L’Afrique Centrale, le paradoxe de la richesse II.4.2.1. Les enjeux géostratégiques du Golfe de Guinée Selon Johannes Dieterich(2004), la position du Golfe de Guinée dans le marché pétrolier international montre qu’en dehors des pays tels le Soudan et le Tchad, la production pétrolière en Afrique est dominée par des pays qui ont un accès sur la côte atlantique. La part de la production africaine dans l’offre pétrolière mondiale croît sans cesse. Les observateurs estiment au demeurant que celle-ci pourrait atteindre 15% à 25% des importations américaines au cours des 20 prochaines années, c’est-à-dire un volume relativement plus important comparativement aux importations américaines en provenance du Moyen-orient. En dépit de la position marginale que l’Afrique occupe sur le marché mondial du pétrole 67 , il importe de relever que ce qui fait la particularité de cette région, c’est d’abord sa proximité géographique avec l’Amérique, ensuite elle peut espérer avoir des réserves oscillant entre 160 et 180 milliards de barils. En outre, l’Afrique recèle d’un très grand potentiel de pétrole en eaux profondes, spécialement dans le Golfe de Guinée logé dans des pays qui n’appartiennent pas- en dehors du Nigeria - à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole(OPEP). Autant d’atouts qui ont conduit le National intelligence Council(NIC) à recommander que les Etats-Unis augmentent la part africaine de son approvisionnement en pétrole, et subséquemment, qu’ils s’intéressent plus à cette partie du monde. C’est dire que l’intérêt porté au Golfe de Guinée est d’abord, selon J. Dieterich, une affaire américaine, même s’il faut noter la présence de plus en plus remarquée de la Chine. Mais, des puissances industrielles telles l’Allemagne ou le Japon semblent peu intéressées, alors que l’influence de la France à travers sa présence dans des pays comme le Gabon s’effrite progressivement du fait de la tendance à l’épuisement des réserves. Si les investissements directs étrangers s’accroissent substantiellement, la production pétrolière africaine pourrait passer de 3,8 milliards de barils par jour en 2001 à 6,8 milliards en 2008; c’est là une des remarques de Douglas A. Yates(2004). L’American Petrolum Institue estime à environ 10 milliards de dollars le montant des capitaux nécessaires pour augmenter la production d’un million de baril par jour. Sur les 52 milliards de dollars qui 67 Elle occupe l’avant-dernier rang avec 7,9 millions de barils produits quotidiennement, contre 12 millions de barils, 14,1 millions et 16 millions de barils respectivement pour le Moyen Orient, l’Europe et l’Eurasie, et l’Amérique du Nord. - 134-
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L 'Afrique Centrale, le paradoxe de la richesse : industries extractives, gouvernance et développement social dans les pays de la CEMAC
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