Analyses et documents 1 ANALYSES ET DOCUMENTS Bureau de Paris www.fesparis.org Avril 2010 Le bon capitalisme …et ce qui devrait changer après la crise Sebastian Dullien, Hansjörg Herr et Christian Kellermann 1. De la déréglementation des marchés financiers au« retour de l’Etat» La récente crise financière a cruellement exposé les faiblesses du système économique actuel. Un événement économique relativement circonscrit – l'éclatement d'une bulle immobilière aux Etats-Unis – a conduit l'économie mondialisée au bord d'une nouvelle dépression et réveillé le souvenir de la crise économique mondiale de 1929. L'économie allemande a reculé de plus de cinq pour cent – jamais elle n'avait connu pareille chute depuis la Seconde Guerre mondiale. Même si certains indices laissent espérer une stabilisation de la situation et un redémarrage de la croissance en Allemagne, il faut aussi s'attendre à de nouveaux revers, tant on peut s'interroger, dans la situation présente, sur le caractère durable de cette stabilisation. Sebatian Dullien enseigne à l’Ecole supérieure de technologie et d’économie(Hochschule für Technik und Wirtschaft) de Berlin; Hansjörg Herr enseigne à l’Ecole supérieure d’économie et de droit(Hochschule für Wirtschaft und Recht) de Berlin; Christian Kellermann dirige le bureau scandinave de la Fondation Friedrich-Ebert à Stockholm. Extrait du livre éponyme qui vient de paraître aux éditions Transcript Verlag, préfacé par Gesine Schwan On n'en a pas fini avec la gestion de la crise. L’élément ayant engendré la chute de l’économie mondiale est précisément celui qu’on a considéré, au cours des dernières années, comme le principal moteur de sa croissance: l’imbrication croissante des marchés internationaux des capitaux et du commerce mondial, soutenu par des instruments financiers de plus en plus sophistiqués, qui ont permis d’engranger des bénéfices toujours plus considérables. La crise a montré que le système financier mondial ne permettait aucunement d’endiguer les conséquences néfastes de l’éclatement de la bulle immobilière américaine, mais agissait même comme un amplificateur mondial de l’effondrement de l’économie. Peu de temps après le déclenchement de la crise, un consensus a émergé: on ne pouvait pas continuer ainsi, au moins en ce qui concerne la réglementation des marchés financiers. Rapidement, il est apparu que ces marchés financiers, qui pendant longtemps ont été insuffisamment régulés, étaient la cause principale du désordre mondiale. Ceux-ci avaient développé à côté du système économique« normal» une sorte d’univers parallèle dans lequel même les initiés avaient parfois du mal à se retrouver. L’échec de l’autorégulation libérale des marchés financiers a d’ailleurs été le point de départ des initiatives des vingt« plus grandes puissances mondiales»(le G20) en faveur d’une réglementation des marchés financiers mondiaux. Ensemble, les membres du G20 veulent désormais lutter contre l’absence de réglementation des transactions et des acteurs financiers. Leur objectif englobe la recherche d’une plus grande Friedrich-Ebert-Stiftung, 41bis, bd. de la Tour-Maubourg, F- 75007 Paris, Tel.+33 1 45 55 09 96
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