risquent d’engendrer une mobilité excessive de la main d’œuvre, hautement et/ ou, moyennement qualifiée à la recherche des salaires plus élevés. La centralisation de la négociation au niveau interprofessionnel ou de branche protège, principalement et partiellement, les entreprises qui paient ce minimum conventionnel du risque de la mobilité de leur personnel. Etant donné que les salaires conventionnels ne représentent qu’un minimum, les entreprises qui veulent réduire la mobilité externe et avoir un personnel stable sont obligées de s’aligner sur les salaires du marché de travail. La négociation d’une grille des salaires dans chaque secteur pourrait, également dans certaines limites, protéger les intérêts des employeurs qui ont investi dans la formation des salariés du risque de débauchage par des concurrents. Le niveau sectoriel des négociations n’est pas uniquement dans l’intérêt des organisations patronales, c’est aussi un point de convergence avec les organisations syndicales qui manifestent implicitement leurs options pour ce même niveau bien que les intérêts ne soient pas forcément les mêmes. 2.2.2 Les intérêts des organisations de travailleurs 2.2.2.1 La garantie de plus d’équité entre les salariés La partie syndicale opte généralement pour la négociation sectorielle, notamment afin de garantir à tous les salariés du secteur les mêmes avantages bien qu’ils différent d’un secteur à un autre. Grace aux négociations sectorielles, les organisations de travailleurs peuvent garantir, au niveau d’un secteur professionnel déterminé, des droits égaux aux salariés d’une catégorie professionnelle de même compétence et ancienneté, évitant ainsi les inégalités parfois injustifiées. Les droits conventionnels peuvent être améliorés, il s’agit des planchers qui ne peuvent qu’atténuer les inégalités, mais ne les suppriment pas, car, tout employeur peut donner plus que le minimum conventionnel, notamment afin de réduire le taux de mobilité des salariés dans les entreprises du même secteur comme nous l’avons signalé. Néanmoins, il est à préciser que les égalités assurées entre les salariés des entreprises en bonne situation concurrentielle et ceux des entreprises en difficulté économique, par le minimum conventionnel, lèsent les premiers qui auraient peut-être pu avoir plus d’avantages si ces accords ou conventions avaient été négociés au niveau de l’entreprise. 72
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Le dialogue social en Tunisie après 2011 : défis et perspectives dans une conjoncture de transition démocratique
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