CHAPITRE I ainsi très« judiciarisée», avec des phases d'audition, d'instruction, etc. La décision finale revient au Président de la République, autorité qui, ainsi, nomme et révoque formellement les membres de la Commission électorale. Il doit cependant agir, précise la loi ghanéenne,« en conformité» avec les recommandations du« Comité» composé de 5 membres dont 3 Magistrats. On peut donc penser que la compétence présidentielle de révocation est« liée», qu'elle n'est pas libre. Dans le cas du Sénégal, il est prévu que la cessation du mandat de membre de la CENA intervient sur démission de la personne ou en cas de survenance d'une incapacité physique ou mentale constatée par un médecin désigné par le conseil de l'ordre après avis conforme de la CENA. D'autre part, si l'empêchement d'un membre se prolonge au-delà de 5 réunions statutaires de la Commission, il est mis fin au mandat de l'absent, et un décret pourvoit à son remplacement par une autre personne issu de la même institution qu'elle« représentait». Ce nouveau membre termine le mandat en question. En dépit de ces garanties statutaires visant assurer la stabilité des fonctions, les membres de la C.E.N.A ne sont pas totalement à l'abri des foudres de l'exécutif. En témoigne l'épisode malheureux de la démission du Président Moustapha TOURE sur demande du Président de la République. L'ancien président de la CENA déclare:« Le Président de la République m'a demandé de venir le voir en audience et celle-ci a eu lieu le 5 novembre 2009 au palais de la République. Quand je suis arrivé à son bureau, il m'a parlé clairement, en expliquant que je n'avais plus sa confiance. Il a répété plusieurs fois cette phrase:''vous êtes contre moi, vous combattez mon parti». Et le président démissionnaire de la C.E.N.A de poursuivre pour fournir davantage de précisions sur les intentions du chef de l'Etat:« Etant donné que vous n'avez plus ma confiance, ajoutait-il, je vous demande de me remettre le mandat que je vous avais confié, quand cette confiance perdue était là. J'ai demandé au Président de la République de m'accorder un délai de réflexion pour lui donner ma réponse. Il a répondu non, il fallait que je sorte de l'audience avec la démission posée sur la table. Je n'ai pas obéi, je savais que les caméras de la télévision étaient disposées pour recueillir ma déclaration. Pour moi, il n'était pas question de céder, car il fallait que je consulte, après réflexion, ma famille, mes amis et certains de mes proches. Je comprenais les intensions du chef de l'Etat. Je devais cependant tenir compte de quelque chose qui nous dépasse tous les deux: l'avenir du pays et la conduite de son destin. Or, prendre une décision comme celle que le chef de l'Etat exigeait de ma part, méritait bien un délai de réflexion, car l'avenir politique était effectivement en jeu». Interview de Moustapha TOURE, Président de la C.E.N.ALes péripéties qui ont conduit à cette démission montrent qu'en dépit des garanties textuelles, le statut de membre de la C.E.N.A exige des hommes de caractère capables de tenir tête et de résister à toute à toutes les pressions.(Voir La Gazette du Pays et du Monde n° 37, du 10 au 17 décembre, p. 11). 26 Les Commissions Electorales en Afrique de l'Ouest, Analyse Comparée
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Les commissions électorales en Afrique de l'Ouest : analyse comparée
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