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Le dialogue social en Tunisie après 2011 : défis et perspectives dans une conjoncture de transition démocratique
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Le dialogue social en Tunisie après 2011: défis et perspectives dans une conjoncture de transition démocratique En négociant des accords ou des conventions de branche, les organisations demployeurs réussissent généralement à se référer aux entreprises moyennement compétitives du secteur professionnel en question dans lobjectif de fixer des planchers des salaires garantis à la portée de toutes les entreprises du secteur, même celles à faible compétitivité pour quelles puissent les appliquer, ce qui explique en partie le niveau relativement bas des salaires conventionnels, notamment ceux des cadres hautement qualifiés. Malgré les niveaux des salaires conventionnels jugés assez bas et inferieurs aux niveaux du marché dans nombreux secteurs dactivité, les entreprises en difficulté et une grande partie des petites entreprises se trouvent parfois dans lincapacité dappliquer les grilles des salaires des conventions sectorielles. Pour leur part, les syndicats des travailleurs des entreprises concernées et les fédérations syndicales sectorielles nacceptent pas lexclusion dune partie des salariés du même secteur du champ dapplication de ces accords et conventions afin déviter toute discrimination. Suite aux négociations salariales centralisées au niveau national interprofessionnel de 2018, nous avons remarqué pour la première fois en Tunisie que des secteurs dactivité avec toutes leurs entreprises et pas seulement celles en difficulté, refusent dappliquer les augmentations salariales objet dun accord entre lUGTT et lUTICA, tels que les secteurs de gardiennage, textile, agro-alimentaire… Indépendamment des dérapages de quelques entreprises ou secteurs, le patronat a tout intérêt à ce que les négociations se déroulent au niveau sectoriel pour que toutes les entreprises du secteur soient(du moins au point de départ) sur le même pied dégalité vis à vis du coût du travail, bien que ces négociations au niveau sectoriel ne puissent quatténuer le risque de la concurrence par les salaires et accessoires, dans la mesure les salaires des conventions sectorielles ne représentent quun minimum garanti. Ainsi, ces dernières années, nous constatons une mobilité excessive des hautes compétences, notamment dans les secteurs déconomie digitale, bien que loption adoptée par les organisations patronales pour les négociations au niveau de branche ait également pour objectif la limitation de la mobilité de la main dœuvre. 2.2.1.2 La limitation de la mobilité de la main dœuvre Sans la mise en place dune grille des salaires conventionnels représentant un minimum garanti pour tous les salariés et qui sapplique à tous les employeurs du même secteur professionnel, loffre et la demande sur le marché du travail 71