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L 'Afrique Centrale, le paradoxe de la richesse : industries extractives, gouvernance et développement social dans les pays de la CEMAC
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Le Paradoxe de la Richesse: une tentative dexplication i. Absence de symptômes du syndrome hollandais au Cameroun Après le second choc pétrolier, la structure des échanges extérieurs du Cameroun est caractérisée par deux traits qui montrent que ce pays a échappé à la maladie hollandaise: la concentration limitée des exportations autour du pétrole et le maintien des produits traditionnels dexportation et la stérilisation de la rente pétrolière Les exportations des produits miniers, en 1occurrence le pétrole, ne sont devenues significatives dans les échanges extérieurs du Cameroun quaprès le second choc pétrolier. En effet, jusquen 1978, les relations du Cameroun avec 1exterieur étaient dominées par les exportations des produits primaires dorigine agricole. A partir de 1979, les effets de la hausse des prix du pétrole et de 1augmentation de son volume vont se conjuguer et feront du pétrole le premier secteur dexportation du Cameroun. Le pétrole représentera à lui seul 58,5% des exportations totales du Cameroun en 1982 et 56,4% du même montant en 1983. A linverse, la part des autres produits dans le total des exportations camerounaises a décru au cours de la période 1979-1985. Par exemple, le café qui contribuait pour 35,8% des exportations totales en 1978 ne représentait plus que 15,7% de la même valeur en 1985. Après le contre-choc pétrolier de 1986, la contribution des exportations pétrolières aux exportations totales a baissé sans pour autant entraîner une augmentation significative de celle des cultures de rente. La part des exportations pétrolières dans les exportations totales est passée de 38,7% en 1988, à 28,8% en 1995. Celle des deux principales cultures de rente(cacao et café réunis) est passée de 16,6% en 1988, a 12,0% en 1995. Les performances du coton sont, elles aussi, très médiocres, traduisant ainsi 1absence deffet positif du retournement du marché pétrolier sur les cultures de rente du pays. Par contre, les exportations du secteur de bois semblent avoir enregistré des bonnes performances à partir de 1993; leur contribution aux exportations globales est passée de 8,9% en 1987/88 à 15,1% en 1995. Au total, on nobserve pas de changement significatif dans la structure des exportations du Cameroun après le retournement du marché pétrolier en 1986 43 . Toutefois, cette situation peut sexpliquer par le temps de germination relativement long des cultures de rente. Par ailleurs, la libéralisation des filières agricoles 43 Bien que le contre-choc pétrolier ait aussi été à lorigine dun boom de la production bananière et du bois. - 83-