2.8 Relations entre les IPSO et l’État malien Les participants trouvent que les relations entre le Mali et les IPSO ne sont pas toujours bonnes et caractérisées le plus souvent par des conflits. Plusieurs explications ont été données à ce problème. La première est relative aux mésententes et aux désaccords concernant les missions, les mandats et les rôles des IPSO qui sont parfois perçus comme des atteintes à la souveraineté du pays. Nous citons à cet effet le passage ci-après:« Notre gouvernement a une vision qui n’est peut-être pas compatible avec la vision de certaines missions. C’est pourquoi, un moment, on s’est interrogé sur la nécessité des forces étrangères»(un représentant de l’Etat interrogé à Mopti). La deuxième est relative à la transition politique. Les participants qui ont avancé ce facteur estiment que les relations entre le Mali et les IPSO étaient meilleures sous la présidence du président Ibrahim Boubacar Keita et qu’elles ont commencé à se détériorer avec le début de la transition politique, comme le montre l’extrait suivant: « De 2012 jusqu’à ce que le président IBK soit renversé, il y avait une relation vraiment politique bien déterminée et elle marchait un peu. Mais du coup d’État à 2022, aujourd’hui, les relations ont commencé à lâcher[...] ils ne s’entendent pas bien, ils ne parviennent pas à avoir un terrain d’entente entre eux»(un représentant de la société civile interrogé à Mopti). Une autre explication de la mauvaise relation entre le Mali et les IPSO, selon les participants, est ce qu’ils qualifient d’ingérence dans les affaires intérieures d’un État ou d’imposition d’agenda et d’orientations stratégiques à un État souverain. Ces pratiques, de leur point de vue, contrastent avec les mentalités dominantes actuelles dans la gestion du pays, les besoins exprimés en matière d’indépendance, d’autonomie et d’autodétermination et les réalités locales. Cela est illustré par cet extrait d’entretien: « Il y a des facteurs qu’on appelle le respect de la souveraineté du Mali. Si ces missions reconnaissent le Mali en tant que pays indépendant, on peut améliorer ces facteurs et beaucoup d’autres facteurs peuvent être améliorés. On ne peut pas venir imposer un diktat à un État souverain. Si vous venez en tant que partenaire dans le cadre d’une bonne collaboration, vous devriez vraiment collaborer avec cet État. Vous devriez vous entretenir. Chacun doit connaître son rôle. Chacun doit connaître son rôle. Ce que l’État malien[...] Donc, si ensemble les autorités maliennes et ses missions travaillent en étroite collaboration pour unifier leurs idées et leurs efforts, je vois que l’on peut travailler dans le cadre de la collaboration. Mais, venir à tout prix imposer son diktat à un État indépendant? Nous ne sommes plus dans la colonisation. Chaque État est souverain, chaque État a son autorité. Il faut vraiment une large concertation et une bonne collaboration entre ces différentes missions. Le rôle de l’État étant bien connu, leur rôle doit être pour qu’ensemble on puisse concilier les deux, pour que ces vieux partenaires et ces missions puissent continuer à travailler en étroite collaboration avec l’État malien»(un représentant de l’Etat interrogé à Bamako) PERCEPTIONS DES MALIENS SUR LES OPÉRATIONS INTERNATIONALES DE SOUTIEN À LA PAIX 19
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Perceptions des Maliens sur les opérations internationales de soutien à la paix
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