L’Afrique Centrale, le paradoxe de la richesse Au Congo, la rente pétrolière a induit une croissance soutenue des recettes budgétaires de 1’Etat. Disposant des revenus importants, 1’Etat congolais s’est lancé dans des vastes programmes d’investissement, 1’accent était mis sur le développement des infrastructures de base. Les revenus tirés de la vente du pétrole ont également servi à financer le développement d’un vaste secteur public(entreprises publiques souvent déficitaires, administration 44 ) devenu le principal pourvoyeur d’emplois pour tous les sortants du système éducatif. La rente pétrolière et les possibilités d’endettement ont ainsi permis à 1’Etat congolais de créer des emplois sans contrepartie productive, la généralisation du salariat et le renforcement des activités bureaucratiques. La logique de la redistribution de la rente 1’a emporté sur celle de la production. A la différence du Cameroun, le Congo a été sujet, jusqu’en 1985, à des véritables comportements rentiers. iii. Existence du mal hollandais au Gabon Bien avant le boom pétrolier, la base agricole du Gabon était déjà faible à cause de la rareté de la main d’œuvre et de l’abondance des ressources extractives. De l’Okoumé à l’uranium, les perspectives économiques de la mise en place d’une économie de plantations de rente n’ont jamais eu la chance face aux rendements plus immédiats des produits d’extraction. Cependant, les revenus pétroliers ont suscité une rentrée de devises plus importante que celles enregistrées aux cours des cycles d’extraction antérieurs. L’agriculture a pâti davantage des effets pernicieux des prix relatifs négatifs. Mais l’impact a été différent dans chacun des quatre sous-secteurs que représentent l’agriculture de subsistance, les produits vivriers d’importation concurrents, les produits d’exportation et les agro-industries parapubliques. Les agriculteurs de subsistance qui se trouvent dans les zones rurales isolées, cultivent essentiellement le plantain, le manioc, et dans une moindre mesure la banane et l’igname. Ils ont vraisemblablement moins directement subi les impacts des changements des prix relatifs étant donné que leurs produits étaient moins exposés à la compétition étrangère. La dispersion de la population, la restriction de la demande et la mauvaise qualité des liaisons routières constituent des freins à l’intégration de la plupart de ces zones rurales dans les marchés locaux, de sorte que leurs produits sont restés à 44 Voir Tamba, I.(2005). - 88-
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L 'Afrique Centrale, le paradoxe de la richesse : industries extractives, gouvernance et développement social dans les pays de la CEMAC
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