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La sortie du nucléaire en Allemagne : les raisons et la stratégie d'une nouvelle politique énergétique
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Analyses et documents 1 ANALYSES ET DOCUMENTS Bureau de Paris Août 2011 La sortie du nucléaire en Allemagne Les raisons et la stratégie d'une nouvelle politique énergétique Reinhart W. Wettmann L'abandon du nucléaire par l'Allemagne agite depuis juin 2011 les médias et les partis politiques français. La France se soucie à la fois des futures importations d'électricité de l'Allemagne et de la campagne en vue des élections de 2012. L'augmentation du nombre des emplois dans le secteur des énergies renouvelables en Allemagne attire elle aussi l'attention. Pour les médias alle­mands, c'est surtout le débat suscité par la centrale nucléaire de Fessenheim qui donne l'occasion d'évoquer les réactions françaises. Quelles sont les grandes étapes de la sortie du nucléaire? En juin 2011, l'Allemagne a décidé la mise à l'arrêt de l'ensemble de ses 17 centrales nu­cléaires(28 réacteurs) d'ici à 2021/2022. Peu après Fukushima, les 8 premières ont été mises hors service(8,5 gigawatt/GW). Les autres doivent suivre progressivement. 8 nouvelles lois ont été adoptées pour enca­drer la sortie du nucléaire, le développement des énergies renouvelables, la création de nouveaux réseaux et capacités de stock­age, les économies d'énergie et l'efficacité énergétique. De nombreuses autres régle­mentations suivront. L'Office fédéral des car­tels a déjà mis en garde contre une interven­tion excessive de l'Etat. Pourquoi la sortie du nucléaire est-elle un choc pour l'Europe? La nouvelle politique énergétique allemande modifie sérieusement la donne en Europe: pour les partis politiques et l'industrie en Al­lemagne, éventuellement pour la cam­pagne électorale de 2012 en France et pour le marché commun de l'énergie en Europe le sujet est presque aussi explosif que la crise de l'euro. Avec la décision de juin 2011, l'Alle­magne revient à la sortie du nucléaire à l'horizon 2020 engagée par le gouver­nement Schröder en 2001, qui avait fait l'objet d'un accord avec les producteurs d'électricité. A l'époque, l'Europe n'avait guère prêté attention à cette décision de la coalition rouge-verte. Fin 2010, le gouvernement d'Angela Merkel avait décidé de prolonger jusqu'en 2033/2038 la durée de fonctionnement des réac­teurs en service(Plan Merkel 2010), avant de revenir sur la décision du gouverne­ment Schröder en juin 2011. Ce nouveau changement de cap a provoqué un choc, en Allemagne comme en Europe. A court terme, il s'explique de deux fa­çons: suite à l'effondrement de son par­tenaire de coalition, la chancelière a be­soin des Verts pour constituer un nou­veau gouvernement en 2013. Reinhart W. Wettmann, LL.M.(Univ. of Pennsylvania Law School), avocat, ancien directeur de la Prognos S.A., Bâle, une des plus anciennes sociétés de conseil en Europe et de la Fondation Frie­drich Ebert, Caracas. Conseiller juridique et économique dorganisations internationales Friedrich-Ebert-Stiftung, 41bis, bd. de la Tour-Maubourg, F- 75007 Paris, www.fesparis.org