Octobre 2018 « Pacte pour la Paix au Mali» : Nouvel outil de décision de l’ONU au Mali? Abdourhamane DICKO En mai et juin 2015, le Gouvernement du Mali et les mouvements armés ont signé à Bamako, à la suite d’un long processus de négociation, et sous l’égide de l’Algérie comme Chef de file de la Médiation internationale et avec le soutien de la Communauté internationale, un accord de paix intitulé Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger. Trois ans après cette signature, les résultats concrets et tangibles en faveur des populations en termes de dividendes de paix se font encor e attendre. C’est la raison pour laquelle le Gouvernement de la République du Mali et les Nations unies ont conclu, le 15 octobre 2018 à Bamako, un« Pacte pour la Paix au Mali» en vue de donner un nouveau souffle à la mise en œuvre de l’Accord pour la pa ix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger. Un« Pacte pour la paix»: pourquoi? La justification d’un« Pacte pour la paix» réside dans les pertinentes résolutions de de l’Org anisation des Nations unies (ONU), notamment la Résolution 2432 adoptée le 30 août 2018 par laquelle l’organisation a exprimé sa profonde frustration quant au retard dans la mise en œuvre de l’Accord nonobstant l’accompagnement de la Communauté internation ale. L’ONU a aussi exprimé« sa vive impatience face aux retards persistants pris dans l’application intégrale des principales dispositions de l’Accord » et soulignant qu’il était« absolument urgent que le Gouvernement malien et les groupes armés(la Plateforme et la Coordination des Mouvements de l’Azawad , CMA) prennent des mesures sans précédent pour s’acquitter pleinement et rapidement de leurs obligations restantes au titre de l’Accord ». Déjà, dans la Résolution 2423 adoptée le 28 juin 2018, le Conseil de sécurité exprimait sa préoccupation par rapport aux « retards qui persistent, s’agissant de la pleine mise en œuvre de l’Accord, trois ans après sa signature » et soulignait qu’il « faut de toute urgence distribuer des dividendes de la paix qui soient concrets et visibles à la population dans le nord et dans d’autres régions du Mali afin de préserver la pertinence de l’Accord et d’empêcher un éventuel retour en arrière. » Elle notait également que« la lenteur des progrès accomplis dans la mise en œuvre de l’Accord, notamment des dispositions portant sur la défense et la sécurité, ainsi que les retards pris dans la réforme du secteur de la sécurité entravent les efforts visant à rétablir la sécurité dans le nord du Mali»; elle soulignait que« l’ accélération de la mise en œuvre de l’Accord participerait à renforcer la présence de l’État et à améliorer les conditions de sécurité sur tout le territoire malien ainsi qu’à déjouer les tentatives de groupes terroristes qui visent à faire échouer la mis e en œuvre de l’Accord. » En clair, l’ONU n’est pas satisfaite du Mali (Gouvernement et groupes armés) mais aussi d’elle -même. Et, les raisons sont nombreuses. C’est pourquoi l’ONU a recommandé« des mesures adéquates en vue de la conclusion rapide d’un« p acte pour la paix» entre le Gouvernement
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"Pacte pour la Paix au Mali" : nouvel outil de décision de l'ONU au Mali?
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