acteurs qui réussissent leur action et ceux qui enregistrent des résultats négatifs comme des acteurs qui échouent dans la conduite de leur action. Les attentes des participants sont claires sur cette question. Les participants ont aussi évoqué la collaboration entre les IPSO et le pays hôte et expliqué que la qualité de cette collaboration est un critère de succès ou d’échec. À ce propos, plusieurs participants ont indiqué que les IPSO sont dans le pays pour accompagner l’État et non pour le combattre comme l’illustre cet extrait d’entretien:« On ne peut pas venir imposer un diktat à un Etat souverain mais; si vous venez en tant que partenaire dans le cadre d’une bonne collaboration; vous devrez vraiment collaborer avec cet État»(un représentant de l’Etat interrogé à Bamako). La communication a aussi été citée parmi les critères d’évaluation des IPSO, de même que la prise en compte des préoccupations des populations. Ils ont estimé à ce niveau que les IPSO qui ne communiquent pas sur leur action et qui ne prennent pas en compte les besoins des populations dans leur action ne peuvent pas réussir leur mission qui est celle d’instaurer la paix, la sécurité et la stabilité. A ce propos, le passage ci-après peut être cité:« Il faut que ces missions-là prennent en compte vraiment les préoccupations de la population au niveau national pour améliorer ces missions»(un représentant du secteur privé interrogé à Mopti). 2.3 Conditions de sortie des IPSO Interrogés sur les conditions justifiant le départ des IPSO du Mali et les circonstances dans lesquelles un éventuel retrait devrait se faire, l’un des principaux éléments qui sont apparus est le manque de résultat. À ce propos, les participants estiment dans une écrasante majorité que le manque de résultat est un motif de départ du pays car il montre l’incapacité des IPSO à répondre aux défis du pays et aux besoins des maliens. Cela est illustré par l’extrait ci-après:« En tout cas, ce qui est sûr, une mission qui s’installe, qui ne résout pas le problème de sécurité, elle finira par être vomie par la population. La population finira par dire qu’elle en a assez, et c’est ce qui se passe»(un représentant des leaders religieux interrogé à Bamako). Le deuxième élément qui est apparu est la montée en puissance des Forces Armées Maliennes (FAMa) accompagnée du retour progressif de l’administration dans certaines localités. Avec cet élément, de l’avis des participants, les IPSO perdent leur raison d’être dans ces localités et devraient à ce titre les quitter et accompagner la montée en puissance des FAMa et le retour de l’administration dans d’autres localités où cette puissance et ce retour ne sont pas encore effectifs. Un autre élément qui est apparu est l’opinion publique nationale. À ce niveau, les participants ont indiqué que les IPSO doivent prendre en compte la volonté des maliens, laquelle volonté est perceptible à travers leur popularité qui décrit l’adhésion des populations à leur action. Ils ont rappelé que le dialogue avec les populations et la prise en compte des aspirations du peuple sont capitales, comme le montrent ces deux extraits:« Il faut que l’on voie l’aspiration de la population, ce à quoi la population aspire et c’est sur ça que le pouvoir public doit travailler. C’est aussi sur ça que les missions qui viennent pour aider doivent travailler »(un représentant des élus interrogé à Bamako). Ils ont aussi précisé que le respect des choix stratégiques du Gouvernement malien est important. Selon eux, le Gouvernement peut, à lui seul, décider du retrait d’un IPSO, d’où la nécessité de leur point de vue de se concerter en permanence avec l’État malien. Concernant les sorties à proprement parler, les participants ont évoqué leur préférence pour les sorties moins bruyantes et plus discrètes. Ce constat s’appuie sur des extraits comme celui qui suit:« Nous, la population, on ne doit pas être au courant de ça, c’est-à-dire la discrétion»(un représentant de la société civile interrogé à Mopti). Un dernier élément qui est apparu est la vie des IPSO. À ce sujet, les participants ont rappelé que chaque mission a un début et une fin et qu’à la fin des missions, les IPSO devraient penser à partir si les résultats sont atteints. Plusieurs participants 14 PERCEPTIONS DES MALIENS SUR LES OPÉRATIONS INTERNATIONALES DE SOUTIEN À LA PAIX
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Perceptions des Maliens sur les opérations internationales de soutien à la paix
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