Décembre 2018 La gouvernance de la migration malienne à l’épreuve des injonctions contradictoires de l’UE Dr Bréma Ely DICKO La question de la migration est au cœur de l’agenda national et international. Les Maliens sont au-devant de la scène médiatique dans un contexte d ’asymétrie des rapports avec l’U nion européenne. Au Mali, le phénomène migratoire se caractérise par son historicité, son ampleur et sa complexité. La migration malienne est multiséculaire et concerne toutes les régions du pays(Gary-Tounkara, 2008; Lecomte, 2009; OIM, 2009). Les deux types de migration interne et internationale coexistent depuis fort longtemps. Majoritairement masculine et adulte à ses débuts, cette migration malienne s’est féminisée et rajeunie au fil des années(Quiminal, 1991). Diverses sources statistiques fournies par l’Enquête Malienne sur la Migration et l’Urbanisation réalisée en 1996 dans le cadre du Réseau Migration et Urbanisation en Afrique de l’Ouest(REMUAO), le Recensement Général de la Population et de l’Ha bitat(RGPH) de 2009 soulignent que plus de 50% des migrants internes sont âgés de moins de 30 ans. Les tranches d’âges les plus concernées par la migration interne sont les 10-14 ans, les 15-19 ans et les 20-24 ans(CERPOD, 1996; OIM/UNICEF 2017). De nos jours, la migration interne est autant développée que la migration internationale. Le phénomène touche aussi bien les femmes que les hommes. Les jeunes sont plus concernés(10 à 35 ans) par la migration à cause du chômage que les personnes âgées. En raison de la pauvreté, de la faiblesse du capital humain et de la quasi-inexistence des opportunités d’emplois non agricoles, le milieu rural constitue le principal pourvoyeur de la migration au Mali. Le District de Bamako est le point nodal des flux migratoires dans le pays en raison de sa centralité économique et de son accessibilité. La capitale est suivie dans le classement par la région de Ségou qui offre des potentialités économiques importantes. Une migration à l’intérieur d’autres régions du pays s’obser vent également avec des impacts positifs pour les zones d’émigration à l’instar de la région de Kayes. La diaspora malienne contribue au développement du pays à travers des envois de fonds qui s’élevaient en 2017 à plus de 538 milliards de Francs CFA. Les migrants maliens réalisent des investissements dans tous les secteurs de la vie socioéconomique. La prise en charge des dépenses familiales ainsi que la construction de mosquées, d’espaces pour les jeunes, de châteaux d’eau sont à leur actif. Les migrants ont construit des pistes rurales, des mini barrages et ils ont réalisé des investissements agricoles comme l’aménagement de périmètres irrigués(cas de Somankidi coura et de Yélimané dans la région de Kayes). En plus des projets structurants dans le cadr e de l’entreprenariat, il convient de signaler l’existence d’i nvestissements symboliques à l’instar des maisons en parpaing, des villas et immeubles en ville tout comme au village, l’achat de voitures d’occasion et/ou de luxe , de motos, et d’autres biens i mportés(TV, smartphone, tablette, réfrigérateurs, micro-ondes, etc.).
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La gouvernance de la migration malienne à l'épreuve des injonctions contradictoires de l'UE
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