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L' énergie nucléaire comme trouble-fête du débat politique : la discussion sur la politique énergétique du nouveau gouvernement fédéral
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ANALYSES ET DOCUMENTS Friedrich-Ebert-Stiftung Bureau de Paris 41 bis, boulevard de La Tour-Maubourg 75007 Paris Tel: 00 33(0)1 45 55 09 96 Fax: 00 33(0)1 45 55 85 62 fes@fesparis.org www.fesparis.org Avril 2006 La place faite à la politique de lenvironnement change avec les élections législatives de 1998 et larrivée aux affaires de la coalition rouge-vert. Les deux partis de la coalition sont critiques sur la question de lénergie nucléaire bien avant leur acces­sion au pouvoir. Après la catastrophe de Tchernobyl, le SPD décide dès son Congrès de 1986 dabandonner lénergie nu­cléaire. Les Verts sont quant à eux lémanation du mouvement anti-nucléaire du début des années 1980. On comprend donc que la coalition décide en 2000, en concertation avec la filière énergétique, dabandonner lénergie nucléaire. Cette décision nest cependant pas approuvée par tous les partis. La loi sur lénergie nucléaire, modifiée en 2002, précise que la sortie du nucléaire ne doit pas sopérer brutalement. Les cycles des centrales nucléaires allemandes sont réduits pour que ces dernières ne produisent plus que des quantités limitées délectricité, sur la base dune durée normale de fonctionnement de 32 ans. On déconnecte ainsi progressivement du réseau les centrales en fonction de leur âge, qui est variable; larrêt de la dernière centrale nucléaire est prévu pour 2021. En outre, on naccorde plus aucun permis pour la construction de nouvelles centrales nucléaires ou dinstallations de retraitement des combustibles épuisés. Il est interdit depuis 2005 de retraiter les combustibles épuisés, et de les exporter à cette fin à létranger. La diminution des capacités doit être compensée par dautres sources dénergie, au premier rang desquelles les énergies renouvelables. Le projet du gouvernement rouge-vert comporte un programme de promotion des énergies renouvelables. Les différences idéologiques nexpliquent pas à elles seules la controverse sur ce sujet. Plusieurs facteurs économiques en­trent en jeu dans lapprovisionnement en énergie. Lindustrie a besoin dun approvisionnement en énergie sûr et à un prix inté­ressant, mais les réglementations sappliquent au secteur de lénergie. En outre, lexploitation des centrales nucléaires com­porte des risques imprévisibles. Dune manière plus générale, cest la question de la sûreté de lapprovisionnement qui se pose: elle peut être menacée si lapprovisionnement est trop dépendant des importations. Le débat sur la politique énergétique est rouvert en Allemagne depuis la formation de la grande coalition entre la CDU et le SPD. La CDU/CSU souhaite modifier la loi, mais les partis au gouvernement ne peuvent pas agir lun sans lautre, compte tenu de leur position. Il était prévu de régler cette question début avril, lors dun sommet consacré à lénergie. Mais la solution pour régler ce conflit na pas encore été trouvée. Néanmoins, le gouvernement a décidé que les investissements pour la recherche seront augmentés de deux milliards dEuro jusquen 2009, et que le gouvernement subventionnera fortement les énergies renouvelables. Il est prévu dorganiser un nouveau sommet en septembre, afin de définir lorientation politique du gouverne­ment dans le domaine énergétique. En attendant, cette question sera traitée dans les groupes de travail. La présente contribution décrit lenvironnement dans lequel se déroule ce conflit, et met en relief les raisons qui expliquent la réouverture dun large débat sur le nucléaire en Allemagne. Nous publions cette contribution avec laccord de la Fondation Res Publica. Fondation Friedrich-Ebert, Paris L'énergie nucléaire comme trouble-fête du débat politique La discussion sur la politique énergétique du nouveau gouvernement fédéral Daniel Steinvorth Il est difficile d'imaginer un sujet dont la discussion, en Allemagne, mobilise plus les émotions, l'idéologie et soit plus sujet à l'absence de compromis que la politique énergétique. En même temps il nexiste pas d'autre sujet qui soit discuté de façon aussi obscure et superficielle à la fois, au point de devenir complètement incom­préhensible pour l'opinion allemande. Il y a quelques années lorsque l'on commença à parler de la reprise des transports de dé­chets nucléaires vers la France, énormé-