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L 'Afrique Centrale, le paradoxe de la richesse : industries extractives, gouvernance et développement social dans les pays de la CEMAC
Entstehung
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LAfrique Centrale: une région dotée de ressources naturelles mais pauvre I.1.3.1. Trajectoires économiques: stagnation de la croissance Lévolution conjoncturelle désynchronisée quont connue les pays de lAfrique centrale au cours de ces quarante dernières années donne à penser quil na pas été possible pour les pays membres de maintenir dans le long terme une croissance durable du PIB et du revenu national nécessaire à un développement harmonieux. En effet, après plus de deux décennies dévolution régulière presque ininterrompue de léconomie de la région, celle­ci entre brusquement dans une crise sans précédent au milieu des années 1980. Ce retournement conjoncturel dune portée inhabituelle par son intensité, sa durée et son impact socio-économique, a été dommageable pour les structures économiques déjà fragiles de la CEMAC, et annihilé les efforts de développement desdits pays. Ainsi, dans le secteur réel, le taux de croissance en volume de lensemble CEMAC a chuté de 7,1% en 1985 à ­1,3% en moyenne de 1986 à 1989(BEAC, 2000). Au niveau des finances publiques, la détérioration a été rapide puisque le solde budgétaire consolidé des six pays membres(base engagements et hors dons) est passé dun excédent équivalent à 1% du PIB en 1985 à un déficit de 11,4% en moyenne de 1986 à 1989. Le déséquilibre de la balance des paiements, caractérisé par un déficit structurel du compte courant, sest amplifié de 3,7% du PIB en 1985 à 14,1 % du PIB en moyenne pour la période allant de 1986 à 1989, du fait notamment de la détérioration des termes de léchange de 44% en moyenne. Parallèlement, lendettement extérieur des Etats membres sest alourdi, passant de 65% à 75% du PIB au cours des mêmes périodes. Au plan monétaire, les avoirs extérieurs nets ont baissé drastiquement de 220 milliards de F.CFA en 1985 à- 95 milliards de F.CFA en 1986/89. La masse monétaire sest contractée et le taux de couverture de la monnaie est revenu de 56,5% en 1985 à 22,3% en 1986/89, avec un solde déficitaire du compte dopérations de- 72,8 milliards de F.CFA la même année contre+ 208,7 milliards en 1985(BEAC, 2000). Des mesures tant internes quexternes ont été mises en œuvre pour remédier à cette crise économique et à rétablir graduellement les grands équilibres dans les principaux secteurs. A lapplication successive des programmes dajustement, sest adjoint la dévaluation du F.CFA en 1994 qui ont permis à léconomie de la région de renouer avec un taux de croissance positif au cours de lexercice 1994/95. Mais, le tribut social des réformes - 49-