Jahrgang 
37 (1997) Juden in Politik und Gesellschaft der 1920er Jahre
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311
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Resumes 311

Resumes

Shulamit Volkov

Les Juifs comme les»mandarins« de la science sous lEmpire et dans la Republique de Wei­mar. Nouvelles reflexions quant aux causes sociales qui sont ä lorigine de la reussite scien­tifique des Juifs

Le point de depart de cet article est un article plus ancien de lauteur publie voici une dizaine dannees dans la»Historische Zeitschrift« qui analysait les explications retenues alors pour rendre compte du grand succes que remportaient les Juifs dans les sciences naturelles modernes et dans lequel lauteur soutenait la these selon laquelle cest un rap­port particulier entre l»ouverture« et l»exclusion« que subissaient les Juifs engages dans le systeme universitaire allemand qui leur aurait ouvert la voie de la gloire. En raison de la discrimination antisemite en effet, les Juifs travaillaient dans des»niches« parti­culierement creatrices de la science de lepoque. Cest ainsi que paradoxalement, ils con­nurent l»avantage« de la discrimination. Afin de reevaluer la valeur de ces conclusions, le present article integre deux nouveaux groupes de savants particulierement reconnus, lun constitue de 12 Juifs et lautre de 12 non-Juifs. Lorigine sociale des savants juifs recouvre celle de la minorite juive dans lEmpire allemand mais seloigne en revanche du profil social des non-Juifs etudies en parallele. Tandis que ces derniers proviennent en majorite de la bourgeoisie cultivee, les savants juifs consideres ici sont presque tous issus de la classe moyenne de commercants, ce qui signifie que leurs parents, originaires de la petite classe moyenne, reussirent a leur offrir lacces au savoir necessaire pour me­ner a bien des etudes universitaires, ce qui nest pas sans consequence sur leur carriere. Fritz Rieger a propose de distinguer au sein de la communaute universitaire allemande entre les»orthodoxes« et les»modernistes« et recemment, en se fondant sur le»style de pensee« de chaque savant, on a propose une nouvelle distinction entre les»pragma­tiques« dune part et les»generalistes« dautre part. Malgre leur position sociale et en depit de leur relative independance vis a vis des traditions culturelles allemandes, les sa­vants juifs consideres dans cet article ne sauraient etre ranges parmi les modernistes, ni non plus dailleurs parmi les pragmatiques.

Contrairement ä ce que lon aurait pu sattendre, ils netaient que rarement critiques envers les opinions dominantes dans leur entourage. Ils appartenaient en definitive a la categorie des»generalistes« et partageaient les preferences culturelles de leurs collegues plus traditionnels. Bien que rejetes aux frontieres du monde universitaire, ils avaient pour ambition tant sur le plan scientifique que social de depasser le statut d»outsider« qui leur etait impose pour se fondre ä Vlelite intellectuelle allemande de leur temps.