L’Afrique Centrale, le paradoxe de la richesse uniquement la conséquence de l’effet dépense. Dans le cas du Cameroun où le lien entre le secteur pétrolier et le reste de l’économie passe par le budget de 1’Etat, c’est finalement la politique étatique de la gestion de la rente pétrolière qui est mise en cause dans 1'évolution du taux de change réel et donc dans 1’apparition ou non des effets du Dutch Disease. Rappelons que selon Gregory, le seul moyen dont dispose 1’Etat pour éviter 1’appréciation du taux de change réel et de contrecarrer ainsi 1’effondrement des produits d’exportation hors secteur en boum, consiste à stériliser les recettes pétrolières et donc à accumuler des réserves étrangères tout en veillant à ce qu’elles ne fassent pas 1’objet d’une monétisation dans 1'économie nationale. Le Cameroun aurait, pendant plusieurs années après le second choc pétrolier, réagit à cette situation. En effet, le Cameroun a neutralisé sa rente pétrolière en plaçant une partie de celle-ci sur les marchés financiers extérieurs. La non intégration des recettes pétrolières dans le budget de 1’Etat et le placement d’une partie de la rente pétrolière à 1'étranger, en limitant l’effet dépense associé au boum, a constitué une stérilisation conjoncturelle qui a fait obstacle à 1’appreciation du taux de change jusqu’en 1984/1985. Le Cameroun aurait ainsi pratiqué une gestion prudente de sa rente pétrolière. Cette politique de gestion de la rente pétrolière était basée sur le refus explicite d’apparition de toute forme de Dutch Disease. Les autorités camerounaises ont vraisemblablement eu conscience de la faiblesse des ressources pétrolières du pays dont 1'épuisement, selon certaines estimations, pourrait intervenir au cours de cette décennie si d’autres gisements ne sont pas découverts. De ce fait, une exploitation rationnelle des ressources pétrolières et une gestion prudente des revenus petroliers étaient considérées comme des préoccupations essentielles. ii. La thèse de l’existence du syndrome hollandais au Congo On peut être tenté, au regard de l’évolution des secteurs traditionnels d’exportation du Congo, d’accréditer la thèse de 1’existence d’un syndrome hollandais dans ce pays dont il aurait été victime à la suite de la hausse des prix du pétrole. En effet, avant le premier choc pétrolier, les exportations des produits agricoles(café, cacao), de la potasse et de bois représentaient les principales sources de devises du pays. La priorité était toutefois accordée aux exportations du secteur de bois qui contribuaient pour plus de 50% aux - 86-
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L 'Afrique Centrale, le paradoxe de la richesse : industries extractives, gouvernance et développement social dans les pays de la CEMAC
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