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Le réseau 5G en Europe à l'heure du Coronavirus
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FES PARIS LE RÉSEAU 5G EN EUROPE À LHEURE DU CORONAVIRUS Par Jens Zimmermann Avril 2020 Alors que sévit la pandémie du coronavirus, le débat portant sur le déploiement du réseau de télécommunications de der­nière génération, le réseau 5G, a été mis entre parenthèses. Pandémie et nouveau standard de télécommunications ont pourtant bien plus à voir ensemble quil ny pourrait paraître au premier abord. Terme en vogue, la 5G désigne un stan­dard de téléphonie mobile et de connexions internet mobiles, le niveau supérieur par rapport à notre actuel réseau 4G. Le standard 5G se distingue des précédents standards principa­lement par ses performances, préalable à léconomie du futur, et en particulier à limbrication technique des processus de fabrication, des chaînes de distribution et des échanges din­formations entre machines elles-mêmes. Si la crise du coronavirus occupe en ce moment le devant de la scène, il nen reste pas moins que les problématiques sou­levées par ce contexte de pandémie sont indissociables des problématiques relatives au développement du réseau 5G, à commencer par la délimitation des libertés et des droits fon­damentaux essentiels à nos sociétés. A cet égard, la réponse apportée par la Chine est différente de la réponse fournie par les pays européens. Ainsi, la réponse chinoise reflète les intérêts et les valeurs de la Chine : labandon inconditionnel de toute sphère privée, le contrôle absolu de lEtat sur les technologies, de nouveaux moyens au service dune surveil­lance totalitaire de la population. Autant de dérives incompa­tibles en somme avec nos valeurs européennes quincarnent lattachement à la démocratie libérale et la défense des droits de lhomme. Le réseau 5G constituera la principale infrastructure de tous les secteurs économiques du futur. Lune de nos priorités les plus absolues doit être la sécurité du système. Dans le même temps, le« risque zéro » en matière de sécurité des systèmes technologiques nexiste pas : le progrès technologique va trop vite tandis que les relations entre centre et périphérie du réseau sont trop étroitement enchevêtrées pour assurer une sécurité infaillible. Les mesures de sécurité les plus drastiques ne sauraient prévenir entièrement lexploitation des failles du système à des fins despionnage ou de sabotage. Dès lors que la sécurité du système technologique ne peut précisément pas être garantie à 100 %, la question de la confiance accordée aux fournisseurs déquipements technologiques supposés in­tègres, ainsi quau système juridique du pays qui héberge ces fournisseurs, se pose avec dautant plus dacuité. Quand bien même pourrions-nous nous fier aux entreprises chinoises, qui pourrait garantir que celles-ci ne sont pas contraintes, dans le cadre dun régime autoritaire, de collaborer avec les services de renseignement ou avec larmée ? Ce faisant, le débat autour de la 5G a également eu des ré­percussions sur les relations transatlantiques. Divers médias sen sont déjà fait lécho : lannée dernière, un porte-parole de lambassade américaine à Berlin prévenait que la coopération et léchange dinformations entre services de renseignement allemands et américains seraient menacés si lAllemagne avait recours à des partenaires« suspects » pour le déploiement dun réseau 5G. Les Etats-Unis ont quant à eux dores et déjà exclu tout recours au secteur chinois des nouvelles technolo­gies de linformation et de la communication(NTIC). Parallèlement, la Chine mettait en garde lAllemagne en fai­sant savoir quun boycott des entreprises chinoises ne reste­rait pas sans conséquences, alors que le volume des échanges commerciaux entre lAllemagne et la Chine avoisine la baga­telle de 200 milliards deuros. Les véritables intérêts euro­péens semblent parfois passer à la trappe au regard dautres enjeux tels que le sommet Union européenne-Chine prévu de longue date pendant la présidence allemande du Conseil de lUE au second semestre 2020, la dépendance de notre mar­ché import-export vis-à-vis de léconomie chinoise et le posi­tionnement de lUE au sein du rapport de forces des grandes puissances mondiales. La Grande-Bretagne, quant à elle, a opté pour une solution de compromis : le cœur du réseau 5G ne devra pas être dé­ployé au moyen déquipements techniques dorigine chinoise, lesquels pourront en revanche être utilisés pour la périphérie du réseau. Au total, les équipements chinois ne devront pas excéder 35 % de lensemble des infrastructures du réseau, décision fraîchement accueillie par les Etats-Unis. Une autre solution consisterait à miser sur une offre européenne comme 1