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L' alliance pour le multilatéralisme : quelle stratégie face au nouveau désordre mondial?
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FES PARIS LALLIANCE POUR LE MULTILATÉRALISME Quelle stratégie face au nouveau désordre mondial? Décembre 2019 Par Nils Schmid Nous vivons à une heure la carte des relations internatio­nales décrit léquivalent de mouvements de plaques tecto­niques sur la litosphère : après avoir connu le monde bipolaire de la Guerre froide, puis, à partir de la chute du Rideau de fer, une brève période de domination principalement améri­caine, nous voici désormais plongés dans une ère dinstabilité, au cœur dun nouveau désordre mondial. Malgré la diversité des causes à lorigine de cette nouvelle ère de confusion in­ternationale généralisée, une raison principale simpose : les Etats-Unis se détournent complètement ou en partie des ins­titutions internationales, piliers du multilatéralisme, quils ont pourtant jadis eux-même contribué à fonder. Un président imprévisible occupe le Bureau ovale, préfèrant agir seul plutôt quen concertation avec ses alliés. Profitant du vide politique laissé par le retrait des Etats-Unis qui occu­paient jusqualors le rôle de gendarme du monde, la Russie accroît dans le même temps sa zone dinfluence dans les pays limitrophes et menace notre architecture de sécurité euro­péenne par une politique étrangère agressive. Porté par son essor économique des dernières décennies, lempire du Mi­lieu, le géant chinois, entend quant à lui défendre ses intérêts à léchelle internationale comme acteur à part entière. Le danger dune escalade entre les grandes puissances de­vient toujours plus pressant. A léventualité dun conflit entre grandes puissances sajoute la montée en force de partis po­litiques nationalistes et populistes dans des pays de moindre importance, y compris dans la partie occidentale du globe. « Imposer ses propres intérêts au mépris des autres », tel pour­rait être le véritable slogan politique des Trump, Xi, Poutine, Bolsonaro et autres« hommes forts » de ces pays frappés par le populisme. Pas de quoi créér les conditions favorables à une coopération internationale placée sous le signe du mul­tilatéralisme. LAllemagne a su tirer profit, comme nul autre pays, de la stabilité de lordre mondial durant les dernières décennies. Economie exportatrice, lAllemagne doit aussi son succès à lessor du commerce international et au respect de règles et de normes internationales à travers le monde. Condition né­cessaire, la libre circulation des biens nest cependant pas une condition suffisante pour les performances économiques de lAllemagne : celles-ci requièrent également une libre circula­tion mondiale didées, de savoirs, de données et de capitaux. Puissance moyenne au cœur de lEurope, lAllemagne ne saurait faire valoir ses propres intérêts nationaux sur la scène internationale autrement quen concertation avec les autres Etats. Que lon parle du dérèglement climatique, du terrorisme international ou des opportunités et dangers conjoints que représentent lessor du numérique et les flux migratoires, un tour dhorizon des principaux défis transnationaux du 21ème siècle nadmet dautre conclusion que celle-ci : seule la coo­pération internationale permettra de résoudre ces défis. Le maintien dun ordre international fondé sur des règles et des normes, associé au renforcement de la coopération fondée sur les principes du multilatéralisme sont donc les missions clés de la politique étrangère allemande. Une politique étrangère sociale-démocrate est une politique de la paix en faveur de la compréhension entre les peuples et du dialogue entre les Etats. Le succès de cette politique passe nécessairement par la coopération avec les autres pays, car cest dans lunion quémerge la paix, pas dans laffrontement. Une politique étrangère sociale-démocrate défend des condi­tions équitables dans les échanges commerciaux internatio­naux et une mondialisation soucieuse du développement durable ; elle promeut le désarmement, la non-prolifération nucléaire et un contrôle des exportations darmes ; enfin, elle défend les valeurs démocratiques et les droits de lhomme à travers le monde. Pour nous, sociaux-démocrates, la coopération internationale et le multilatéralisme ne sont pas quun instrument mais le socle de notre ADN en matière de politique étrangère, raison pour laquelle nous pouvons défendre le maintien du multi­latéralisme avec une vraie force de conviction. A cet égard, il est parfaitement logique que les sociaux-démocrates aient 1