Analyses et documents 1 ANALYSES ET DOCUMENTS Bureau de Paris www.fesparis.org Mars 2010 Les sociaux-démocrates d’Europe face à la crise Werner Perger La social-démocratie peut tirer de multiples enseignements de la crise qu’elle traverse. On y trouve des éléments communs et des spécificités nationales. Les partis agissent et évoluent dans des environnements globalement identiques. Tous, ceux – nombreux – qui perdent des élections comme ceux – plus rares – qui les gagnent, sont touchés par les dysfonctionnements dramatiques du système financier international, par leurs conséquences sur l’économie de la planète et sur le commerce mondial, sur les marchés nationaux de l’emploi, par les bouleversements politiques survenus depuis la fin du conflit Est-Ouest, par les menaces que fait peser sur la paix le terrorisme international, par la confrontation entre les démocraties occidentales et les fanatismes religieux totalitaires, et par l’apparition de nouveaux problèmes communs à toutes les régions du monde(le changement climatique, la faim, les épidémies). Dans la crise actuelle du capitalisme, les partis démocratiques les plus malmenés dans les élections sont précisément ceux qui ont le plus vigoureusement mis en garde contre les errements du système financier et qui ont le plus contribué à endiguer les conséquences de la crise; c'est ce que les politologues américains appellent le« paradoxe européen». Werner Perger est journaliste à l’hebdomadaire« Die Zeit» Pourtant, cette situation paradoxale pour les partis du« centre gauche» européen n'est pas seulement le résultat objectif de processus externes. L'affaiblissement de la socialdémocratie est aussi le fruit de ses propres lacunes et de ses erreurs subjectives. Ainsi, les partis de centre gauche ont ouvert de nouvelles marges de manœuvre à leurs adversaires politiques- non seulement à leurs concurrents conservateurs, mais aussi aux nouveaux partis d’extrême gauche et d’extrême droite, dont une partie, tout en se drapant du voile de la démocratie, remet en cause le système même de la démocratie libérale. C'est cette part subjective des origines de la crise de la gauche que nous tenterons d’analyser, afin de répondre à cette question récurrente: que faire? Réintégration: le retour à la base Il faut s'attacher en priorité à reconstruire les ponts endommagés de la communication entre les électeurs et les élus. Les sociauxdémocrates, dont le statut de parti populaire est aujourd'hui remis en cause par les résultats électoraux en Allemagne, aux Pays-Bas ou au Danemark, doivent reconquérir de toute urgence la confiance qu’ils ont perdue en masse. Ils doivent donc retrouver la voie de leurs origines et s'appuyer sur leurs traditions antérieures. Mais pour y parvenir, les anciens partis ouvriers doivent d'abord« rentrer à la maison», là où se situe la vraie vie, auprès des citoyens. Pour autant, ils auraient tort de verser dans la repentance. Revoir du tout au tout leurs positions et faire un mea Friedrich-Ebert-Stiftung, 41bis, bd. de la Tour-Maubourg, F- 75007 Paris, Tel.+33 1 45 55 09 96
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