Lettre citoyenne N°002 PASCIB: PLATE-FORME DES ACTEURS DE LA SOCIETE CIVILE AU BENIN E-mail: pascib_benin yahoo.fr Tél:(00229) 21 38 01 72/ 95 95 54 78/ 97 12 13 49. Chronique du citoyen: Le triangle des enjeux E n cette première décennie du XXIè siècle, le Bénin, à l’instar des autres pays africains, est confronté à un triangle d’enjeux et de défis majeurs formé par la gouvernance, la mondialisation et la pauvreté. Embarqués dans la dynamique de la globalisation des échanges, sans réelles capacités de pénétration des marchés, les Etats africains se doivent de mettre en place des mécanismes de gouvernance qui assurent l’épanouissement du citoyen. Dans ce contexte, faire du Bénin un pays émergent, revient d’abord à appréhender les défis liés à la gouvernance, la mondialisation et la pauvreté. Bien gouverner c’est se situer au centre de gravité de ce triangle, en élaborant localement des politiques. Ces politiques, tout en visant à court terme l’amélioration des conditions de vie des populations, doivent s’inscrire dans une approche de long terme. Ce qui revient à apporter les réponses nécessaires aux inquiétudes que soulèvent déjà l’ouverture programmée des marchés, l’intégration régionale et le commerce multilatéral. L’heure a sonné d’aller au-delà des politiques de stabilisation à court terme, pour que les pays dits moins avancés ou en voie de développement, soient en mesure de contribuer au bon fonctionnement de l’économie globale. En cela, la bonne gouvernance avec l’appropriation des enjeux de l’intégration régionale ou de la mondialisation s’imposent comme le socle sans lequel aucune stratégie de croissance ne peut valablement et durablement faire reculer les frontières de la pauvreté. La gouvernance pour un Bénin émergent suppose un leadership éclairé, une vision partagée, des actions concertées et un engagement collectif pour une prospérité équitablement répartie. L’accompagnement des institutions internationales dans le cadre de l’insertion des Etats à faible revenu dans l’économie mondiale, ne peut déboucher sur la prospérité partagée et le bien-être de tous que s’il vienne en appui à une dynamique endogène porteuse d’espoir et de progrès technique. Autrement, ce ne serait que de l’ingérence internationale sans aucun impact réel et durable sur la pauvreté. L’aide extérieure, quelles que soient son importance et sa qualité, ne peut remplacer ni déterminer la vision de développement et l’engagement des citoyens pour une prospérité partagée. La gouvernance locale et la construction d’un espace économique intégré et viable au plan régional, constituent des préalables sans lesquels la locomotive de la mondialisation est totalement inaccessible pour des économies qui se cherchent encore une gare de départ. A moins de quatre mois de l’échéance prévue pour la signature d’un accord de libre échange avec l’Union européenne, l’Afrique de l’Ouest est encore loin de cerner toutes les dimensions du triangle des enjeux. Que ce soit sur le plan de la gouvernance, sur le plan de l’intégration régionale ou sur le plan de l’existence et de la mise en place des politiques d’amélioration durable des conditions de vie des populations, l’Afrique de l’Ouest et les autres régions ACP en général sont encore à l’étape préparatoire d’identification du centre de gravité du triangle. Au plan régional, la libre circulation des biens et des personnes devrait être le point de départ pour la consolidation du processus d’intégration et l’accès à la locomotive de la mondialisation. Si la libre circulation des biens et des personnes et l’harmonisation des normes et politiques constituent des baromètres de l’efficacité de la gouvernance régionale, force est de constater que l’Afrique de l’Ouest est encore loin de réunir ces conditions, même si des efforts louables ont été fournis ces dernières années. Comment répondre aux défis de la gouvernance, de l’intégration régionale et de la lutte contre la pauvreté, si les Etats ne peuvent pas se donner le temps et les moyens nécessaires pour s’auto structurer en vue de répondre aux attentes de leurs citoyens? De quelle utilité serait un train pour un voyageur qui n’a pas une idée de sa propre destination? Par quelle magie l’Afrique pourra-t-elle accrocher son wagon à une locomotive à grande vitesse comme la mondialisation, sans qu’une gare appropriée soit aménagée pour l’opération? Qu’il soit celui de la mondialisation ou non, un train n’est utile à une localité que lorsque cette dernière dispose d’une gare ferroviaire. Il est évident aujourd’hui que les infrastructures de base qui constituent cette gare ferroviaire ne sont pas mises en place dans les régions ACP. Sans les préalables de la consolidation de l’intégration, et de la gouvernance, un arrimage précipité à la mondialisation, à travers la mise en place d’une zone de libre échange avec l’Europe, n’offrira aucune opportunité de réduction de la pauvreté dans les régions ACP. (A suivre page 3) 1
Heft
No. 002 (ca. 2007)
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