PASCIB PLATE-FORME DES Acp-Ue ACTEURSDELASOCIETE CIVILE AU BENIN Cotonou au quotidien Informations et Analyses sur le lancement des Accords de Partenariat Economique ACP-UE en Afrrique de l’Ouest- N°002 du 07 octobre 2003 LE TOP DES NÉGOCIATIONS SUR LES ACCORDS DE PARTENARIAT ÉCONOMIQUE L'OMBRE DE CANCUN SUR COTONOU L'ombre de l'échec des négociations à la cinquième Conférence de l'OMC, pèse encore lourdement dans la plupart des interventions lors de la cérémonie de lancement des négociations sur les accords de partenariat économique entre l'Afrique de l'Ouest et l'union européenne. Lors d'une conférence de presse animée hier lundi conjointement par Pascal Lamy et Poul Nelson au siège de la délégation de l'union européenne à Cotonou, la plupart des interventions ont tourné autour des questions de développement qui étaient à l'origine de l'échec de la rencontre de Cancun. Quatre interventions ont meublé la conférence débat avec les acteurs de la société civile. La plupart des préoccupations soulevées tourne autour des les questions commerciales liées au coton. Pascal Lamy a insisté sur l'implication effective de la société civile et du secteur privé dans ces négociations. Selon lui, les études d'impacts en cours d'élaboration un peu partout, sont d'importants outils pour permettre à tous ces acteurs de prendre une part effective à la danse. Le Ministre des Finances et de l'Economie, Monsieur Grégoire LAOUROU, a insisté sur les conséquences du problème des subventions liées au coton au niveau de l'économie béninoise. En effet, à plus de 80%, ce produit qui est exporté, représente la principale activité des zones rurales. Il importe selon lui de poursuivre les démarches afin de trouver des voies et moyens pour régler au plus vite cette question, qui a connu un échec à Cancun. Pour le commissaire européen en charge du Développement et de l'Aide humanitaire, Monsieur Poul Nielson, la flexibilité des règles et l'ouverture des APE à l'endroit de la société civile, sont autant de conditions qui permettent à l'UE d'aider les acteurs de la Société civile à améliorer leur capacité. En dernière analyse, le Président de la Banque Ouest Africaine de Développement(BOAD), le Docteur Yayi BONI, a présenté les actions de la Boad en faveur de la promotion de la filière coton-textile UEMOA. Il a, en particulier insisté sur un agenda établi afin de rendre cette filière beaucoup plus compétitive. Au compte de cet agenda, on note la création de fonds régionaux: de promotion de la production et d'initiation à la transformation locale de cette fibre, d'investissement pour le développement de l'industrie et de l'artisanat textile de l'UEMOA, l'élaboration et la mise en œuvre d'un programme régional de formation aux métiers du textile. Déclaration des organisations de la Société Civile de l'Afrique de l'Ouest La 2ème phase des négociations entre l'UE et la CEDEAO en vue de la mise en place des Accords de Partenariat Economique est un événement dont les enjeux sont considérables. L'importance des enjeux est d'autant plus grande que le contexte actuel des relations entre l'Union Européenne et les pays africains est marqué par: 1. Le processus d'élargissement de l'Union Européenne; 2. La réforme de la Politique Agricole Commune qui représente, en lien avec l'élargissement de l'UE, une question très sensible; 3. L'échec récent des négociations multilatérales de l'OMC à Cancun qui risque d'entraîner une augmentation des pressions sur les négociations bilatérales. Les pays en développement risquent par ce biais de prendre ce qu'ils avaient réussi à sauvegarder au niveau multilatéral; 4. La question des subventions des produits agricoles tels que le coton par les USA et les pays européens; 5. Une insuffisante préparation de la région(CEDEAO), par rapport aux négociations qui vont être lancée ce jour. Une preuve palpable est la fameuse question des EID(Evaluation de l'Impact sur le Développement durable des accords commerciaux) qui jusqu'à présent est restée un chantier en retard et incertain. Alors que nos pays ont vraiment besoin des résultats de ces EID pour prendre des décisions responsables; 6. Les conclusions de l'évaluation de la première phase des négociations font planer d'avantage le doute sur les résultats de la phase qui va être lancée; 7. Le principe de négociation des APE reposant du côté européen, sur une logique purement commerciale alors que les pays de la CEDEAO, en majorité PMA, ont des impératifs de développement face auxquels les stratégies mises en œuvre par les pays du Nord réduisent plutôt les chances de diminution et d'éradication à terme de la pauvreté. Pourtant c'est cela l'un des objectifs majeurs qui sou tendent la signature de l'Accord de Cotonou; 8. Il y a encore bien d'autres considérations qui ne sont pas évoquées ici. Dans un tel contexte, nos Etats et leurs sociétés civiles sont sérieusement préoccupés par les impacts des Accords de Partenariat Economique sur leurs économies et leur développement. Par conséquent, nous, Organisations de la Société Civile des pays de la CEDEAO, en prélude à la deuxième phase des négociations de l'APE régional réaffirmons: L'exigence de privilégier la dimension développement dans la négociation des APE, la nécessité de ne pas précipiter les négociations sur les APE tant que des consensus clairs ne sont pas trouvés dans le cadre de l'OMC, Notre soutien aux préoccupations contenues dans la déclaration des Ministres du Groupe G21, dont notamment ceux de la CEDEAO à Cancun, Notre engagement à renforcer le travail fourni depuis Seattle jusqu'à Cancun, afin que nos populations soient informées, formées et mobilisées sur les enjeux des négociations commerciales en vue de relever les principaux défis actuels de développement.
Heft
(2003) 2
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