Les profondes mutations politiques par lesquelles passe la Tunisie ont créé des défis pour l’avenir du dialogue social. L’évolution des rôles des acteurs et des institutions du dialogue face aux ajustements économiques et sociaux en cours est au centre de ces défis. Après le vote du projet de la loi organique le 9 juillet 2019(loi n°60), la notion de dialogue social en Tunisie ne réfère plus à une simple procédure d’échange de points de vues mais elle est devenue une consultation obligatoire dans certains domaines dans le cadre des nouvelles institutions, à savoir: le contrat social(CS), le conseil national du dialogue social(CNDS) et l’instance constitutionnelle du développement durable et de la protection des droits des générations futures(IDDDGF). Le principal défi implicitement partagé par les institutions du dialogue social ainsi que l’ensemble de leurs acteurs, est non seulement le soutien de la transition politique de l’autoritarisme à la démocratie, mais aussi et surtout le redressement socio-économique du pays. Grâce à ces trois institutions sus indiquées nous espérons l’instauration d’une culture de recours systématique au dialogue social effectif et réel susceptible de provoquer un changement radical de la culture de simple concertation entre tous les partenaires et qui remplacerait l’ancienne notion de dialogue formel qui prenait ses racines dans l’ancien régime politique. L’enrichissement du dialogue social tripartite dans le cadre des CS et CNDS par le dialogue civil pluripartite au sein de l’IDDDGF ne privera pas les organisations de travailleurs et d’employeurs de leur légitimité représentative au profit des représentants de la société civile. Néanmoins, les nouvelles institutions de dialogue social mises en place après 2011(CS, CNDS et IDDDGF) risquent de connaitre le même sort que d’autres institutions nationales en raison notamment du développement d’une tendance des pouvoirs publics et de l’ARP à considérer leurs rôles comme un exercice de consultation purement formel bien qu’elles puissent apporter de précieuses contributions à la sortie de la crise économique et sociale post-révolutionnaires qui s’accentue depuis 2011. 9 9 Ce n’est pas spécial à la Tunisie, en Europe occidentale, certaines organisations d’employeurs ont remis en question l’utilité du dialogue social tripartite centralisé dans un contexte de crise et ont considérablement limité leur participation à ces dispositifs, voire, s’en sont retirées(Irlande et Espagne, par exemple). 28
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Le dialogue social en Tunisie après 2011 : défis et perspectives dans une conjoncture de transition démocratique
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