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L' Allemagne et le partage nucléaire : appel à un débat franc et nécessaire sur la stratégie de défense et de sécurité
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FES PARIS LALLEMAGNE ET LE PARTAGE NUCLÉAIRE Appel à un débat franc et nécessaire sur la stratégie de défense et de sécurité Rolf Mützenich Mai 2020 Dans une précédente interview, il ma été donné de mexpri­mer contre une participation prolongée de lAllemagne au dispositif du partage nucléaire et contre le remplacement par de nouvelles ogives atomiques des armes nucléaires améri­caines actuellement stationnées à Büchel. Les critiques ne se sont pas fait attendre, mais cette prise de position a égale­ment reçu un certain nombre de soutiens. Il sagit denga­ger avec franchise et en toute transparence un débat sur le bien-fondé du partage nucléaire. Ce débat est dautant plus nécessaire quun nouveau système de support balistique est en passe dêtre adopté et que les Etats-Unis réfléchissent dé­sormais à lidée de riposter rapidement, en cas de guerre, avec des armes nucléaires dotées dune charge explosive réduite. Voilà qui devrait tomber sous le sens dans un régime démo­cratique, y compris dans lintérêt de nos alliés et partenaires au sein de lOTAN. Le SPD continue de défendre un renforcement des relations transatlantiques et de plaider en faveur dune participation politique de lAllemagne à la planification de la stratégie nucléaire au sein du Groupe des plans nucléaires(NPG) de lOTAN. LAllemagne se concerte au sein de ce groupe avec 25 autres Etats membres de lOTAN ne disposant pas de larme atomique, et qui, pour une partie dentre eux, ont dores et déjà exclu le stationnement darmes nucléaires sur leur terri­toire en période de paix. Toutefois, le SPD nignore pas que la Bundeswehr doit trouver un nouvel avion de combat pour succéder aux vétustes Tornados et ne réclame pas une dénu­cléarisation séance tenante de lOTAN. Le SPD réclame sur­tout la mise en œuvre dinitiatives nouvelles et louverture de discussions relatives au désarmement et au contrôle des armements, à la manière dont le ministre des Affaires étran­gères, Heiko Maas, sen est fait lécho avec force dengage­ment au sein des Nations Unies et dans le cadre de« linitia­tive de Stockholm ». Il ne fait aucun doute que le désarmement et le contrôle des armements ne peuvent être menés à bien quà la condition de prendre en compte plusieurs problématiques contradic­toires, au-delà du seul démantèlement de larsenal nucléaire stationné en Allemagne. Conscient des risques sécuritaires et de la déstabilisation internationale qui en découle, le SPD ne se berce pas dillusions quant aux ambitions russes. Le SPD ne ferme pas davantage les yeux devant le réarmement russe et en particulier limportant arsenal nucléaire tactique qui met lEurope à immédiate portée de tir. Cest également la raison pour laquelle le SPD sengage depuis plusieurs an­nées en faveur dun accord de désarmement sur les armes nucléaires tactiques en Europe. Le SPD ne fait donc pas du stationnement des armes nucléaires en Allemagne la seule et unique problématique sécuritaire à laquelle nous nous voyons confrontés. Cependant, je récuse avec la plus grande fermeté le reproche selon lequel le SPD défendrait un pacifisme« à lallemande », nouvel avatar de léternel Sonderweg allemand. Ce terme renvoie dordinaire au funeste cours emprunté par lhistoire allemande, à lorigine des deux guerres mondiales. Des mil­lions dindividus en Europe et à travers le monde, tout comme nous autres sociaux-démocrates durant notre longue histoire, ont souffert de ce Sonderweg. Ce reproche infondé na donc manifestement pas dautre but que celui détouffer toute ten­tative de débat sur le désarmement. Dans ce débat sur lévolution future du partage nucléaire, il sagira en clair de savoir si le stationnement dun arsenal nu­cléaire tactique en Allemagne et en Europe(Pays-Bas, Italie, Belgique, Grande-Bretagne et Turquie) accroît effectivement la sécurité de lAllemagne et de lEurope ou si au contraire ces armes nucléaires en provenance des Etats-Unis ne seraient pas entre-temps devenues obsolètes. Il nous faut donc mener en Allemagne, et en concertation avec nos partenaires européens au sein de lOTAN, un vaste débat public sur le bien-fondé ou au contraire linutilité de la dissuasion nucléaire et interroger ce faisant la capacité de lUnion européenne à simposer sur la scène internationale en matière de défense et de sécurité. Dans ces conditions, qui reste finalement aveugle à la nouvelle donne géopolitique ? Ceux qui réclament un désarmement progressif et la fin de la contribution opérationnelle de lAllemagne au dispositif du partage nucléaire ? Ou bien ceux qui persistent naïvement à 1