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La Constitution de 1992 et les élections dans un contexte de crise multidimensionnelle au Mali
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Mai 2018 La Constitution de 1992 et les élections dans un contexte de crise multidimensionnelle au Mali Dr Harouna DIALLO La problématique de la tenue des élections programmées sest imposée au rang des priorités au Mali depuis lentame de lannée 2018 sous leffet conjugué dun certain nombre de dynamiques dont il nest pas aisé didentifier précisément les liens. La première tient à lannonce de la tenue des dates de lélection présidentielle qui fait entrer le pays dans un cycle électoral marqué par des incertitudes, notamment liée à linsécurité persistante et à la tension qui règne sur la scène politique. Au­delà du résultat de lélection, ce scrutin recouvre plusieurs risques et défis qui doivent être appréhendés, dès à présent, comme susceptibles de faire dérailler le processus. Lun des risques majeurs découle de nombreuses réserves en direction de la non-application, tout au moins en termes dagenda, de l Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus dAlger. En effet, plus ieurs dispositions de cet accord nont même pas connu un début de mise en œuvre. Les griefs tiennent essentiellement de la lenteur du processus de DDR(Désarmement, Démobilisation et Réintégration des combattants), et de la non révision de la Constitution de 1992. La seconde procède de lémergence de réserves formulées de façon récurrente par une partie du microcosme politique. En effet, une frange de lopposition politique malienne soutient quen plus du contexte sécuritaire volatile, les conditions ma térielles dun scrutin crédible ne sont pas réunies. Forte de ce constat, elle réclame la certification par les organes onusiens des résultats de lélection présidentielle. A lanalyse, cette posture est révélatrice des dissensions et des contradictions qui entourent la tenue des élections à venir, et rappelle que la tension nest pas véritablement retombée depuis les débats autour de la révision constitutionnelle avortée de juin 2017. En létat actuel des choses, la situation sécuritaire pousse plus au scepticisme quant à la tenue de ces élections dans toutes les régions. Kayes et Sikasso sont les deux seules régions en dehors de Bamako des élections pourront se tenir sans aucune entrave liée aux accès insécuritaires récurrents. Ailleurs, dans les régions de Koulikoro, Ségou, Mopti et au nord, lincertitude persiste. Le doute demeure dans certains esprits malgré les garanties de sécurisation données par le gouvernement du Mali et les forces étrangères de maintien de la paix.