Sur la question du soutien des IPSO au processus de transition, les avis des participants sont divisés. A ce titre, il y a ceux qui pensent que les IPSO doivent soutenir la transition politique et ceux qui pensent le contraire. Ceux qui sont pour le soutien estiment que seule une bonne transition politique conduira le pays vers une bonne démocratie, une paix durable et une sécurité acceptable pour les Maliens et leurs partenaires. Ceux qui pensent que les IPSO ne doivent pas soutenir la transition politique croient que le processus de transition politique n’est aucunement du ressort des IPSO. Pour eux, la transition politique est une affaire interne qui ne concerne nullement les IPSO qui, de leur point de vue, n’ont aucune mission politique. 2.6 Relations entre les IPSO et les parties non-étatiques aux conflits Les questions en lien avec cette thématique n’ont pas été aisées à administrer en raison des réticences et des confusions qui encadrent le concept de“parties non étatiques au conflit”. Pour les uns, par opposition, ce concept sous-entend l’existence de parties étatiques aux conflits. Ce qui, pour eux, n’est pas acceptable quand on parle d’un État qui cherche à instaurer la paix et la sécurité sur son territoire en luttant contre des réseaux criminels, terroristes et insurrectionnels. Pour d’autres, le concept fait référence aux groupes séparatistes qui ont signé l’Accord pour la Paix et la Réconciliation de 2015, aux milices d’autodéfense et aux groupes terroristes et extrémistes(affiliés à al-Qaïda et l’État Islamique). Parlant des Relations entre les IPOS et les parties non-étatiques aux conflits, les participants ont indiqué que les IPSO jouent un rôle important d’interposition entre l’État et ces parties en dénonçant quelques frustrations à l’égard de ce qu’ils qualifient de traitement différencié entre les différentes communautés de la part de la MINUSMA. Plusieurs participants estiment aussi que la force française Barkhane apportait un soutien financier et matériel aux groupes terroristes. Ces accusations circulent dans la population malienne depuis plusieurs années, comme le montre le passage ci-après: « C’est la France qui en train d’aider les terroristes, qui fournit les informations et renseignements, c’est la France qui prend la position de l’armée Malienne pour remettre aux terroristes. Il y a de bonnes relations, sinon une très bonne relation entre la France et les terroristes»(un représentant de la presse interrogé à Bamako). 2.7 Relations entre les IPSO et les collectivités territoriales Les avis des participants sont partagés sur cette question. Pour les uns, il ne revient nullement aux IPSO d’entretenir des relations avec les collectivités territoriales. Pour eux, bien que le Mali soit un pays administrativement décentralisé, il reviendrait exclusivement à l’État de coopérer avec elles. Toute IPSO voulant collaborer avec une collectivité devrait, selon eux, d’abord passer par l’État et entretenir de bonnes relations avec celui-ci. Le passage suivant est cité à cet effet :« Il ne peut avoir de relations, à mon avis, entre les collectivités et ces missions sans avoir des relations entre ces missions et l’État puisque les collectivités sont des démembrements de l’État »(un représentant des élus interrogé à Bamako). Ces participants ont avancé que les collectivités territoriales ont plus un rôle d’exécution des directives de l’État. L’extrait d’entretien suivant permet d’illustrer ce point: PERCEPTIONS DES MALIENS SUR LES OPÉRATIONS INTERNATIONALES DE SOUTIEN À LA PAIX 17
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Perceptions des Maliens sur les opérations internationales de soutien à la paix
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