« Le Mali est un pays décentralisé, composé de communes, de cercles et de régions; ce sont comme des démembrements de l’État. Ces missions, si elles viennent, c’est l’État le point le plus important. C’est l’État qui décide et les collectivités à un certain niveau exécutent. Ces missions, si elles ne sont pas en de bons termes avec l’État, leur mandat et projets ne seront pas réalisés puisque comme vous le savez, l’insécurité c’est dans les communes, les villages et dans les fractions[...] Si vous n’ êtes pas en bonne relation avec l’État, vous ne serez pas en bonne relation avec les collectivités puisque tout ce que l’État décide c’est ce que les collectivités exécutent»(un représentant de la société civile interrogé à Bamako) Les participants ont ajouté que toute forme de collaboration n’impliquant pas l’État peut engendrer des conflits. À ce sujet, un participant à mentionner des relations conflictuelles dans une collectivité en faisant référence à un incident dans lequel une patrouille d’un IPSO n’aurait pas informé la gendarmerie sur sa venue et sa présence dans une localité, comme le montre cet extrait d’un entretien: « Il n’y a pas de bonne relation entre certaines missions et les collectivités. La mission de l’Union Européenne(EUTM) dont je vous ai parlé était très fréquente chez nous à Barouéli et Konobougou. En ce moment j’étais à Barouéli, elle venait en patrouille sans informer la gendarmerie et ça s’est fait entre 2021 et 2022. Elle venait sans nous informer. Ils se sont même, une fois, disputés avec le chef de brigade lors d’une de leur patrouille. La gendarmerie m’a saisi par rapport à ça et je leur ai dit que je n’étais pas informé de leur arrivée et que je ne pouvais rien faire. Une fois, ils ont même effrayé la population avec l’atterrissage d’un hélicoptère à Kalako. Le maire aussi m’a interpellé par rapport à ça. Tout ça pour vous dire qu’ils n’ont pas de bonnes relations avec la collectivité. Ces missionnaires n’acceptent jamais que l’on s’approche d’eux et que l’on prenne leur photo. Ils ne font jamais de compte rendu à qui que ce soit. Pas d’explication sur leur présence»(un représentant de l’Etat interrogé à Bamako). Pour les autres, les IPSO pourraient entretenir des relations avec les collectivités notamment dans le domaine de l’information et du renseignement. Ces derniers estiment même que les IPOS ne pourraient pas connaître de succès sans un partenariat avec les collectivités territoriales dans leurs zones d’intervention. Cela est illustré par le passage qui suit: « L’insécurité c’est au niveau des collectivités, des villages et des fractions. Donc, il faut une étroite collaboration entre ces forces et les collectivités. Souvent, ces collectivités peuvent jouer le rôle d’information et donner des informations fiables à ces missions. Si vous ne travaillez pas en étroite collaboration avec ses collectivités, je vois mal les missions que vous allez exécuter sur le terrain»(un représentant de l’Etat interrogé à Bamako). L’étude n’a pas permis de mesurer le degré et la qualité des relations entre les IPSO et les collectivités territoriales. Cela pourrait faire l’objet d’une autre étude. 18 PERCEPTIONS DES MALIENS SUR LES OPÉRATIONS INTERNATIONALES DE SOUTIEN À LA PAIX
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Perceptions des Maliens sur les opérations internationales de soutien à la paix
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