élections, notamment les Ministères de l'Intérieur dans les pays francophones, n'inspiraient plus confiance pour une gestion transparente et équitable de la compétition électorale. L'ouverture démocratique des années 90 a donc été caractérisée par la mise en place, un peu partout, d'organes censés organiser, en toute indépendance, les processus électoraux. De rudes batailles ont opposé à ce sujet les tenants du pouvoir et les opposants, la configuration donnée à ces Commissions électorales passant pour être révélatrice de la réelle volonté des autorités de promouvoir des élections libres, sincères et démocratiques. L'apprentissage de la pratique électorale a donc réconcilié l'Afrique avec la démocratie pluraliste. Beaucoup d'espoir a dès lors été investi dans ces nouvelles structures censées être les nouvelles vigies de la démocratie. Près d'une vingtaine d'années après les premières expériences d'organisation d'élections libres et compétitives dans la sous région ouest-africaine, un premier bilan peut être fait. On ne s'étonnera cependant pas de constater que celui-ci reste assez contrasté, à l'image des expériences nationales de« démocratisation» elles-mêmes. Il existe des cas plutôt heureux, dans lesquels la Commission électorale a bien réussi sa mission de gestion(ou d'organisation) des élections. On peut tout autant relever des expériences plus mitigées, appelant un jugement plus pondéré. Il est enfin possible de noter des cas plus préoccupants, dans la mesure la Commission électorale a dans une large mesure failli à sa mission, compromettant sa crédibilité et laissant peser de lourdes hypothèques sur le climat politique en général. Près de deux décennies après le déclenchement des transitions 11